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« Tu fais quoi dans la vie ? » ou comment traduire Homesteader en français

« Et toi, tu fais quoi, dans la vie ? »

Pendant les fêtes, je me suis plusieurs fois trouvée face à cette question, sans savoir trop quoi y répondre.

En Anglais, ç’aurait été simple : « I’m starting a homestead. »

Court. Compréhensible. Parfait.

(D’aucuns diront même que c’est basique, mais je ne céderais pas à la tentation, même après avoir écouté le dernier album d’Orelsan 489574 fois en 15 jours.)

En Français, c’est moins facile. En effet, le mot « homestead » n’existe pas dans notre langue. Certes, je pourrais franglisher et dire que je suis « homesteadeuse ». Après tout, ça fait bien 6 ans que je dis que je suis « blogueuse », c’est-tu pas pire. Mais vu que personne ne comprend ce que ça veut dire, ça ne m’aiderait pas vraiment.

Il me manquait le parfait petit résumé de notre projet. La formule percutante et facile à comprendre qu’on peut servir à sa voisine de table lors des réunions de famille.

Alors pendant les 9 heures qu’il nous a fallu pour relier la région parisienne à l’Ardèche le lendemain du jour de l’An, le siège arrière rempli de mômes drogués aux Kinder et le coffre débordant de jouets en bois éducatifs, mon mari et moi avons planché sur la question.

Voici quelques-unes de nos idées :

« Je suis en reconversion professionnelle pour devenir agricultrice. »

Sauf que… non. Cette formule donne l’impression que j’ai été subventionnée par le Fongecif pour intégrer le lycée agricole du coin où j’apprendrai à manager de gros troupeaux, manier des tracteurs énormes et gérer les dettes écrasantes qui vont avec. Au contraire, l’idée c’est d’apprendre sur le tas (ou presque), de ne pas s’endetter (ou presque), et de travailler à petite échelle. (Ou presque. Il nous faudra quand même une grande échelle pour réparer le toit qui fuit un peu depuis qu’il s’est enfin mis à pleuvoir. Mais c’est un sujet pour un autre jour.)

« Je suis paysanne 2.0. »

Oui enfin, non. En plus de dénigrer subtilement (ou pas si subtilement, d’ailleurs) les paysans d’antan, cette formule sous-entend que je travaille comme une bête dans les champs du matin au soir chaque jour que Dieu fait. Et j’ai envie de travailler dur, certes, mais pas de me tuer au travail, et certainement pas de recommencer exactement les mêmes processus chaque année. Mon objectif est au contraire de mettre en place des cultures pérennes les premières années puis par la suite, de profiter du processus de récolte pour en faire la maintenance. (J’aurais l’occasion de t’en reparler plus tard, mais si ça t’intéresse, ce livre m’a beaucoup inspirée.)

« Je suis fermière. »

Outre que ça m’évoque de suite des visions de jarres de lait délicatement déversées dans des pots comme dans la pub La Laitière, cette formulation implique que je compte vendre une bonne partie de ma production. Or, l’objectif est de produire suffisamment pour nous nourrir, de partager le reste avec mes voisins, mais pas de tenir un stand sur les marchés 3 fois par semaine et encore moins de vendre à une coopérative agricole.

« J’expérimente avec un nouveau mode de vie basé sur la création. Je veux construire et pas simplement acheter, produire et pas simplement consommer. »

Bon, là, clairement, c’est trop long. Et puis ça ne dit rien de ce que je fais concrètement. (Tu le vois, toi, mon futur troupeau de 10 brebis, dans cette formule ?) Sans compter que ça me donne l’impression à la fois d’insulter la personne en face de moi (qui fait très certainement partie de la société de consommation, comme nous tous) et d’être hypocrite (vu que dans ce genre d’occasion, il y a toutes les chances que je porte une tenue fabriquée intégralement au Vietnam, éventuellement commandée sur internet via mon MacBook).

« J’ai un projet d’autonomie alimentaire. »

Là, le risque est que mon interlocuteur m’imagine en train de danser à la pleine lune devant ma yourte, avec le reste de ma communauté hippie et mes dreads mal lavés. Ou éventuellement, si mon interlocuteur a pris une assez grosse dose de films américains, il peut me visualiser seule au milieu de la forêt, terrée dans un bunker anti-atomique rempli à ras bord de repas déshydratés et d’armes semi-automatiques, prompte à dégainer mon couteau de chasse pour égorger un cerf qui passe. Même si autonomie et autarcie n’ont rien à voir, les gens ont tendance à les confondre facilement.

« Je suis mère au foyer. »

Certes, mais pas que. Même si quand je lis la Petite Maison dans la Prairie, je peux facilement m’identifier à Caroline Ingalls, le terme est un peu réducteur dans la langue française moderne : il implique que je ne fais quasiment que m’occuper de mes enfants. Or, tu l’auras compris, même si mes enfants sont avec moi la plupart du temps, je fais plein d’autres choses. Comme Caroline Ingalls. (Enfin presque. J’ai encore un peu de chemin à faire.)

(En passant, si tu ne connais pas, je te recommande cette série de livres. Rien à voir avec la série télé, c’est passionnant !)

Bon, je dois te l’avouer : 9 heures de route n’auront pas suffit : nous n’avons pas trouvé notre formule choc. Peut-être en aurais-tu une à me souffler, toi ?

Objectif eau potable : bilan après 3 mois (et un trou de la taille du Grand Canyon)

Dans la série des bilans après 3 mois, continuons avec l’eau potable.

La dernière fois que je te parlais de cette saga, je t’ai laissé un peu en plan. Nous avions creusé un trou de la taille du Grand Canyon, trouvé de l’eau, puis nous l’avions reperdue dans les entrailles de la terre suite à un éboulement.

Le lendemain, j’ai pris ça avec philosophie. Pas grave, on allait trouver une solution ! Pour réussir, il faut tenter ! Échouer n’est qu’une étape vers le succès !

Le surlendemain, j’ai paniqué. On aurait jamais d’eau. C’était sûr. Et on aurait certainement jamais dû acheté cette maison. Quelle erreur monumentale !

Le jour suivant, j’ai pris ça avec humour. C’était quand même incroyable, cette aventure ! On en rira bien dans quelques années, autant en rire dès maintenant !

Le jour suivant, j’ai pleuré. Bou-hou. Qu’est-ce qu’on faisait là alors qu’on pourrait être tranquillement dans notre petit pavillon de région parisienne où on prenait des douches de 30 minutes sans même y penser ?

Bref, j’ai fait le yoyo comme ça pendant quelques jours. Trois semaines, pour être exacte. Au bout du compte, j’ai fini par surmonter ce revers grâce notamment au soutien de mon mari, qui comme à son habitude, gardait un sang-froid flegmatique face à mes incessants grands huit émotionnels.

Me voici donc requinquée pour te faire un état des lieux de nos perspectives en matière d’eau potable (mon premier article sur le sujet est ici si tu veux te rafraîchir la mémoire).

Option numéro 1 : creuser plus profondément

Notre premier essai n’ayant pas été concluant, nous allons tenter notre chance une nouvelle fois. Superbanco, place tes pions et relance le dé.

Cette fois, nous allons opter pour un forage. Un engin va arriver avec une sorte d’énorme perceuse pour creuser direction la Chine jusqu’à trouver de l’eau. Ensuite ils installeront une pompe électrique, une cuve de stockage et un paquet de tuyaux enterrés pour relier tout ça à la maison.

Les 3 sourciers que nous avons fait passer sont à peu près d’accord sur la profondeur : 40 à 50 mètres. Youpi ! En revanche, aucun ne s’accorde sur l’emplacement du forage. Alors, comme nous l’a dit le dernier sourcier qu’on a fait venir : « c’est à vous de choisir ! »

Merci monsieur le sourcier, encore un très bon conseil que voilà. Autant dire « plouf, plouf, ça se-ra là qu’on va fo-rer » ! Bref.

Côté budget, il nous en coûtera la modique somme de 70 euros du mètre, sans compter la pompe et tout le reste des travaux. Le tout pour un résultat assez aléatoire, tu l’auras compris. C’est un peu la loterie. Superbanco, place tes pions, relance le dé.

Mais bon, au moins on aura tenté et on n’aura pas de regrets. Et si ça fonctionne, on aura de l’eau ! Youhou !

Option numéro 2 : récolter l’eau de pluie, mais vraiment

Jusqu’à présent, nous avons bricolé vite fait un système pour récupérer l’eau de pluie. On récolte toute l’eau du toit dans une cuve de 300 litres, située environ 20 mètres en contrebas de la maison. Ensuite, à l’aide d’une pompe vide-cave, on la réinjecte dans les cuves de stockage de notre réseau d’eau, qui contiennent 5000 litres et sont situées dans la cave.

Ça implique des mètres de tuyaux vert fluo qui serpentent un peu partout, et une porte de cave qu’on ne peut plus jamais fermer, rapport aux dits tuyaux, mais ça marche !

Enfin, ça marche quand il pleut ! Évidemment.

Et il a très peu plu depuis qu’on est arrivés. En presque 4 mois, nous avons eu seulement 2 grosses pluies capables de remplir complètement nos cuves. Certes, ça nous a appris à économiser l’eau, mais ça reste un peu spartiate, comme confort. D’autant que manipuler bidons, seaux et saladiers remplis d’eau en permanence est nettement moins agréable à -5° qu’à 25° (surtout quand tu peines à chauffer ta cuisine à plus de 12 degrés avec ta cuisinière à bois vintage option merdique et ton isolation datée cerca 1874, mais c’est un sujet pour un autre article).

Malgré tout, on gardait espoir. On se disait que l’automne arrivait, et qu’il allait bien finir par pleuvoir plus régulièrement. Ça serait bien, ça serait chouette, on pourrait enfin prendre des bains et laver à grande eau des tonnes de roquette.

Et puis il s’est mis à neiger. Direct. Sans passer par la case pluie.

Et avec la neige est arrivé le gel, ce qui fait que notre pompe vide-cave s’est retrouvée figée dans un bloc de glace de 300 litres, telle un mammouth du paléolithique dans un glacier du Pôle Nord, et reliée à nos cuves par de longs serpentins de glace recouverts de plastique (les tuyaux gelés, faut suivre).

(Tout ça en plein milieu du flottement émotionnel dont je parlais plus haut, histoire d’en rajouter une couche. De neige. Haha. Ok je sors.)

Autant dire que j’ai remisé provisoirement mes rêves de cascades et de torrents, et qu’on s’est mis à réfléchir à une solution de récupération d’eau de pluie moins fragile et plus pérenne.

Bilan des courses : ce qu’il nous faudrait, c’est d’abord faire enterrer derrière la maison une cuve en béton pouvant contenir 10 000 litres d’eau, soit deux fois plus que notre capacité de stockage actuelle.

Pourquoi 10 mille litres plutôt que 5 ? Histoire d’éviter les certes rares mais néanmoins très éprouvants moments où nos cuves débordent et qu’on ne peut que constater avec impuissance le gâchis consternant de litres et litres d’eau se déversant dans la nature devant nos yeux embués. (Oui, ça nous rend tout chose, de gâcher de l’eau, maintenant.) Accessoirement, avoir 10 mètres cube de flotte en réserve nous permettra de tenir deux fois plus longtemps en cas de sécheresse prolongée, sécheresse qui ne manquera pas d’arriver étant donné qu’il n’y a plus de saisons, ma bonne dame, et que ça ne va pas aller en s’arrangeant.

Pourquoi en béton plutôt qu’en plastique ? Parce que déjà je n’aime pas le plastique, par principe. (Chacun sa religion, hein.) Mais aussi parce qu’il paraît qu’au bout d’un moment, celui-ci peut relâcher dans l’eau stockée des particules de plastique invisibles qui ne doivent pas être très bon pour la santé. Et surtout, parce que le béton permet d’alcaliniser l’eau de pluie, trop acide, de façon à la rendre potable.

Ensuite, nous demanderons à un zingueur (un mot qui existe vraiment, ai-je appris, et que je me suis empressée d’ajouter à mon nouveau vocabulaire, juste à côté de « surpresseur » et de « carotteuse ») de venir raccorder nos gouttières à la nouvelle cuve. Puis on reliera le tout à notre surpresseur et notre système de filtration en perçant un gros trou dans un mur de pierre porteur épais de 80 centimètres (même pas peur) à l’aide, donc, d’une carotteuse.

Et voilà, de l’eau. Et potable en plus. Fastoche.

Option numéro 3 : récolter l’eau de pluie, mais vraiment vraiment

Si 10 mètres cubes d’eau devraient suffire à alimenter en eau notre maison, ça ne suffira certainement pas pour arroser le jardin et abreuver les bêtes. Il nous faut donc trouver un moyen de récolter encore plus d’eau.

Jusqu’à très récemment, je ne voyais aucune solution à cet épineux problème. Je ne pouvais que prier pour que notre forage soit un succès, même si pomper de grandes quantités d’eau à plus de 50 mètres de profondeur pour l’étaler en surface fait un peu mal à mon petit coeur d’écolo très « aware“ des nappes phréatiques en constante baisse.

Puis, lors de mon dernier weekend de formation en permaculture, mes camarades (a-t-on encore le droit de parler de camarade une fois passée l’école primaire si on n’est pas communiste ?) m’ont soufflé une idée, certes un peu folle, mais qui pourrait bien fonctionner.

Vu que nous avons déjà créé un cratère énorme, bien situé en hauteur par rapport au reste du terrain, pourquoi ne pas l’utiliser pour créer un gigantesque réservoir d’eau ?

Car sur notre terrain, en amont du trou, passe un chemin de terre sur lequel nous pourrions potentiellement récolter plus de 300 000 litres d’eau de pluie par an. À l’aide de quelques cunettes (tu as peut-être déjà croisé ces espèces de caniveaux creusés en travers des chemins de terre en pente pour en évacuer l’eau et éviter le ravinement) (et hop, encore une nouveauté dans mon lexique !) bien placées, nous devrions pouvoir rediriger tout ce liquide vers le trou. Celui-ci aura été légèrement (ok, beaucoup) remanié pour créer une grande cuvette pouvant contenir jusqu’à 250 mètres cubes d’eau. Largement de quoi subvenir à nos besoins en eau pour les bêtes et le jardin.

Notre chantier immonde deviendrait alors un joli étang peuplé de grands roseaux, de poissons multicolores, de grenouilles mélodieuses (ça chante fort, les grenouilles) et de canards coin-coin, qui pourrait abreuver brebis, poules et tomates en utilisant la simple force de la gravité, tout en ralentissant l’érosion et en rechargeant les nappes phréatiques.

Ça fait rêver. Ça me fait même fantasmer en Technicolor sur l’écran noir de mes nuits blanches.

Il me reste à en discuter avec mon terrassier (oui, « j’ai » un terrassier comme avant « j’avais » un coiffeur, hashtag nouvelle vie) pour avoir son avis sur cette idée, ainsi que vérifier quelques détails techniques et juridiques, mais pour le moment, l’idée m’enchante.

À suivre, donc.

Sur ce, je vais boire un verre d’eau. Car ne perdons pas de vue que malgré les quelques déconvenues occasionnées par cette aventure que nous avons choisie tout à fait librement, nous buvons à notre soif chaque jour et que j’ai toujours accès facilement à de l’eau potable, même s’il me faut parfois l’acheter en bidons de 5 litres à Super U.

Ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde.

Alors bien que je chouine parfois sur mon sort, je mesure chaque jour avec gratitude et humilité la chance que l’on a.

C’est parti mes cocottes ! Petit bilan des poules après 3 mois

Bientôt trois mois qu’elles sont là, nos petites poulettes. Timing parfait pour faire un petit bilan !

« Commencez par des poules, c’est facile » !

Tout le monde nous disait que la poule est l’animal de basse-cour le plus simple pour commencer et ça s’est avéré totalement vrai.

Effectivement, la poule semblait la moins intimidante de tous les animaux que nous envisageons d’élever. Une poule, ça n’est pas bien gros, ça ne mord pas, ça ne pique pas, ça ne donne pas de coups de pied, ça ne fait pas beaucoup de bruit et ça demande peu d’entretien. C’est parfait !

J’ai donc commandé un poulailler sur internet, acheté 4 poules de race « Sussex » au marché pour 11 euros pièce, et c’était parti !

Nos enfants ont adoré : au début, mes filles passaient des heures à les regarder. Avec le froid et l’habitude, ça s’est un peu tassé. Récemment, ma grande a même souhaité échanger de « boulot » avec moi : elle n’a plus envie d’aller leur donner à manger et préfère mettre la table à la place. Depuis qu’il fait -5° dehors, c’est donc moi qui m’y colle.

Un poulailler, oui, mais pas celui-là

On nous avait dit qu’il fallait un poulailler bien construit pour protéger les poules des renards et autres fouines (« qui peuvent passer dans un trou de la taille d’une pièce de 2 euros »). Pensant à leur bien-être, j’ai opté pour un poulailler tout fait, en kit à monter, me disant que ça serait certainement mieux conçu et plus solide que quelque chose que je bricolerais moi-même.

Sauf que… ce n’était pas ce poulailler-là qu’il nous fallait. Certes il est tout joli et tout mignon. Mais il ne convient pas, pour plusieurs raisons.

D’abord parce qu’il est trop petit. Il est vendu pour « 6 à 8 poules », mais je trouve que mes 4 poules y sont déjà très à l’étroit. Je n’oserai jamais y mettre 8 poules, et encore moins si je devais les laisser dedans toute la journée ! Ensuite parce qu’il n’est pas isolé. Depuis que les températures ont chuté, j’ai peur que les poules aient trop froid dans cette petite boîte en bois. Et enfin parce que sur notre terrain en pente, rempli de bosses et de trous, il est impossible de le déplacer comme j’aurais voulu. Sur le jardin de banlieue parisienne tout plat qu’on avait avant, il aurait convenu très bien pour 2 poules. Pour 8, ici, ça ne va pas du tout.

Les cocottes ne se plaignent pas, hein ! Elles se baladent dans la neige comme si de rien n’était et elles se sont même mises à pondre (cf plus bas), donc c’est que ça ne doit pas aller si mal que ça, mais si c’était à refaire, j’opterais pour un modèle 3 à 4 fois plus grand (assez haut pour qu’un humain puisse y rentrer pour le nettoyer), isolé du froid et muni de grosses roues, genre VTT. Je ne souhaite pas chauffer l’intérieur avec une lampe comme le font les industriels, mais je suis un peu curieuse (inquiète, même) de voir comment elles vont supporter les -15° de cet hiver. A suivre, donc.

L’alimentation et l’entretien

J’ai pour projet d’élever nos animaux avec le plus de liberté possible. Les poules sont donc libres d’aller et venir comme elles le souhaitent. Si besoin, à l’avenir, je protégerai les endroits où je ne souhaitent pas qu’elles aillent, comme mon potager, plutôt que d’enfermer les poules. On m’a dit que c’était un peu utopique, mais j’ai bon espoir et ça ne coûte pas grand chose de tenter ! À suivre, donc. En attendant, on leur ouvre la porte le matin, et on leur ferme la porte le soir, une fois qu’elles sont rentrées d’elles-mêmes. Le reste de la journée, elles font ce qu’elles veulent.

J’avoue que nous avions franchement peur de les voir s’éloigner du poulailler, au début. Peur qu’elles ne trouvent pas le chemin du retour, peur qu’elles se fassent bouffer par un renard dans le sous-bois, peur aussi, plus prosaïquement, qu’elles viennent chier sur la terrasse ! J’ai même tenté de bricoler une barrière pour les orienter plutôt vers un côté du jardin que vers l’autre (le fameux sous-bois).

Mais au bout d’un moment, constatant qu’elles avaient trouvé comment contourner la barrière, on a fini par lâcher prise. Petit à petit, les poules ont pris leurs aises dans notre propriété et aujourd’hui, on peut les trouver les pattes dans la neige, sous les genêts ou au milieu des ronces (ronces qui n’ont pas l’air de les gêner du tout, au passage…), en train de picorer les rares bestioles qu’elles dénichent dans les feuilles mortes. Un ancien du coin, juste après s’être gentiment moqué de mon poulailler de parisien, m’a dit que ce n’était qu’une question de temps avant qu’un renard les mange. Il a probablement raison, mais j’aimerais bien qu’il ait tort. On verra.

Je renouvelle leur eau chaque jour (avec de l’eau de pluie) et parce que c’est l’hiver, je leur mets à disposition un aliment « spécial poule pondeuse » bio. Ça me prend à tout casser 10 minutes par jour (plus 5 pour leur fermer la porte le soir).

On m’avait beaucoup raconté que « les poules mangent tout », mais force est de constater que celles-là, non ! À part quelques croutes de fromage ou 2-3 pelures de pommes par-ci, par-là, elles ne mangeaient quasiment rien des restes que je leur donnais. Du coup, je ne leur en donne presque plus. En revanche, elles passent la journée à picorer la terre, et j’ai l’impression qu’elles y trouvent de quoi se sustenter. À terme, j’aimerais qu’elles puissent se nourrir exclusivement de ce qu’elles auront trouvé toutes seules sur notre terrain et de nos restes, mais nous verrons comment ça évolue.

Une fois par semaine, mon fils de 13 ans sort la paille sale du poulailler à l’aide d’une spatule de plâtrier, l’ajoute au compost et la remplace par un seau de paille propre. Ça lui prend en tout environ 15 minutes. (Ou plutôt, quand c’est moi qui le fait, ça me prend moins d’un quart d’heure. Mais quand on a 13 ans et qu’on répond à 43 textos à la minute, tout prend un peu plus longtemps…)

Dix minutes le matin, 5 minutes le soir, 15 minutes le samedi. En tout, c’est 2 heures par semaine qui sont consacrées aux poules, avec plaisir la plupart du temps : moins quand il fait -5° et qu’il pleut, plus quand il fait soleil et que la vue est splendide.

En additionnant les chiffres, ça me donne envie d’avoir davantage de poules (et un coq !). Je me dis qu’entretenir 10 poules ne prendra pas beaucoup plus de temps qu’en entretenir 4.

Les oeufs

Ils se sont fait attendre !

Le vendeur m’avait dit que les poules pondraient au bout de 2 à 4 semaines. D’autres personnes me disaient qu’il fallait attendre une semaine seulement, et d’autres encore disaient que ça prenait parfois jusqu’à 2 mois. Tout le monde avait tort : ça a pris presque 3 mois !

Je me suis beaucoup posé de questions : est-ce à cause du froid et de l’hiver qui arrive ? Est-ce qu’il leur faut un coq ? Est-ce qu’elles ne sont pas trop jeunes ? Est-ce qu’elles ont peur du chien ? Est-ce qu’elles pondent quelque part dans le sous-bois qu’on ne voit pas ?

Puis à un moment j’ai lâché prise, là aussi. Je me suis dit qu’il faudrait sans doute attendre le printemps, j’ai acheté 2 douzaines d’oeufs au marché et j’ai arrêté d’attendre.

Quelques jours plus tard, nous trouvions notre premier oeuf ! Et depuis, chaque soir, 1 ou 2 oeufs nous attendent au milieu des fientes. (Encore un truc qu’on ne te raconte pas sur la boîte d’oeufs du supermarché : les oeufs, en vrai, c’est souvent assez crade quand ça sort du poulailler…)

Et leur goût ? Sensiblement le même que les oeufs fermier bio qu’on achetait avant, mais la coquille est plus fine et fragile.

Le plaisir et la fierté de manger les oeufs pondu chez nous est incomparable, par contre. J’adore !

A quoi ressemble une journée d’école à la maison chez nous

S’il y a bien une chose qui était claire pour moi dès le départ, c’est que je n’allais pas être la maîtresse de mes enfants. Je suis leur maman, c’est déjà bien suffisant.

Je ne voulais pas les obliger à s’asseoir pour apprendre à heures fixes. Ni les noter. Ni les réveiller à heures fixes. Ni les obliger à étudier des sujets qui ne les intéressent pas. Ni les inciter à faire pipi à certains moments de la journée plutôt qu’à d’autres. Ni les obliger à fréquenter régulièrement des enfants qu’elles n’apprécient pas. Bref, je ne voulais pas recréer chez nous les conditions qui justement, font partie des raisons pour lesquelles je sors mes filles de l’école.

Je dis qu’on fait « l’école à la maison » parce que c’est plus simple à comprendre (et aussi pour ne pas faire trop peur aux gens), mais ce que je veux vraiment, c’est de ne plus faire école du tout.

En fait, on ne fait pas l’école à la maison, on fait de l’apprentissage auto-géré. Du « unschooling », comme disent les anglo-saxons. (Si tu ne connais pas, je t’enjoins à aller lire cet article de Add Fun and Mix qui explique parfaitement le concept tel que je le comprends et le pratique.)

« Mais vous faites quoi au quotidien, du coup ? »

De toutes les questions qu’on me pose depuis le début de cette aventure, je pense que c’est celle qui revient le plus souvent. Et le problème c’est que c’est une question à laquelle il n’est pas facile de répondre en deux mots.

« Bin, rien. Enfin, pas rien, on fait plein de trucs, hein, mais rien de scolaire. Enfin si, elles font parfois des exercices dans des cahiers d’école, hein, mais rien d’imposé. Elles font ce qu’elles veulent. Enfin non, pas tout ce qu’elles veulent. J’impose des règles de vie comme avant, hein, mais pas d’apprentissages. Et elles apprennent tout le temps sans que je fasse grand chose. Même si, bon, je fais plein de trucs, hein, je suis très investie. Mais pas trop pour quand même avoir du temps pour moi. Juste ce qu’il faut, quoi. Tu vois ? »

Non, tu ne vois probablement pas.

J’ai donc pioché dans mon journal de bord quelques journées types qui illustrent bien ce qui se passe chez nous depuis 5 semaines, histoire que tu puisses te faire une idée plus précise de ce que je veux dire.

Lundi

Je dois emmener notre voiture au contrôle technique à 8 heures alors les filles restent avec leur papa. Elles se lèvent vers 9h30, réveillent leur papa avec quelques câlins puis Lulu (8 ans) va donner à manger aux poules et au chien comme elle le fait chaque matin.

Elles savent que leur papa a du travail et qu’elles ne doivent pas trop le déranger alors elles passent la matinée à dessiner, en pyjama, sur la table basse du salon.

Lulu invente des fleurs imaginaires, les décrit et les dessine dans son « Carnet des fleurs ». Elle a eu l’idée toute seule de faire ce carnet. J’avais bien évoqué l’idée de faire un herbier il y a quelques semaines, mais l’idée ne l’avait pas emballée du tout. Imaginer ses propres fleurs, en revanche, a l’air de la passionner. Elle a passé deux heures la veille à décorer la couverture du carnet et y consacre maintenant toute sa matinée.

Lolo (4 ans) dessine à côté, dans son propre carnet de dessin, sans thème particulier. Parfois elle demande à sa soeur de lui écrire quelques mots, ou de lui faire un modèle pour écrire un mot, mais elle travaille en autonomie la plus grande partie de la matinée.

Quand je rentre, le coffre plein de courses, il est presque midi. Je lance le réchauffage du déjeuner (un reste de la veille) et on s’assied au coin du feu pour lire à haute voix des livres empruntés à la bibliothèque la semaine précédente.

On déjeune en famille comme chaque midi, puis Lulu débarrasse la table et Lolo part jouer de son côté avec ses poupées. J’en profite pour aller faire une petite pause « lecture au lit avec option sieste », seule dans ma chambre. Quand je redescend, je trouve Lolo en train de prendre 457763 photos du salon avec l’iPad, et Lulu en train de lire des BD dans son lit.

On sort chercher du bois pour remplir le bûcher à côté de la cheminée, puis les filles me suivent lorsque j’entame un petit tour du propriétaire. Je suis concentrée sur (et un peu découragée par) la quantité impressionnante de ronces et genêts qu’il faut zigouiller avant de pouvoir faire quoi que ce soit de ce terrain, mais les filles s’en amusent et jouent aux aventurières dans les champs de broussaille.

Je finis par passer à l’action et à m’attaquer à un buisson de ronces avec mon sécateur. (Depuis je me suis offert une débroussailleuse de compétition, je t’en reparlerai…) Ma grande rentre terminer son livre pendant que ma petite joue avec la chienne. Puis elles se retrouvent à l’intérieur pour jouer à un jeu que j’aurais pu nommer « mets le plus de bazar possible dans le salon en étalant couvertures, coussins et poupées partout ». Une fois épuisée de débroussaillage, je rentre préparer le dîner pour le soir puis je me pose devant mon ordinateur, sur la table de la cuisine.

En fin d’après-midi, je leur propose de regarder un épisode de « C’est pas sorcier ». On range le salon (qui en avait bien besoin !), on remet des bûches dans la cheminée et on s’installe confortablement sur le tapis avec coussins et couvertures. Elles réclament un épisode qui « parle d’animaux » et finissent par se mettre d’accord sur un épisode qui traite des cétacés.

À la fin, Lulu propose qu’on enchaîne avec un épisode des « Octonautes » qui traite aussi de la baleine à bosse, pour faire plaisir à sa soeur (qui trouve parfois « C’est pas sorcier » un peu difficile à comprendre, notamment quand Jamy explique).

Une fois l’écran éteint, je leur propose de raconter tout ça dans leur cahier de vie. On a gardé celui que Lolo tenait dans sa classe de maternelle et créé un nouveau pour Lulu. Celle-ci écrit toute seule dans son cahier. Sa petite soeur, elle, me dicte les 3 phrases qu’elle souhaite écrire dans le sien. J’imprime ensuite quelques coloriages qu’elles choisissent sur mon ordinateur, puis je vaque à mes occupations pendant qu’elles colorient et collent des baleines dans leurs cahiers jusqu’au dîner. Après dîner, elles se couchent tôt car le lendemain, c’est Jardin d’enfants.

Mardi

Alors que d’habitude, je fais le moins de bruit possible le matin pour ne pas les réveiller, aujourd’hui je commence à faire exprès du bruit à partir de 8 heures. Les filles se réveillent doucement et plongent dans le lit avec leur papa pour quelques câlins. On prend un petit déjeuner tous ensemble dans le soleil du matin, puis on se prépare à partir au Jardin d’enfants.

Celui-ci n’est pas un jardin d’enfants à proprement parler, mais un regroupement informel de parents d’enfants non scolarisés qui habitent dans le coin et s’accueillent les uns chez les autres à tour de rôle. Les enfants jouent ensemble pendant que les parents boivent du thé et discutent.

Aujourd’hui, ça se passe à 30 minutes de route. Dans la voiture, on écoute un chapitre de Heidi, le roman de Johanna Spyri, que j’ai trouvé en livre audio sur l’appli bien nommée Livres audio.

Arrivées sur place, les filles jouent dehors au « chantier » dans un énorme bac à sable avec les autres enfants.

En fin de matinée, notre hôtesse propose aux filles de l’accompagner pour aller donner à manger à ses ânes. Lulu et Lolo l’aident à donner de la paille aux animaux et à les brosser, puis montent chacune leur tour sur le plus docile des deux ânes.

Nous mangeons tous ensemble en mode auberge espagnole. Après le repas, tout le monde s’en va, y compris notre hôtesse, dont il est convenu que je garderai son fils chez elle une partie de l’après-midi.

Il fait un temps magnifique et plus de 15 degrés. Un vrai contraste avec les -4 de ce matin ! Les enfants jouent dehors au Papa et à la Maman, en t-shirt, pendant que je me régale du soleil en glandouillant sur Facebook, puis en profitant de la vue lumineuse sur les montagnes.

Le soleil se fait de plus en plus bas, on sent le froid revenir alors nous rentrons pour goûter. Pendant que les enfants mangent, j’explore la bibliothèque de mon amie et découvre le livre de Yann Arthus-Bertrand « La Terre vue du ciel« . Je commence à le feuilleter en commentant les images à haute voix. Bientôt, je vois à peine les images car elles me sont cachées par les 3 petites têtes qui se sont intercalées entre moi et elles. On lit les légendes et on s’amuse à localiser les endroits sur la carte du monde.

Une fois mon amie rentrée, nous repartons vers la maison avec le livre de Yann Arthus-Bertrand sous le bras (« prends-le, je te le prête, ça faisait longtemps qu’il n’avait pas été ouvert, ce livre ! »), toujours en écoutant la suite Heidi. À la maison, Lulu me réclame de continuer à regarder les photos du livre et on y trouve notamment la photo d’une colone d’otaries sur une plage d’Afrique du Sud.

Pour les faire rire, je montre aux enfants une vidéo d’une otarie qui aboie et YouTube nous propose justement un épisode de « C’est pas sorcier » sur les otaries et phoques. On en profite pour se faire un « Dîner pas sorcier » : plateau télé devant Jamy et consorts. Après dîner, gros fou rire lorsqu’on s’exerce chacun notre tour à se déplacer comme un éléphant de mer sur le tapis du salon (je te le conseille : c’est parfait pour les abdos !).

(En passant, à mon avis y a pas grand chose de plus marrant qu’un éléphant de mer qui se déplace sur terre, ça me fait mourir de rire à chaque fois ! Bref.)

Mercredi

Une séance de chant s’improvise au petit déjeuner. Mon mari a sorti la guitare et nous chantons avec lui quelques grands classiques que toute la famille connaît par coeur : la chanson d’Émilie Jolie, Le café d’Oldelaf, J’ai 10 ans de Souchon. (Quoi, tout le monde ne connaît pas par coeur l’intégrale d’Oldelaf ?)

Puis je fais du ménage pendant que les filles font de la pâte à modeler. Lolo façonne un escargot et a besoin de savoir si les escargots ont des oreilles. Aucune idée ! On pose la question à Google, qui se fait un plaisir de nous répondre en moins de 4 secondes. (Si ça t’intéresse, sache que la réponse est non. En plus d’être gluantes, ces bestioles sont sourdes comme des pots !) Dans la foulée, Lulu me demande de voir des photos d’escargots, puis de bébés escargots. On finit par regarder une petite vidéo montrant la naissance de bébés escargots (10 fois plus petits, 10 fois plus gluants), puis elles retournent à leur modelage et moi à mon ménage.

En fin de matinée, mon mari demande à Lulu d’aller chercher le courrier au bout du chemin, mais elle revient en disant qu’elle n’arrive pas à tourner la clef dans la boîte aux lettres (c’est un modèle rouillé… euh… vintage). Il lui montre alors comment utiliser un morceau de métal glissé dans le trou de la clé pour faire levier puis lui explique le principe du couple. Elle fait tout de suite le rapprochement avec les balançoires va-et-vient (tu sais, celles qu’on appellait « balançoire tape-cul » ou « balançoire écrase-coucougnette » quand on était petit !) et le fait qu’on peut se faire soulever par un enfant moins lourd si on s’assoit plus près du milieu de la balançoire. Moi qui n’avait jamais fait de physique de ma vie, j’apprends d’ailleurs le nom de ce principe en même temps qu’elle. Mieux vaut tard que jamais, comme dirait l’autre.

Après déjeuner, Lulu fait une partie de Blokus dehors avec son grand frère pendant que Lolo chahute avec son papa.

Quelques minutes plus tard, une copine de Lulu (9 ans) vient jouer. Les filles passent l’après-midi dans le jardin à filmer avec notre iPad leur interprétation de l’histoire du Chaperon Rouge. Un vrai tournage avec force déguisements, voix graves de loup et promenades dans les bois avec un panier rempli de victuailles. Je ne les recroise qu’à la nuit tombée, lorsqu’elles se résignent à rentrer pour terminer le tournage à l’intérieur, puisque décidément, « on ne voit plus rien dehors ».

Avant le départ de la copine, les filles montent une boum dans le salon, complète avec musique à fond (la BOF de Vaiana suivie de celle la Reine des Neige, que du bon gros son qui décoiffe !), lumières tamisées et filles en folie.

Jeudi

Mon fils cadet doit se faire poser des bagues d’orthodontie à Valence alors je décide d’en profiter pour aller visiter le musée de la chaussure de Romans-sur-Isère. (Le musée INTERNATIONAL de la chaussure, qui plus est ! Attention, c’est pas n’importe quel musée !).

On est jeudi matin, l’endroit est désert. Je leur fais la visite en montrant aux enfants les chaussures que je trouve étonnantes et remarquables. Ça devient vite un jeu de repérer les souliers les plus bizarres et les plus originaux (il faut dire qu’il y a de quoi faire !). Les filles sont interpellées (et un peu choquées) par la partie de l’exposition qui explique la pratique du bandage des pieds des fillettes chinoises (c’est ça qu’elles raconteront en premier à leur papa le soir), et s’éclatent à essayer les chaussures à talon mise à disposition justement pour ça.

On déjeune d’un sandwich, puis on emmène leur grand frère à son rendez-vous dans le centre de Valence. Pendant la pose des bagues, on se promène sur le champ de Mars (oui oui, il y en a un aussi à Valence). Les filles courent partout et jouent à écraser les fontaines avec leurs bottes de pluie. (Encore de la physique…)

On récupère le grand et on passe faire quelques courses à Satoriz. En partant, elles insistent pour visiter le magasin King Jouet qui est juste à côté. Après réflexion et moult insistance de leur part, je cède, mais je mets les choses au clair avec elles avant d’entrer : je n’achète rien, on y va juste pour avoir des idées de cadeaux pour Noël. Nous décortiquons chaque rayon, les filles s’extasiant sur chaque boîte, moi notant plein d’idées (parfois en clarifiant un peu avant : « Rhooo je veux ça !! » dit ma petite en montrant du doigt un horrible poupon géant et moche en plastique tellement cheap qu’on dirait qu’il va casser avant même de sortir du magasin. « Ah bon, c’est quoi qui te plaît ? » « Le biberon !! On l’a perdu, le nôtre ! » Ok.)

J’en profite pour faire au passage un peu de délavage de cerveau d’éducation au marketing rapport aux rayons genrés rose pour les filles / guerriers pour les garçons, à la différence entre l’image sur la boîte et le contenu réel, à la durée de vie des jouets imaginée vs réelle, etc. Mais j’essaie de rester discrète (un effort certain de ma part, je dois t’avouer, car j’abhorre ce genre de magasin dégueulant de jouets en plastique qui brident l’imagination, renforcent les stéréotype de genre et sont conçus pour être périmés quasi immédiatement, le tout fabriqué par des enfants à l’autre bout du monde… bref) et je fais de mon mieux pour leur laisser la joie de découvrir des milliers de nouvelles idées de jeu. C’est pour ça qu’on est là, après tout.

Nous prenons ensuite la route pour notre montagne en chantant à tue-tête la BOF de Vaiana, la tête pleine et les jambes fourbues.

Arrivée à la maison, je lis des histoires à haute voix pendant que les enfants mangent, puis une fois qu’il les a couchés, mon mari et moi dînons en amoureux.

Vendredi

Je suis épuisée par la journée d’hier, alors je me recouche après avoir emmené mon grand à son bus. Mon mari se lève pour travailler avant même que les filles soient réveillées. On dirait qu’elles sont épuisées aussi !

Vers 11 heures, j’émerge enfin. Je descends et je découvre mon salon transformé en parcours de motricité. Les chaises de la cuisine sont désormais des îles auxquelles les filles ont donné des noms. Elles sautent d’une chaise à l’autre en criant « Île du plastique ! », « Île de la tendresse ! ». (Oui oui…)

Le cerveau encore embrumé de ma grasse matinée, je fais quelques bisous rapides puis me dirige vers la cuisine pour me préparer un thé. Un peu plus tard, alors que j’épluche des légumes pour le repas du midi, Lulu arrive avec son fichier « Cap Maths ». Elle a une question sur la consigne d’un exercice de maths. Elle s’installe à table à côté de moi « au cas où elle aurait d’autres questions ».

Quelques (micro-)secondes plus tard, Lolo nous rejoint. Elle a aussi envie de faire des maths (comme de par hasard…). Je lui sors un fichier de maths de CP qu’une amie enseignante m’a gentiment donné et je lui lis les consignes.

Pendant qu’on travaille, on écoute une playlist de guitare acoustique sur Spotify. Tout à coup, Lulu reconnait un morceau joué par son grand frère pour son examen de piano l’année dernière. (Ah bon ? Ah oui !)

Après une bonne heure de maths, Lulu part lire dans son lit. Lolo a envie de continuer les exercices mais elle a fait une bonne demie-douzaine de notions et je sens qu’elle commence à saturer, que ça devient plus difficile pour elle de comprendre. Et puis j’avoue, j’en ai un peu marre de lire et d’expliquer des consignes de maths.

Heureusement, c’est l’heure de déjeuner. (Ouf !) Après manger, Lulu repart lire dans son coin mais Lolo me réclame une activité donc je lui propose de faire un peu d’écriture. On écrit son prénom et celui de sa soeur ensemble sur le frigo, avec des lettres aimantées, puis je lui installe TextEdit sur mon ordinateur pour qu’elle puisse écrire des lettres. Elle s’amuse à ça pendant un long moment, puis propose à sa soeur de jouer à Piratatak. Je m’éclipse pour travailler dans le jardin pendant qu’elles installent leur jeu.

Un peu plus tard, Lulu me fait remarquer que les patates qu’on a planté dans le grand bac devant la maison lorsqu’on a emménagé en septembre sont prêtes à déterrer.

L’après-midi se termine vite : le soleil se couche de plus en plus tôt ! Quand je rentre, elles sont en train de faire des dessins et des découpages. Le sol est jonché de petits morceaux de papier d’environ 3 millimètres carrés.

On passe un (long) moment à ranger le salon, puis on prépare la pièce et le repas pour notre soirée ciné familiale hebdomadaire. Ce soir, ce sera un combo potée-Shrek ! De quoi terminer la semaine en beauté.

Anne, 4 enfants, je partage ici mes aventures ardéchoises. Au programme : cuisine locale et de saison, projets DIY, réflexions sur l’écologie… En savoir plus…

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