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Ecole à la maison : notre contrôle pédagogique et petit bilan de l’année

Ça y est, notre contrôle par l’inspection nationale est passé ! Ma fille a bien vécu le processus et le compte-rendu écrit que nous avons reçu hier nous indique que son niveau est tout à fait satisfaisant.

Comme c’était notre première année d’instruction en famille et que nous n’avions jamais eu ce genre de contrôle, j’étais un peu curieuse (et parfois inquiète) de savoir si ce que nous avons mis en place cette année conviendrait. Apparemment, c’est le cas. Petit bilan.

Comment s’est passé le contrôle ?

Pour ce contrôle, nous étions convoqués dans une école de la grande ville d’à côté avec tous les autres enfants IEF du coin, ce qui fait que ma fille a retrouvé ses copines et qu’elle était tout à fait à l’aise. Les enfants étaient tous ensemble dans une salle avec une conseillère pédagogique qui leur a donné des exercices de français et de mathématiques et discuté avec eux de ce qu’ils faisait à « l’école à la maison ». Quelques jours auparavant, au téléphone, celle-ci avait été très rassurante. Elle m’avait notamment demandé de prévoir beaucoup de temps des fois que ma fille en ait besoin, car elle ne voulait surtout pas la stresser ni la presser. En personne, elle était très gentille avec les enfants.

De mon côté, je suis allée boire un café avec les autres parents, après qu’on nous ait gentiment demandé de partir. A mon retour, j’ai eu un compte-rendu très rapide (5 mn) de la part de la conseillère pédagogique (RAS, sauf que ma fille écrit lentement et devrait plus s’entraîner) et encore plus rapide de la part de ma fille (RAS, « c’était facile »).

Qu’a-t-on fait cette année ?

Comme je te le disais il y a quelques mois, nous ne suivons pas de programme défini et les apprentissages se font de manière informelle, que ce soit dans le cadre de notre vie de famille ou à l’occasion de la lecture d’un livre. Comme en plus ma fille utilise très peu de supports écrits, j’ai pris le parti de noter ce qu’on faisait au jour le jour, chaque soir, pour m’en souvenir et pouvoir justifier de nos activités si besoin.

Quelques jours avant le contrôle, j’ai passé en revue toutes mes notes et pondu un petit (ok, pas si petit que ça !) document assez détaillé qui liste toutes nos activités, sur le modèle de ce que fait Add Fun and Mix. J’ai ensuite envoyé ce document par email à l’inspectrice. (Voici le document à télécharger ici.)

Je ne sais pas s’il a été lu par quelqu’un à l’Éducation Nationale, mais peu importe. Le simple fait de faire ce document m’a fait énormément de bien !

J’ai souvent l’impression de ne pas faire « assez », que ce soit dans mes projets pro ou perso. Et pour ne pas changer, en cette fin d’année, j’avais l’impression de n’avoir rien fait d’intéressant du tout… jusqu’à ce que je rédige ce document ! Car on en a fait, des choses ! Une foultitude de projets et d’apprentissages divers et variés. Ça valait le coup de le rédiger rien que pour la tranquillité d’esprit que ça m’a apporté.

(Au passage, c’est aussi un des grands bénéfices des vidéos « Quoi de neuf » mensuelles : elles me permettent de me rendre compte chaque mois de tout ce qu’on a accompli.)

Petit bilan de cette première année d’IEF

Globalement cette première année d’instruction en famille a été une vraie réussite. C’était même bien plus facile que je ne me l’imaginais, très fluide. Mes filles sont plutôt très autonomes et me laissent beaucoup de temps libre pour mes propres projets. Elles ont des amies, jouent beaucoup entre soeurs, aussi, et s’ennuient juste ce qu’il faut pour créer sans cesse de nouveaux jeux et activités. Elles sont épanouies et ça se voit !

De mon côté, je m’amuse beaucoup à leur proposer de nouvelles choses, à leur lire des histoires et à apprendre avec elles en déroulant le fil à la suite d’une histoire ou d’une question. Pour moi, c’est un peu comme retourner à l’école, mais pour apprendre uniquement les sujets que j’aime.

Comme je te disais, la plupart de nos apprentissages sont informels. Mon rôle consiste à leur proposer de nouvelles découvertes comme je leur propose de nouveaux goûts quand je fais à manger. Après avoir tâtonné un peu en début d’année, nous avons fini par instaurer un moment de lecture matinal. Nous l’avons baptisé le « petit dèj magique » parce que nous lisons assez souvent un chapitre de la série Cabane Magique (et aussi parce que n’importe quoi de « magique » donne plus envie, non ?), mais c’est inspiré des « Morning baskets » des homeschoolers américains (le côté biblique en moins).

Je sélectionne une pile de livres à la bibliothèque, souvent des histoires de fiction qui permettent d’ouvrir sur un autre sujet, comme celui-ci sur la mine ou celui-ci qui initie aux engins de Léonard de Vinci, mais aussi des livres documentaires drôles ou décalés, comme celui-ci sur les problèmes mathématiques. Je choisis les thèmes en fonction de leurs centres d’intérêts, de ce que moi j’ai envie d’apprendre (y a pas de raison qu’elles soient les seules à s’amuser !), et parfois aussi de ce qui est au programme. (En général, je suis comme une dingue, à la bibliothèque, et je prends toujours trop de livres, mais c’est bien, comme ça elles ont du choix !)

Les filles choisissent parmi ces livres (ou n’importe quel autre livre à disposition dans la maison) ceux qu’elles ont envie de lire ce jour-là, on les lit ensemble et si l’envie ou le besoin se fait sentir, on approfondit et on déroule le fil, comme ici avec Hokusai et ici avec Westminster.

Parfois le petit dèj magique dure 20 minutes, parfois il dure 3 heures. Dès qu’elles décrochent, on arrête. Parfois, aussi, on arrête parce que j’en ai marre de lire (après 1h30 de lecture à haute voix, en général, je sature…). En moyenne, le petit dèj magique a lieu 3 fois par semaine. C’est un petit rituel que j’aime beaucoup et qui me permet d’être sereine sur la quantité de « scolaire » que je glisse dans une semaine.

Dernièrement, je leur ai proposé d’ajouter un jeu de société à faire ensemble au petit dèj magique. On verra comment ce rituel va évoluer au cours de l’année prochaine.

Quoi qu’il en soit, on est prêtes pour une nouvelle année d’école à la maison !

Quoi de neuf à la ferme en mai ?

En mai, on a vu arriver plein de nouveaux habitants au Petit Janouillet, parfois méga mignons et bienvenus, parfois absolument pas du tout. On a fabriqué des toilettes sèches, aménagé une terrasse, assemblé un îlot de cuisine, mangé les premiers radis et plein d’autres choses encore !

https://youtu.be/XjewaMUcFH0.

Et toi, quoi de neuf en mai ?

Quoi de neuf à la ferme en avril ?

En avril, on a vu arriver le printemps, installé une tonne à eau, parqué les poules, créé des planches de culture, semé et planté plein de choses, capté notre source, pioché un peu partout (of course !) et plein d’autres choses encore !

Pour t’abonner à ma chaîne Youtube, c’est par ici…

Voici le texte intégral de la voix off de la vidéo :

Hello hello !
C’est parti pour une nouvelle vidéo quoi de neuf à la ferme en avril !

Au début du mois, malgré la pluie, la grêle et le froid, on voyait poindre les prémisses du printemps. Quelques jonquilles, un forsythia qui commençait tout juste à fleurir. Et puis du jour au lendemain, c’était carrément l’été ! Les tulipes se sont déployées à toute vitesse, les arbres fruitiers ont fleuri d’un coup, les feuilles des arbres sont sorties, on a dégainé les débardeurs et on a observé avec beaucoup de bonheur cette nature qui se réveillait en sursaut.

Au jardin, on a bossé comme des fous. On a commencé par installer un tonne à eau pour stocker l’eau de pluie à proximité des plantes à arroser et m’éviter trop d’aller-retours avec mon arrosoir.

Juste à côté, j’ai installé une petite pépinière. J’ai fixé des troncs en travers de la pente, puis rempli des petits godets en plastique avec du terreau et démarré tout plein de semis d’extérieur.

Sur la partie en haut du jardin, qui est en pente et qui était couverte d’arbres il y a seulement quelques mois (c’est là où j’avais créé une baissière le mois dernier), j’ai créé tout un tas de planches de culture. J’ai suivi les courbes du terrain en tirant profit du fait qu’il y avait pas ou peu d’herbe sous les arbres et les ronces. Je n’ai pas retourné la terre, j’ai simplement ratissé un peu, déraciné les ronces, fixé des troncs en travers de la pente pour retenir la terre et le paillage, semé, arrosé et repaillé avec les feuilles mortes que j’avais ratissé au début.

Sur cette partie du jardin, la terre est très inégale. À certains endroits, il y a 30 ou 40 centimètres d’un terreau noir magnifique, et à d’autres, il y a 3 tonnes de cailloux au mètre carré…

La partie en bas du jardin est complètement différente. C’est une terrasse à peu près plate recouverte d’une couche très épaisse de chiendent. Ici, j’avais créé déjà quelques planches de culture le mois dernier en recouvrant simplement l’herbe d’un peu de terre et de paille et en décaissant les allées autour des planches. J’ai constaté que l’herbe remontait déjà à travers la paille et qu’en plus la terre sous la paille était super sèche malgré les nombreuses pluies qu’on avait eu. Je me rends compte que la terre ici est plutôt granuleuse et que non seulement elle ne retient pas très bien l’eau mais en plus elle forme une croute à la surface qui l’empêche d’absorber l’eau quand il pleut. Ça fait que même sous une pluie battante, seul les premiers 3-4 millimètres de terre sont mouillés, et en dessous c’est tout sec. Et le fait que les planches de culture soient surélevées empirait nettement les choses puisque ça séchait encore plus vite.

J’ai donc décidé de faire différemment pour les nouvelles planches de culture. J’ai embauché mon fils pour retirer à la pioche toute la couche d’herbe, avec les racines et tout, ce qui a créé comme une grande cuvette pour capter l’eau de pluie et j’ai disposé les mottes de racines sur le côté, en aval, pour créer une sorte de digue et retenir encore plus l’eau. Ensuite j’ai posé une couche de paille bien épaisse avant de planter des choux et des salades.

Après les premières pluies, j’ai pu constaté que cette planche de culture s’humidifie en profondeur, cette fois, et qu’elle reste humide bien plus longtemps. On verra où ça pousse le mieux, mais je vote pour ici !

La partie du haut du jardin et la partie du bas étaient séparées par un mur en pierres sèches fatigué qui n’était plus qu’un gros tas de pierre. J’en ai profité pour créer un escalier pour passer d’une partie à l’autre sans devoir faire le tour. J’ai semé du trèfle autour de l’escalier pour retenir la terre, comme d’ailleurs partout sur les allées qui ne sont pas déjà recouvertes d’herbe. Il paraît que le trèfle retient la terre et qu’il supporte le piétinement, on verra à l’usage.

Je me suis aussi occupée d’une des plate-bandes située devant la maison, celle que j’avais créé le mois dernier et que les poules et le vent m’avait déglingué. Avec le printemps, c’était la fête du pissenlit et ça finissait par faire franchement bordélique.

Comme un gentil voisin m’avait donné une pleine benne de copeaux de bois, j’ai protégé avec des petits godets en plastiques les rares plantes qui avaient survécues aux attaques de mes poules, récolté les pissenlits, puis j’ai paillé avec les copeaux et planté des aromatiques et des fleurs vivaces. A défaut de faire joli, ça fait au moins propre. C’est un bon début !

Tu remarqueras que dans toutes ces images, tu ne vois pas une seule poule. Eh bien c’est parce que celles-ci ont enfin été parquées ! Tu te souviens peut-être que j’avais commencé à creuser une tranchée le mois dernier pour créer un grand poulailler sécurisé. Mais au bout d’une semaine, j’avais terminé seulement un côté. Comme j’avais choisi un endroit boisé pour que les poules soient protégé des buses, je me suis retrouvée, forcément, avec plein de racines en travers de ma tranchée, ce qui ne rendait pas la tâche facile.

Seb et moi avons alors tenté d’utiliser la charrue pour faire le deuxième côté de la tranchée, en se disant que ça irait plus vite avec le gros moteur du tracteur. Alors peut-être que c’était à cause de notre inexpérience avec l’outil, ou à cause du terrain miné de grosses racines, en tous cas au final : la terre était toute retournée mais ça ne ressemblait pas du tout à une tranchée. Il fallait quand même que je repasses avec ma pioche. Si tu ajoutes à ça le fait que pendant ce temps-là les poules s’en donnait à coeur joie sur mes semis, que je ne trouvais pas le grillage qu’il me fallait, et que je stressais un peu sur la solidité de l’ensemble (rapport au fait qu’on n’a rien encore construit de semblable), tout ça me paraissait un peu beaucoup d’efforts pour un résultat finalement assez incertain. C’était carrément décourageant.

Au départ, je m’étais renseignée sur les parcs mobiles électrifiés pour volailles. J’aimais bien l’idée de pouvoir déplacer le poulailler en fonction de mes besoins et de ce qu’il y avait à manger pour les poules. Mais j’avais vite déchanté en voyant les prix. La barrière en elle-même est déjà chère, mais c’est surtout le poste électrique qui sert à électrifier la barrière qui coûte un bras, sans compter les batteries qu’il faut changer ou recharger…

Alors quand j’ai vu chez des voisins que leurs poules restaient à l’intérieur d’un parc mobile sans que celui-ci ne soit électrifié, je suis repartie vers mon premier choix, d’autant plus que ce genre de barrière souple coûte moins cher que ce que mon grillage fixe allait me coûter.

J’ai installé ça en 20 minutes, les poules restent tranquillement à l’intérieur, et quand je voudrai, je pourrais déplacer l’ensemble vers de nouveaux pâturages. C’est juste parfait.

Côté flotte, la source qui coule au fond du trou nous fait des blagues. Je te disais la dernière fois que la source s’était arrêté de couler, eh bien en fait elle a recommencé quelques jours plus tard. En fait, 3 jours après chaque pluie, la source coule à nouveau à fond. Puis quand le temps est au beau, elle s’assèche petit à petit.

Bref, ce n’est pas une source sur laquelle on peut compter, mais ça n’est pas une raison pour ne pas l’utiliser en attendant de trouver mieux. On a donc tiré un long tuyau pour amener l’eau plus près de la maison. J’en ai profité pour creuser une petite marre, un essai que j’avais envie de faire depuis longtemps. Les filles ont bien joué avec l’eau et maintenant, au lieu d’aller à la fontaine du village pour remplir nos jerricans d’eau potable, on a juste à se rendre derrière la maison. C’est déjà ça !

Sinon en autres bricolages, je me suis amusée à dessiner une jolie pancarte avec le nom de notre hameau sur une planche et on l’a installé au dessus d’une toute nouvelle boîte aux lettres.

On a créé une clairière sur une des terrasses en contrebas de notre terrain pour y installer un trampoline. Il est en plein milieu des bois, accessible par un petit chemin tout mignon, et c’est simple, les enfants l’adorent !

Et j’ai commencé à créer des chemins là où la friche était devenue une jungle de ronces, ce qui m’a permis de me rendre compte que nous avons une énorme terrasse quasi plate qui doit faire presque un hectare, ici. Je pense que c’est là que je vais agrandir la forêt comestible l’année prochaine, déjà plein de projets en tête !

Voilà pour les news ce mois-ci ! Je te dis à bientôt, et je reviens le mois prochain avec une nouvelle vidéo ! Tchao !

Quoi de neuf à la ferme en mars ?

Alors je te résume la vidéo de mars en quelques mots : en mars, j’ai pioché, puis j’ai pioché, puis bon, j’ai re-pioché.

Bon ok, on a aussi planté des fruitiers, chassé des poules, installé des toilettes sèches, essayé de capter une source et plein d’autres choses encore !

Voici le texte intégral de la voix off de la vidéo :

Hello hello !
C’est parti pour une nouvelle vidéo quoi de neuf à la ferme en mars !

Ce mois-ci, on a eu beaucoup de pluie. Tellement, qu’au bout d’un moment, la terre devant la maison est devenue détrempée et très boueuse. Pas terrible pour la propreté de la terrasse et de l’intérieur de la maison. On a donc décidé de créer un chemin recouvert de bois broyé pour drainer un peu tout ça.

On est allé cherché des pierres (on en a un peu partout sur le terrain), et on a matérialisé un chemin devant la maison. Le tout bien sûr, dans la bonne humeur !

L’idée était de remplir chaque côté du chemin de terre pour les surélever. J’ai donc installé des troncs d’arbres le long de la pente pour retenir la nouvelle terre, et planté des petits piquets pour retenir les troncs.

Une fois le chemin terminé, on est allé cherché la terre.

Pour faire deux pierres d’un coup, on en a profité pour décaisser des allées autour des nouvelles planches de culture que j’avais délimité le mois dernier pour en récupérer la terre.

Puis on a broyé quelques-unes des millions de branches coupées amassées ces derniers temps, et on les a étalées dans le chemin.

Ensuite j’ai délimité des zones avec des bâtons, semé des graines et paillé l’ensemble. J’étais bien contente de moi… jusqu’à ce que les poules s’empressent de venir manger toutes mes graines et que le vent se charge de disperser la paille !

Le chemin fonctionne bien, lui, on n’a plus de boue sur la terrasse, mais pour le reste, ce n’est pas une grande réussite… Pour le moment ! Parce qu’heureusement, il y a toujours le mois prochain pour ajuster !

Sinon j’ai utilisé une grelinette pour décompacter la terre sur mes planches de culture. Je les ai ensuite recouvertes d’un peu de terre, d’une bonne couche de paille et j’ai semé quelques graines que les poules ont rapidement dévorées.

J’ai été dévaliser une jardinerie et on a planté tout un tas d’arbres fruitiers ainsi que des fraisiers, que mes poules se sont empressées d’étêter, en moins d’une heure.

Pour les fruitiers qui avaient déjà des étiquettes, je les ai attaché bien solidement avec de la ficelle de récup. Pour ceux qui n’en avait pas, j’ai fabriqué des étiquettes avec des bandes de plastique découpées dans des emballages et écrit dessus avec un crayon de cire. C’est censé être imperméable, et jusqu’ici ça l’est. On verra si ça l’est sur le long terme.

J’ai utilisé mon niveau égyptien et mon nouvel outil préféré, la pioche, pour créer une baissière. C’est une sorte de fossé qui est parfaitement perpendiculaire à la pente, aligné sur une courbes de niveau. L’idée est de récolter l’eau qui ruisselle le long de la montagne quand il pleut pour lui donner le temps de s’infiltrer. J’ai donc pris le temps de faire en sorte que le fond soit le plus plat possible, quitte à ajuster un peu à la pioche.

Ça m’a pris pas mal de temps, et je pense que c’est à ce moment là que mon mari a commencé à me traiter de monomaniaque de la pioche. Surtout que tu vas voir, ce n’est pas fini. C’est vraiment devenu mon outil préféré.

Là aussi, sur la berme de la baissière, c’est à dire le renflement qui est à gauche du fossé, on a planté des arbres fruitiers : des petits fruitiers, des grands fruitiers et aussi des vignes comme le kiwai, une sorte de kiwi adapté aux climats plus froids comme le nôtre, que j’ai installé au pied des quelques grands arbres qu’on avait conservé lors du déboisage.

Dans le fossé lui-même, j’ai semé du trèfle, ce qui devrait créer un couvre-sol assez bas sur lequel on pourra marcher. Je pense que la baissière sera rarement remplie. J’ai pu constater que quand il pleut, des flaques d’eau se forment, mais ça ne dure pas. La terre de notre terrain est très légère et très drainante, alors l’eau s’infiltre assez rapidement. Ceci étant dit, je pense que ça vaut quand même le coup d’avoir construit cette baissière parce que lors de certains épisodes orageux, il pleut vraiment beaucoup d’un seul coup et ce serait dommage de perdre toute cette eau.

J’ai aussi commencé à matérialiser et pailler quelques allées. J’ai retenté de semer quelques graines, en les protéger cette fois avec des fenêtres de récup.

Parce tu imagines bien que mes poules me suivent à la trace, maintenant. Elles ont compris que dès que je sors dans le jardin, surtout si je suis armée de ma pioche, je vais leur semer de bonnes petites graines ou leur déterrer de bons petits vers de terre alors elles sont au taquet ! Le problème c’est que du coup, elles passent leur temps à dézinguer les paillages et semis que je mets en place. C’est super frustrant !

Pour éviter ça, on a commencé par essayer de les chasser, avant de confirmer que non, une poule ça n’est pas aussi facile à éduquer qu’un chien. Ensuite on a déplacé le poulailler. Il était côté sud de la maison, au dessus de la zone qu’on met en culture cette année. On l’a déplacé de l’autre côté de la maison. Mais ça non plus, ça n’a pas suffit, elles sont revenues à la charge dès le lendemain.

Après pas mal de réflexion, on a décidé de créer un poulailler sécurisé, ici, pour les parquer dans un endroit et limiter les dégâts. On a choisi un endroit boisé pour protéger les poules des buses, et on a commencé à creuser une tranchée de 20-30 centimètres de profondeur pour pouvoir enterrer le grillage et les protéger aussi des renards et des fouines.

J’ai été cherché de grands piquets en châtaigner à la scierie du coin et j’ai commandé du grillage à poule mais c’est un gros chantier et on est loin d’avoir fini. Je pense que ça va nous prendre une bonne partie du mois d’avril pour terminer, mais c’est maintenant notre projet prioritaire, puisque les poules gênent l’avancement de tous les autres projets.

Sinon en autres nouvelles, on a installé des toilettes sèches dans la maison, à la place des toilettes à eau qu’on avait avant. Sébastien a aussi fabriqué un coffrage pour stocker la sciure de bois qui sert à « tirer la chasse ».

On a également tenté de capter la source qui coule depuis quelques semaines dans le grand trou qu’on avait creusé l’automne dernier, mais on a pas réussi et depuis, de toutes façons, ça s’est presque arrêté de couler. C’est une déception, même si on y croyait qu’à moitié. On continue à réfléchir à la suite à donner à cette histoire d’eau. En ce moment, on penche vers un forage, mais rien n’est sûr encore.

En attendant, on profite de chaque moment en attendant le printemps. Les couchers de soleil sont toujours aussi beaux et la météo nous offre sans arrêt des belles surprises, comme cette neige ensoleillée magnifique. On guette les bourgeons du lilas et les châtons du saule, on n’hésite pas à manger dehors dès qu’un rayon de soleil pointe le bout de son nez, même s’il faut porter un bonnet, et on est juste trop contents de pouvoir vivre tout ça au quotidien.

Voilà pour les news ce mois-ci ! Je te dis à bientôt, et je reviens le mois prochain avec une nouvelle vidéo ! Tchao !

 

Anne, ancienne parisienne, nouvelle paysanne. Je te raconte comment je crée petit à petit un jardin-forêt en permaculture sur mon terrain de 7 hectares en Ardèche verte. En savoir plus…

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