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Quoi de neuf à la ferme en juillet-août ?

En juillet-août, on a terminé le nouveau poulailler, on a vu éclore nos poussins, on est monté en compétence côté bricolage, on est allé chercher de l’eau en pick-up, on a fait le bilan du potager, on a construit une balançoire et plein d’autres choses encore !

 

Voici le texte intégral de la vidéo :

Hello, hello !

C’est parti pour une nouvelle vidéo « Quoi de neuf à la ferme en juillet-août » !

À l’arrière de la maison, nous avons terminé le poulailler qu’on avait commencé fin juin. Sébastien a construit une armature avec 4 palettes, désossé d’autres palettes pour récupérer des planches, puis posé un plancher à mi-hauteur. Il a ensuite installé un toit en tôle qu’on peut soulever à l’aide d’une poulie, et bardé l’ensemble avec du bois. Les pierres que nous avions utilisées pour délimiter les plante-bandes devant la maison ne délimitait rien du tout alors on les a recyclées pour construire un petit muret de soutenement devant le nouveau poulailler. Enfin, il a découpé une porte et installé un espèce de petit escalier pour les poules.

C’était notre premier gros projet de construction et le résultat est top ! Le nouveau poulailler est bien plus grand que l’ancien, il est fonctionnel, étanche, solide, fabriqué avec du bois de récup et… pas si laid que ça ! Et ça fait plaisir de voir Sébastien monter en compétences côté bricolage.

Il faut dire qu’il ne manque pas une opportunité de s’entraîner. Quand une de vos voitures est tombée en panne sur la route pas loin de chez nous, il s’est mis au défi de la réparer tout seul, à l’aide de conseils trouvés sur Internet. Certes, il a fallu retourner 3 fois acheter le bon outil et ça a pris plusieurs jours, mais à la fin, la voiture fonctionnait, nous avions de nouveaux outils et le savoir-faire pour s’en servir, le tout pour moins que ça nous aurait coûté d’appeler un dépanneur. Tout bénèf’ !

De mon côté, j’ai appris à affuter et graisser mes sécateurs. Un peu moins spectaculaire mais tout aussi utile !

Nous avons aussi construit une cage à grimper avec balançoire sur un des plus gros châtaigners de la propriété. Un peu de débroussaillage, une grande corde solide, un pneu de récup et hop, encore un nouveau coin sympa pour les enfants !

Du côté des animaux, nous avons eu le bonheur de voir éclore les oeufs qu’on avait enfoui sous nos poules, rappelle-toi. Un moment d’émotion assez intense, je dois bien t’avouer. Un poussin c’est déjà trop trop mignon. Alors 8 poussins d’un coup, c’était juste trop de mignonnitude, surtout quand on voyait sortir leurs petites têtes de sous les plumes de leur mère !

Au début, je leur ai écrasé des petits granulés de nourriture bio, mais ils ont vite appris à manger comme leurs parents, c’est à dire à picorer de l’herbe et des insectes. Pareil, au début je les ai enfermés dans un enclos, comme tout le monde me le recommandait, mais j’ai vite vu que ça ne servait pas à grand chose vu que déjà, ils passaient à travers, et qu’en plus, ils avaient l’air tellement plus contents de sa balader en liberté et de se cacher dans les herbes hautes (surtout les mères, qui avaient l’air épuisées après 3 semaines de couvaison).

Une fois que le nouveau poulailler était prêt, il a tout de même fallu y enfermer les mères et les poussins quelques jours pour qu’ils s’habituent à leur nouvelle maison. Et même comme ça, j’ai eu du mal à leur faire comprendre qu’il fallait dormir en haut à l’intérieur et pas dessous. Il a fallu plusieurs fois les attraper pour les remettre à l’intérieur à la nuit tombée. Assez sportif ! Jusqu’à ce que j’aie l’idée de construire un petit enclos grillagé autour pour les attraper plus facilement, et que je bloque l’accès du dessous avec des morceaux de carton. En tout, il aura fallu plus d’une semaine, mais ils ont fini par s’y faire !

Depuis, on s’émerveille de voir grandir nos poulets. Comme la personne qui m’a donné les oeufs a plusieurs races de poules distinctes, nos poussins sont tous différents. C’est chouette de les voir pousser et se transformer au fil du temps.

J’avais peur que notre petite chatonne essaie de jouer avec les poussins, ou pire, de les chasser, mais aucun problème de ce côté, c’est plutôt elle qui a peur des poules ! Du coup, elle s’est mise à jouer avec notre chienne, qui elle, la supporte avec beaucoup de bienveillance. Ils sont trop mignons, tous les deux, c’est beau à voir !

Cet été, on a eu très peu de pluie, surtout en juillet, ce qui fait qu’au bout d’un moment, nos réserves d’eau étaient à sec. On a donc amarré une tonne à eau à l’arrière du pick-up et on est allé la remplir avec l’eau d’une source qui coule le long de la route, à 10 mn à pied de chez nous. C’était un peu long pour remplir la cuve, donc on laissait la voiture sur place et on revenait la chercher quelques heures plus tard. Au final, on a dû faire ça que 2 fois, et c’était à chaque fois l’occasion d’une petite balade en famille plutôt sympathique. L’avantage du manque d’eau, c’est qu’en général, ça veut dire qu’il fait beau ! J’espère quand même qu’on aura une solution un peu plus pérenne bientôt, mais en attendant, ça m’a bien rassurée d’avoir un système, artisanal, certes, mais fiable, pour aller remplir nos réserves d’eau.

Par contre, les rares fois où il a plu, il a vraiment plu ! Des trombes d’eau, parfois quelques grêlons. Parfait pour remplir nos cuves de réserve, mais moins bien d’un point de vue de l’érosion. A certains endroits, notamment en contrebas de notre chemin d’accès, il ne reste presque plus de terre arable et on voit carrément la roche mère. Et à chaque grosse pluie, on voit des particules de terre partir à la dérive et l’érosion s’aggraver.

La baissière que j’avais creusée cet hiver dans le potager fonctionne bien. Elle retient l’eau et évite l’érosion. Mais la berme est bien trop sèche et j’ai perdu plusieurs des plantes que j’avais implantées dessus. Dans notre terre très légère et sablonneuse, les buttes sèchent beaucoup plus vite encore que le reste et je me suis plusieurs fois dit que ça serait plus intelligent de planter dans le creux de la baissière plutôt que sur la berme.

J’ai donc commencé à construire de nouvelles planches de culture qui font aussi « effet baissière », ici à la place de cette butte pleine de ronces. Cette fois, j’ai utilisé des pierres, pour que ça dure plus longtemps et que ça soit plus joli. J’ai creusé des petites terrasses légèrement inclinées dans le sens inverse de la pente, puis monté de petits murs en pierres sèches pour soutenir le tout. J’y ai planté des rosiers rugueux et de la phacélie pour améliorer et couvrir le sol. La pente « négative » fonctionne très bien pour retenir l’eau, et je pense que ça luttera aussi contre l’érosion. Je surveillerai cet hiver pour voir comment ça fonctionne avec la neige et la pluie parce que si ça reste trop humide, ça pourrait noyer les racines des plantes. A suivre, donc !

Sinon je me suis (enfin !) mise à la tronçonneuse, parce que j’en avais marre d’attendre que Sébastien éclaircisse le petit bosquet que tu vois, là. Je lui ai piqué son pantalon de sécurité, investi dans de bonnes lunettes de protection, j’ai pris mon courage et ma petite tronçonneuse électrique à deux mains et je me suis lancée ! Au final, c’était pas si effrayant que ça. Et je dirais même que le sentiment de puissance que ça suscite est assez grisant.

J’en ai profité pour faire un essai d’étêtage sur un des milliers d’érables qu’on a. Comme ils poussent très serrés, ils se sont développé tous fins et très en hauteur. J’en ai coupé un à 2 mètres de hauteur pour tenter de lui faire repousser des branches plus basses et plus étoffées. Un mois plus tard, j’ai l’impression que le pari est réussi.

Sinon, on a découvert sur un coin du terrain ce qui devait être un ancien verger, complètement en friche, avec des poires, des pommes et des prunes. Par miracle, certains arbres ont résisté au gros incendie d’il y a 15 ans, un gros pommier, notamment, qui est d’ailleurs le seul qui donne des fruits. J’ai passé du temps à créer un chemin et débroussailler un peu, et je prévois de venir tailler et greffer quelques arbres cet hiver pour que ça puisse se remettre à produire. Parce que bon, voici l’intégralité de la production de prunes du verger cet année… on ne va pas s’étouffer !

De son côté, le potager n’est pas vraiment un succès. Franchement décevant, même. Déjà, on le voit bien d’en haut, c’est sec, sec, sec ! Avec le recul, je vois bien maintenant que ce n’était pas le meilleur endroit pour faire un potager. La terre n’y est pas très épaisse et le fait que ça soit en pente aggrave l’érosion et empêche une bonne absorption de l’eau de pluie. J’ai aussi appris récemment que le microbiome de la terre est différent dans une forêt (où il y a plus de champignons) que dans une prairie ou un potager (où il y plus de bactéries). Il paraît qu’il faut du temps pour que les organismes du sol se réadaptent quand on coupe une forêt pour créer une prairie, comme on a fait ici. Ça explique peut-être le fait qu’une bonne partie de mes légumes a été attaqué par des champignons. Et pour couronner le tout, les poules n’ont laissé aucun répit à mes légumes, en grattant sans arrêt les racines et en bousillant mes efforts de paillage jour après jour.

On a quand même récolté un peu et pris plaisir à manger « nos » légumes : quelques petits pois, quelques capucines, 2-3 courgettes. Mais globalement, heureusement qu’il y avait les plantes sauvages, des voisins pour nous donner des prunes et les producteurs du marché, sinon on aurait pas mangé grand chose !

Là où ça a fonctionné le mieux, c’est dans la partie du bas du potager, une ancienne prairie à peu près plate qui depuis peu, est clôturée pour éviter les dégâts causés par les poules. La terre y est moins fertile et plus compactée, mais elle est plus profonde, donc je vais réorienter mes efforts sur cette partie, en espérant améliorer la terre au fil du temps. A suivre là aussi !

Quant au potager du haut (la partie qui est en pente), je vais y installer des plantes vivaces plus rustiques et plus résistantes à la sécheresse. En attendant, on y a installé un hamac à côté des fleurs, qui, elles, ont plutôt bien poussé. C’est très agréable et c’est juste parfait pour profiter de l’été tout en réfléchissant aux projets de cet automne !

Voilà les news pour ce mois-ci. Je te dis à bientôt et je reviens le mois prochain pour une nouvelle vidéo ! Tchao !

Quoi de neuf à la ferme en juin ?

En juin, on a attendu des poussins, beaucoup rangé, paillé, commencé à construire un poulailler, re-paillé, mangé des petits pois, paillé encore, construit un étendoir à linge, repaillé un peu et plein d’autres choses encore !

Ci dessous le texte intégral de la vidéo :

Hello hello !
C’est parti pour une nouvelle vidéo quoi de neuf à la ferme en juin !

Ce mois-ci a commencé sous le signe du rangement et du ménage. Comme souvent, j’avais sous-estimé la quantité de travail que représente la maintenance d’un système, quel qu’il soit, pour qu’il fonctionne correctement.

Après presque un mois et demi de pluie et d’orages quotidiens qui nous avaient un peu cloîtrés dans la maison, on aurait dit qu’un ouragan de bazar s’était abattu sur notre jardin. Que ce soit à côté du poulailler, en bas de la maison, en haut de la maison, à la pépinière, devant le garage ou sur la terrasse, l’extérieur de la maison avait pris un petit air de décharge publique. Sans compter les poules qui venait nous déposer régulièrement des petits cadeaux azotés sur le carrelage de la terrasse. Miam.

Bref, on a commencé par retrousser nos manches, tout ranger et tout nettoyer à fond.

J’ai également délivré le filet à poules que j’avais malencontreusement laissé sur la pelouse le mois dernier et qui s’était retrouvé complètement piégé par des kilomètres d’herbes folles. Après plusieurs heures de lutte avec mon sécateur et un mal de dos carabiné, j’ai appris ma leçon : ne jamais laisser trainer un filet dans l’herbe !

J’ai installé le filet autour de la partie avant de la maison pour protéger notre espace vital des déjections de gallinacées. Certes, ce n’est pas ce qui met le plus en valeur notre belle maison en pierre et ça fait faire quelques acrobaties pour entrer et sortir, mais ça fait le job pour le moment et ça amuse bien les enfants. Dans un deuxième temps, on installera de jolies barrières en bois, ici et ici, pour tenir les poules à l’arrière de la maison, là où se trouve leur poulailler.

A propos de poules, nous en avons perdu une, à un moment donné, et on a cru que le renard avait encore frappé. Jusqu’à ce qu’on la retrouve bien vivante, cachée dans le poulailler, en train de couver ses oeufs ! Quelques jours plus tard, elle a été rejointe par sa copine.

Sauf que comme nous n’avons pas de coq, les pauvres pouvaient couver longtemps comme ça sans jamais voir l’ombre d’un poussin ! J’ai donc été chercher une douzaine d’oeufs fécondés chez un voisin et je les ai glissé subrepticement sous le cul des poules après les avoir marqué d’un F pour les reconnaître et ne pas les manger par erreur.

Fin de couvaison prévue début juillet, on attend ça avec impatience !

En prévision de l’arrivée de quelques habitants supplémentaires, nous avons commencé à construire un poulailler beaucoup plus grand qu’on installera à côté de l’ancien. En attendant, là aussi, le chantier fait office d’un chouette terrain de motricité pour les filles !

Notre petite chatonne grandit bien et nous fait bien marrer avec ses bêtises, sa curiosité et sa mignonnitude, même quand il faut aller la chercher sur le toit !

Au jardin, on a continué à élargir petit à petit l’espace autour de la maison. Comme d’habitude, je commence avec un petit coup de débroussailleuse, suivie de près par Sébastien et sa tronçonneuse. A chaque fois, on coupe uniquement les genêts, les ronces et quelques uns des milliers d’érables qui peuplent notre terrain, l’idée étant de préparer l’arrivée d’une nouvelle vague d’arbres fruitiers à l’automne tout en conservant les chênes, les châtaigniers, les alisiers, les noisetiers, les noyers, les pommiers sauvages, bref, tout ce qui peut donner à manger à des humains.

Petite nouveauté qui change la vie au quotidien : j’ai aménagé un étendoir à linge entre deux arbres, devant la buanderie. Une fois l’endroit nettoyé, ça m’a pris seulement 2 minutes à installer, avec un peu de corde de chanvre. Et c’est tout bête, mais le plaisir d’étendre la lessive avec vue sur les montagnes compense totalement la corvée du linge sale qui s’accumule à une vitesse folle chez nous !

Côté eau, nous avons fait un captage de fortune de la source qui coule dans le gros trou et comme il avait beaucoup plu, elle coulait à flots ! Sébastien a installé un filtre et a fait arriver l’eau jusqu’aux cuves de stockage qui se situent dans la cave. Depuis, le soleil est revenu et la source est à nouveau tarie, mais on a quand même récupéré quelques centaines de litres d’eau en plus, c’est toujours ça de pris !

Au potager, vu qu’on manque d’eau, je réserve les arrosages en priorité aux cultures pérennes, notamment les nouveaux arbres et arbustes fruitiers dont les racines ne sont pas encore assez profondes pour survivre à la sécheresse. Ailleurs, je paille, je paille et je paille encore pour essayer de prévenir le déssèchement du sol. J’utilise tout ce qui me tombe sous la main pour pailler, que ce soit les repousses de ronces ou les rejets des souches d’érable que nous avions coupés.

Nous avons également investi dans une nouvelle tondeuse à gazon thermique. C’est un chouette outil, mais vu son impact écologique, j’essaie de m’en servir avec parcimonie, uniquement pour garder des chemins praticables et sans tiques. L’idée n’est certainement pas de tondre à ras toutes les semaines une énorme zone de pelouse autour de la maison juste pour « faire joli ». D’ailleurs, personnellement, j’adore le look « herbes hautes et fleurs sauvages »… et les papillons aussi !

Et bien sûr, j’utilise aussi l’herbe coupée pour pailler autour des plants de tomates, de courgette et de basilic. Ce sont ces légumes qui souffrent le plus du manque d’eau et c’est frustrant de voir leur croissance quasi arrêtée depuis qu’il ne pleut plus (alors qu’ils sont énormes chez le voisin dont la source coule à flots et qui arrose tous les jours).

C’est aussi frustrant de voir mes autres fruits et légumes se faire dévorer avant même que je n’en vois la couleur ! Les poules, par exemple, adorent les petites baies d’aronia et pillent littéralement les cassis. Les chevreuils, aussi, se régalent des fraises dès qu’elles murissent et déciment complètement les blettes. Mais le pire ennemi de mes légumes, ce sont elles : de féroces petites filles en robe de plage, qui picorent toutes les baies d’amélanchier avant même le petit déj et qui dévorent les petits pois comme si c’étaient des bonbons !

Bon, ok, c’est vrai qu’en fait, il y a pire comme problème que des enfants qui mangent des légumes…

Alors je regarde plutôt le bon côté des choses. Je me replonge dans mes archives pour voir ce à quoi ressemblait le potager il y a seulement 3 mois et je m’émerveille de voir le changement radical. Je me réjouis que mes arbres fruitiers soient tous en bonne santé. A défaut de les manger, je profite des jolies fleurs de cette variété de petits pois violets. Je me régale des feuilles et des fleurs des capucines. Je regarde pousser les héliantis qui, eux, ne semblent pas affectés par le manque d’eau. Je récolte les boutons floraux du tilleul pour en faire des câpres. Je cueille les fleurs d’achillée pour préparer les tisanes de cet hiver. Et je lorgne sur les framboises sauvages et les milliards de fleurs de ronces qui deviendront bientôt de délicieuses mûres.

Bref, la vie est belle au soleil et on en profite à fond, que l’eau coule ou pas !

Voilà pour les news ce mois-ci ! Je te dis à bientôt, et je reviens le mois prochain avec une nouvelle vidéo ! Tchao !

Ecole à la maison : notre contrôle pédagogique et petit bilan de l’année

Ça y est, notre contrôle par l’inspection nationale est passé ! Ma fille a bien vécu le processus et le compte-rendu écrit que nous avons reçu hier nous indique que son niveau est tout à fait satisfaisant.

Comme c’était notre première année d’instruction en famille et que nous n’avions jamais eu ce genre de contrôle, j’étais un peu curieuse (et parfois inquiète) de savoir si ce que nous avons mis en place cette année conviendrait. Apparemment, c’est le cas. Petit bilan.

Comment s’est passé le contrôle ?

Pour ce contrôle, nous étions convoqués dans une école de la grande ville d’à côté avec tous les autres enfants IEF du coin, ce qui fait que ma fille a retrouvé ses copines et qu’elle était tout à fait à l’aise. Les enfants étaient tous ensemble dans une salle avec une conseillère pédagogique qui leur a donné des exercices de français et de mathématiques et discuté avec eux de ce qu’ils faisait à « l’école à la maison ». Quelques jours auparavant, au téléphone, celle-ci avait été très rassurante. Elle m’avait notamment demandé de prévoir beaucoup de temps des fois que ma fille en ait besoin, car elle ne voulait surtout pas la stresser ni la presser. En personne, elle était très gentille avec les enfants.

De mon côté, je suis allée boire un café avec les autres parents, après qu’on nous ait gentiment demandé de partir. A mon retour, j’ai eu un compte-rendu très rapide (5 mn) de la part de la conseillère pédagogique (RAS, sauf que ma fille écrit lentement et devrait plus s’entraîner) et encore plus rapide de la part de ma fille (RAS, « c’était facile »).

Qu’a-t-on fait cette année ?

Comme je te le disais il y a quelques mois, nous ne suivons pas de programme défini et les apprentissages se font de manière informelle, que ce soit dans le cadre de notre vie de famille ou à l’occasion de la lecture d’un livre. Comme en plus ma fille utilise très peu de supports écrits, j’ai pris le parti de noter ce qu’on faisait au jour le jour, chaque soir, pour m’en souvenir et pouvoir justifier de nos activités si besoin.

Quelques jours avant le contrôle, j’ai passé en revue toutes mes notes et pondu un petit (ok, pas si petit que ça !) document assez détaillé qui liste toutes nos activités, sur le modèle de ce que fait Add Fun and Mix. J’ai ensuite envoyé ce document par email à l’inspectrice. (Voici le document à télécharger ici.)

Je ne sais pas s’il a été lu par quelqu’un à l’Éducation Nationale, mais peu importe. Le simple fait de faire ce document m’a fait énormément de bien !

J’ai souvent l’impression de ne pas faire « assez », que ce soit dans mes projets pro ou perso. Et pour ne pas changer, en cette fin d’année, j’avais l’impression de n’avoir rien fait d’intéressant du tout… jusqu’à ce que je rédige ce document ! Car on en a fait, des choses ! Une foultitude de projets et d’apprentissages divers et variés. Ça valait le coup de le rédiger rien que pour la tranquillité d’esprit que ça m’a apporté.

(Au passage, c’est aussi un des grands bénéfices des vidéos « Quoi de neuf » mensuelles : elles me permettent de me rendre compte chaque mois de tout ce qu’on a accompli.)

Petit bilan de cette première année d’IEF

Globalement cette première année d’instruction en famille a été une vraie réussite. C’était même bien plus facile que je ne me l’imaginais, très fluide. Mes filles sont plutôt très autonomes et me laissent beaucoup de temps libre pour mes propres projets. Elles ont des amies, jouent beaucoup entre soeurs, aussi, et s’ennuient juste ce qu’il faut pour créer sans cesse de nouveaux jeux et activités. Elles sont épanouies et ça se voit !

De mon côté, je m’amuse beaucoup à leur proposer de nouvelles choses, à leur lire des histoires et à apprendre avec elles en déroulant le fil à la suite d’une histoire ou d’une question. Pour moi, c’est un peu comme retourner à l’école, mais pour apprendre uniquement les sujets que j’aime.

Comme je te disais, la plupart de nos apprentissages sont informels. Mon rôle consiste à leur proposer de nouvelles découvertes comme je leur propose de nouveaux goûts quand je fais à manger. Après avoir tâtonné un peu en début d’année, nous avons fini par instaurer un moment de lecture matinal. Nous l’avons baptisé le « petit dèj magique » parce que nous lisons assez souvent un chapitre de la série Cabane Magique (et aussi parce que n’importe quoi de « magique » donne plus envie, non ?), mais c’est inspiré des « Morning baskets » des homeschoolers américains (le côté biblique en moins).

Je sélectionne une pile de livres à la bibliothèque, souvent des histoires de fiction qui permettent d’ouvrir sur un autre sujet, comme celui-ci sur la mine ou celui-ci qui initie aux engins de Léonard de Vinci, mais aussi des livres documentaires drôles ou décalés, comme celui-ci sur les problèmes mathématiques. Je choisis les thèmes en fonction de leurs centres d’intérêts, de ce que moi j’ai envie d’apprendre (y a pas de raison qu’elles soient les seules à s’amuser !), et parfois aussi de ce qui est au programme. (En général, je suis comme une dingue, à la bibliothèque, et je prends toujours trop de livres, mais c’est bien, comme ça elles ont du choix !)

Les filles choisissent parmi ces livres (ou n’importe quel autre livre à disposition dans la maison) ceux qu’elles ont envie de lire ce jour-là, on les lit ensemble et si l’envie ou le besoin se fait sentir, on approfondit et on déroule le fil, comme ici avec Hokusai et ici avec Westminster.

Parfois le petit dèj magique dure 20 minutes, parfois il dure 3 heures. Dès qu’elles décrochent, on arrête. Parfois, aussi, on arrête parce que j’en ai marre de lire (après 1h30 de lecture à haute voix, en général, je sature…). En moyenne, le petit dèj magique a lieu 3 fois par semaine. C’est un petit rituel que j’aime beaucoup et qui me permet d’être sereine sur la quantité de « scolaire » que je glisse dans une semaine.

Dernièrement, je leur ai proposé d’ajouter un jeu de société à faire ensemble au petit dèj magique. On verra comment ce rituel va évoluer au cours de l’année prochaine.

Quoi qu’il en soit, on est prêtes pour une nouvelle année d’école à la maison !

Quoi de neuf à la ferme en mai ?

En mai, on a vu arriver plein de nouveaux habitants au Petit Janouillet, parfois méga mignons et bienvenus, parfois absolument pas du tout. On a fabriqué des toilettes sèches, aménagé une terrasse, assemblé un îlot de cuisine, mangé les premiers radis et plein d’autres choses encore !

Ci-dessous le texte intégral de la vidéo :

Hello hello !
C’est parti pour une nouvelle vidéo quoi de neuf à la ferme en mai !

Ce mois-ci a été un mois particulièrement frais et pluvieux. On a eu quelques belles journées ensoleillées, mais la plupart du temps, on était plutôt en pull qu’en débardeur et jusqu’à la mi-mai, on éclairait encore la cheminée en soirée, comme ils disent ici. On a donc pas hésité à commander une dizaine de stères de bois quand on en a eu l’occasion. Histoire d’être sûrs de ne jamais être à court parce que bon, la fin de l’hiver n’est pas encore tout à fait arrivée que l’automne n’est plus si loin que ça… #ardèche

On a aussi passé pas mal de temps à préparer notre crémaillère. Nous avions invité une trentaine de personnes sur 4 jours, il nous fallait donc être prêts à les accueillir. L’idée c’était de faire une fête conviviale, avec de la nourriture faite maison et le plus minimaliste possible. Pour minimiser les déchets, par exemple, nous avons fabriqué des marque-places pince-à-linge destinés à ce que chacun retrouve sa serviette en tissu au cours du weekend.

Pour minimiser la queue aux toilettes, on a aussi construit avec Sébastien de nouvelles toilettes sèches. Quelques palettes, un ou deux coups de scie sauteuse et le tour était joué.

Notre composteur à toilettes sèches était presque plein, donc on en a profité pour en construire un nouveau. On a commencé par débroussailler un coin tranquille en contrebas de la maison, puis on a fait un peu de terrassement à la pioche. Ensuite on a assemblé quelques palettes ensemble, un peu comme des légos, et on a bardé les côtés avec des planches de bois récupérées sur d’autres palettes.

On a également créé une petite terrasse avec vue bien sympathique pour prendre l’apéro (et quelques coups de soleil) pendant la fête. L’ancien emplacement du poulailler s’était transformé petit à petit en débarras à ciel ouvert, jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il s’agissait en fait de l’endroit du terrain d’où on a la plus jolie vue. Un peu dommage que ça soit le tas de bois qui profite de la belle vue ! On a donc commencé par tout rangé, puis tondu, puis fauché, puis ratissé jusqu’à ce que ça fasse bien propre. J’en ai profité pour sursemer du trèfle là où l’herbe était morte, puis on terminé le tout en y installant un salon d’extérieur acheté d’occasion sur le bon coin.

Côté travaux intérieur, ce mois-ci, on a créé un îlot dans la cuisine pour vraiment pas cher en assemblant un buffet vintage, de vieux meubles de bureau Ikea et un plateau de table de récup’. C’est super pratique et j’adore le côté années 70 que ça donne à la cuisine.

Au jardin on a continué à créer de nouvelles planches de culture, le plus souvent en enlevant l’herbe à la pioche. Lorsque le terrain est presque plat, j’utilise les mottes d’herbe pour créer des sortes de digues en aval de la pente. En revanche, lorsque le terrain est très en pente, je m’en sers plutôt pour remplir petit à petit la deuxième platebande devant la maison parce que pour des questions de solidité, dans ces cas-là, je préfère utiliser plutôt des morceaux de troncs d’arbre pour retenir la terre avant de semer, planter et pailler.

Pour le paillage, justement, j’essaie plein de choses différentes. A certains endroits, je coupe l’herbe à la cisaille autour des planches de culture puis je paille avec. À d’autres endroits, je me sers des rejets de feuilles sur les souches des arbres qu’on avait coupés, ou encore les rejets des ronciers que j’arrache un peu partout. Ailleurs encore, j’utilise la paille que j’avais récupéré il y a quelques mois. D’ici quelques temps, je pourrais te dire quelle technique je préfère, pour le moment je suis encore en phase de tests.

En attendant je continue à semer, planter, rempotter et repiquer.

Le plus gros fail du mois, ce sont ces plants de tomates en racines nues qu’un voisin m’a gentiment donné et que j’ai planté en pleine terre deux jours avant qu’il neige. Autant dire bye bye les tomates.

Mais globalement les succès sont bien plus nombreux que les échecs et c’est un plaisir de voir le jardin prendre de l’ampleur petit à petit. Le potager, notamment, est méconnaissable par rapport à il y a seulement deux mois.

Ok, certaines planches de cultures (les premières que j’avais faites, sont complètement envahies de chiendent et les laitues plantées à cet endroit n’ont pas grossi d’un iota depuis 2 mois. Mais à d’autres endroits, ça pousse joliment, bien en rang sous un paillage de ronces. Le sarrasin fleurit, les navets sont luxuriants, les petits pois en fleurs cachent de belles laitues. Il y a quelques promesses de baies sur certains buissons fruitiers et les radis sont nombreux et délicieux.

Ceci étant, avec le retour de la végétation, on a vu débarquer une grande quantité de tiques. Assez pour me gâcher le plaisir d’aller dehors récolter mes tous nouveaux légumes et pour me freiner dans mes nouvelles plantations. Après quelques piqûres, pas mal d’angoisse et des heures passées sur internet à chercher des solutions, on a donc mis en place un plan d’action anti-tiques en 4 étapes.

Premièrement, j’ai relâché les poules que j’avais enfermé le mois dernier. Il paraît qu’elles mangent de nombreuses tiques en picorant, et finalement à choisir, je préfère qu’elles bousillent mes planches de culture et qu’elles bouffent les tiques plutôt que l’inverse.

Deuxièmement, pour augmenter notre cheptel de volailles mangeuses de tiques, nous avons recueilli deux poules réformées d’un élevage. Malheureusement, non seulement ces nouvelles poules se faisaient martyriser par nos poules blanches, mais elles ont vite disparues, probablement mangées par un renard. Nous avons pour projet de ré-essayer bientôt, après avoir construit un plus grand poulailler (là aussi à base de palettes de récup) ce qui devrait faciliter l’intégration de nouvelles poules. A suivre donc.

Troisièmement, je me suis mise à tondre de grands corridors anti-tiques pour qu’on puisse se rendre au poulailler, au compost, à la buanderie, etc, sans devoir sans arrêt vérifier si de petites bestioles ne sont pas en train de grimper sur nos jambes. Autant te dire que notre petite tondeuse électrique de banlieusards parisiens ne fait absolument pas l’affaire pour tondre les quelques 4-5 mille mètres carrés autour de la maison, et qu’il va vite falloir trouver une autre solution parce que c’est franchement laborieux.

Et enfin quatrièmement, vu que moins il y a de rongeurs, moins il y a de tiques, nous avons introduit parmi nous un féroce prédateur de rongeurs. Bon ok, il se trouve que ce nouveau prédateur n’est encore qu’une adorable petite boule de poils gris et ok, en fait, on avait déjà prévu d’adopter cette chatonne avant l’arrivée des tiques, mais c’est la cerise sur le gâteau. Je te présente Gazpacha, et je ne te cache pas que toute la famille est complètement gaga devant sa mignonnitude extrême.

Voilà pour les news ce mois-ci ! Je te dis à bientôt, et je reviens le mois prochain avec une nouvelle vidéo ! Tchao !

Anne, ancienne parisienne, nouvelle paysanne. Je te raconte comment je crée petit à petit un jardin-forêt en permaculture sur mon terrain de 7 hectares en Ardèche verte. En savoir plus…

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