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Poêlée de petits pois aux fanes de radis ou quand « manger bouger » prend tout son sens

Pour être en bonne santé : « manger bouger », qu’ils disent.

Sauf que pendant longtemps,  j’ai trouvé ça hyper compliqué de manger 5 fruits et légumes par jour. Quand tu démarres ta journée par un bol de céréales, que tu continues avec un sandwich le midi, des gâteaux au goûter et que tu termines avec un steak haché-coquillettes le soir, c’est franchement un challenge d’y ajouter assez de fruits et légumes pour que le PNNS soit content. Si j’arrivais à caser 3 portions dans ma journée (un fruit à 10 heures, une feuille de salade dans le sandwich – si si, ça compte ! – et une salade de tomates mangée sans faim après la plâtrée de pâtes), j’étais contente.

De même, difficile de caser suffisamment de sport dans mes journées d’entrepreneur mère de 4 enfants sédentaire. Je passais tous mes repas assise, de nombreuses heures assise devant mon ordinateur, au moins une heure assise dans ma voiture ou dans le métro, le tout suivi d’une soirée assise devant la télé (ou à nouveau devant mon ordinateur, les soirs de gros rush). Les semaines où j’arrivais à caser 20 minutes de marche le matin au réveil et une séance de yoga à laquelle j’arrivais en retard et où je peinais à me détendre avant les 4 dernières minutes, j’étais contente.

Jusqu’à ce que petit à petit, grâce à des gens innovants et inspirants comme Katy Bowman (si tu lis l’Anglais, je te conseille son livre révolutionnaire Move Your DNA), je change ma façon de voir les choses. Puisque je n’arrivais pas à ajouter les choses « santé » à mon mode de vie, peut-être fallait-il revoir les bases mêmes de ce mode de vie ?

Si pour être en bonne santé, il fallait manger des légumes en quantité, alors ce sont eux qui deviendraient la base de mon alimentation. (Il paraît d’ailleurs qu’au départ, les autorités de santé voulaient viser 10 fruits et légumes par jour mais qu’ils ont revu leur copie à la baisse quand ils se sont rendus compte que 2 ou 3 allaient déjà être compliqués à atteindre.)

Et si pour être en bonne santé, il fallait bouger plus souvent, alors le mouvement allait devenir la base de mon quotidien. (Il paraît d’ailleurs que le corps humain s’use quand on ne l’utilise pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, et qu’il est bâti pour marcher facilement entre 3 et 20 kilomètres par jour. Autant dire que j’avais de la marge.)

Aussitôt dit, aussitôt fait. (Enfin presque, puisque ça doit faire 3 ou 4 ans que je suis en transition…)

Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand je réfléchis aux menus, je mets le paquet sur les fruits et légumes. Et dès que je peux rajouter de la verdure ou du végétal dans un plat, je ne me gêne pas !

  • Je fais des salades, des légumes à croquer ou des soupes à chaque repas.
  • Je propose des fruits cuits ou crus pour le dessert… ou pas de dessert du tout. (Au bout d’un moment, les enfants se sont habitués à demander « il a un dessert ? » plutôt que « il y a quoi au dessert ? »)
  • Les gros plats de pâtes ou de riz, comme les pizzas, se font rares. Et ils sont du coup devenus des événements très appréciés des enfants. (« Maman est malade, trop bien ! On va manger des pâtes !!! »)
  • Le goûter est systématiquement composé de fruits (ou de légumes, cf plus bas) sauf les jours de fête où je prends plaisir à faire des gâteaux. (C’est fou comme les enfants prennent vite l’habitude manger des fruits quand il n’y a que ça !)
  • On privilégie les radis, les bâtonnets de carotte ou les olives à l’apéro plutôt que les chips ou les petits gâteaux d’apéritifs (qui accessoirement, sont vendus suremballés dans plusieurs épaisseurs de plastique-alu qui finissent à la poubelle). #zérodéchet
  • Je n’hésite pas à proposer des légumes à mes enfants au petit-dèj (un reste du plat plébiscité de la veille à réchauffer, par exemple ?) comme au goûter, quitte à bousculer les codes tartine-confiture-chocolat.
  • Et la viande, les produits laitiers et surtout, les céréales, ne sont là qu’en complément.

Résultat, c’est sans effort pour moi d’ingurgiter bien plus des 5 portions recommandées.

Côté mouvement, c’est pareil : dès que je peux cumuler une activité « obligatoire » avec du mouvement, je prends !

  • Je regarde la télé par terre dans le salon en faisant des étirements. Depuis le dernier déménagement, nous nous sommes séparés de nos canapés (c’est fou comme on est moins souvent assis quand on a pas de fauteuil dans lequel s’affaler), et nous nous asseyons sur des poufs, des coussins bas ou à même le sol. Résultat : chaque épisode de série est doublé d’une séance de stretching !

  • Je travaille sur ordinateur à genoux sur une table basse, assise par terre, allongée ou debout. Surtout, je varie le plus souvent possible ma position.
  • Je marche à pied et je fais du vélo dès que je peux (dans la mesure de mes possibilités suite à mon accident de ski, qui m’a obligé à revoir mes ambitions à la baisse temporairement), et j’enjoins (ok ok, j’oblige) mes enfants à faire de même. (Ma réponse type à la question « peux-tu venir me chercher ? » est désormais « peux-tu rentrer à pied ? ». Et ça marche !)
  • J’évite de m’asseoir dans les salles d’attente et j’utilise les files d’attente pour faire des exercices de périnée et d’équilibre discrets.
  • Je porte mes courses dans mes bras pour utiliser mes muscles plutôt que ceux du caddie (sauf pour les très gros pleins, hein, faut pas pousser mémé quand même). C’est souvent un excellent exercice d’équilibre, en plus.
  • Je m’accroupis pour cueillir des légumes sauvages (comme les orties) lors de mes randos et je m’étire pour cueillir des fruits sur les arbres ou buissons quand je peux. Ou j’envoie carrément les enfants manger leur goûter à même l’arbre. Deux pierres d’un coup.

  • Je marche pieds nus dès que je peux (parce que oui, il y a plein de muscles délaissés dans nos pieds aussi).
  • Je fais mon ménage en musique. La SHV, Serpillière à Haute Vitesse, est une activité cardio excellente (suffisamment proche du curling pour qu’on puisse créer une nouvelle discipline olympique, à mon avis) et faire les vitres muscle magnifiquement les épaules et les bras. #fautvoirlecôtépositif
  • Et j’essaie d’éviter au maximum la position assise (sachant qu’il y a tellement de chaises partout dans notre société pour que je me retrouve assise assez souvent malgré tout…).

Bref, dès que je peux bouger, je bouge.

Tout ça est un processus, bien sûr. Je change nos habitudes petit à petit, y compris parce que ça serait compliqué d’imposer brusquement ce genre de changement à mes enfants. Mais petit à petit, ça devient juste normal de vivre de cette manière.

Cette poêlée de petits pois est un parfait exemple de cette évolution. Au lieu d’ouvrir une boîte de petits pois ou de faire un plâtrée de spaghettis, j’achète des petits pois frais au marché, que j’arpente à pied en portant mes courses. Et comme c’est long à écosser, j’en profite pour faire autre chose en même temps : je m’asseois par terre et je fais des étirements, pendant que je regarde une série ou j’écoute un podcast. Si elles sont là, mes plus jeunes s’y mettent aussi avec plaisir (c’est tellement marrant d’écosser des petits pois quand on a 4 ans et c’est une activité de motricité fine qui n’a rien à envier à celles qu’elle fait à l’école !) et on passe un petit moment à discuter.

Si je peux caser une autre dose de verdure avec les petits pois, je n’hésite pas ! Cette fois, comme je me retrouvais avec les fanes d’une botte de radis suite à un pique-nique, je me suis dit que j’allais les utiliser aussi dans ma poêlée. Et quand j’ai trouvé au fond du frigo 4 petits radis fripés abandonnés à leur triste de sort depuis un peu trop longtemps pour être appétissants crus, j’ai décidé de les ajouter aussi à la poêlée.

Résultat, une poêlée de verdure fraiche et facile à faire (à défaut d’être rapide) qui m’a permis de nourrir nos corps de plein de façons différentes.

Ingrédients

  • 1 cc de saindoux (ou de graisse de canard ou de beurre clarifié)
  • 800g de petits pois à écosser
  • 2 petits oignons nouveaux, hachés
  • 3 radis (fripés ou pas), coupés en rondelles
  • les fanes d’une botte de radis, lavées, essorées et hachées grossièrement

Préparation

Écosser les petits pois, puis les faire cuire à la vapeur.

Faire fondre le saindoux dans une grande poêle. Ajouter les oignons hachés et faire revenir à feu doux pendant 10 minutes. Ajouter les petits pois cuits et les fanes de radis hachées et faire revenir le tout pendant 2 à 3 minutes.

Saler, poivrer, servir aussitôt.

Remarques

Quand je peux, j’aime profiter de la cuisson d’autres plats quand je fais cuire des légumes à la vapeur. Je place mon panier vapeur au dessus d’une casserole de bouillon ou de soupe pour profiter de la vapeur qui s’en dégage. Cela permet de réduire les couts d’énergie et cela donne également un bon petit goût aux légumes.

La dernière étape de ce plat étant rapide (10-15 minutes), c’est le genre de plat que je prépare en plusieurs étapes en fonction de mon emploi du temps et de mes disponibilités (et de mon énergie). J’écosse les petits pois un soir de semaine avec les filles, par exemple, puis je les cuis le lendemain soir (les petits pois, pas les filles, hein) alors que je prépare le repas, et j’assemble le plat complet le surlendemain. (On peut aussi faire tout d’un coup, bien sûr.)

Quiche de printemps aux orties, chèvre et bleu

La signature de l’acte de vente de notre nouvelle maison approche à grand pas (la banque nous a dit ouiiiiii !!) et la perspective de faire le plus gros virement que j’ai jamais fait de ma vie d’ici quelques jours me fait regarder d’un autre oeil nos finances, en ce moment. Et le léger stress (et par « léger », je veux dire « presque suffocant ») qui me monte à la gorge à l’idée de m’endetter pour la première fois sur une période aussi longue me donne une furieuse envie de faire des économies.

Économiser quelques centimes sur mon budget bouffe ne représentera certes pas grand chose face aux milliers d’euros de dette que je m’apprête à contracter, mais ça me donne au moins l’impression de reprendre le contrôle sur cet aspect de ma vie qui m’échappe un peu. Et ça, ça vaut de l’or !

Étant donné que j’achète exclusivement des produits frais, bios, de qualité et éthiques pour ma famille de 6 (dont 2 ados qui mangent comme 12), j’ai globalement un budget alimentation assez conséquent. Le fait que je cuisine tout moi-même et que j’achète le plus souvent possible direct au producteur permet de réduire un peu la facture, mais cela reste forcément un cran (ou 2, ou 10) plus cher que de se nourrir de conserves de raviolis achetées chez Lidl.

Comme c’est moi qui ai la main sur le budget alimentation (c’est mon « boulot » au sein de la famille de gérer la nourriture), je me suis dit que nos assiettes étaient un bon endroit pour démarrer l’effort de réduction budgétaire.

Le changement de saison est toujours propice à ce genre de changement d’habitudes alors depuis quelques semaines, je me suis mise en tête de :

  • réduire le nombre de fois où se retrouve à commander une pizza par flemme ou mauvaise organisation (ça nous arrive plus souvent que j’aimerais),
  • réduire la quantité de viande que l’on consomme (je n’ai pas pour objectif de devenir végétarienne, mais j’aimerais que la viande soit un accompagnement aux légumes plutôt que l’inverse),
  • réduire au maximum le gaspillage en utilisant tout (tout TOUT) ce qu’il y a dans mon frigo (les fanes, les restes, etc.),
  • consommer plus de produits issus de cueillette sauvage (qui sont bio, locaux ET gratuits).

En tête de peloton des légumes sauvages : l’ortie, une des rares plantes sauvages que je reconnais sans peine. En plus d’être (douloureusement) facile à reconnaître, elle est également facile à préparer, délicieuse, locale et gratuite. Que demande le peuple ? (Des gants pour la cueillir, peut-être ? Ah oui, ça doit être ça.)

Le goût est assez proche de celui de l’épinard, et elles peuvent s’utiliser de la même façon. Ici, j’en ai fait une quiche verte en l’associant avec des restes de fromage un peu rabougris trouvés au fond du frigo. Délicieux !

Ingrédients pour une quiche (4 à 6 personnes) :

Pour la pâte brisée :

  • 150 g de farine d’épeautre
  • 75 g de beurre froid
  • 1 petit verre d’eau

Pour l’appareil :

  • environ 300 g de feuilles d’orties
  • 4 oeufs fermiers
  • 150 g de yaourt de brebis crémeux
  • 100 g environ de fromages divers coupés en tous petits dés
  • 1 petit verre d’eau (en option, voir remarques)
  • sel, poivre

Préparation

Préchauffer le four à 185° C.

Rincer les feuilles d’orties et les placer dans le fond d’une grand casserole avec un peu d’eau. Faire fondre à feu moyen, laisser refroidir puis hacher très grossièrement au couteau.

Dans un cul de poule, malaxer du bout des doigts la farine et le beurre coupé en morceaux jusqu’à former une préparation ressemblant à du sable grossier. Ajouter un peu d’eau et mélanger jusqu’à former une pâte souple et non collante.

Fariner le plan de travail, étaler la pâte au rouleau et foncer un grand moule à tarte.

Dans un saladier, battre les oeufs avec le yaourt et l’eau. Saler et poivrer. Y ajouter les orties cuites hachées et le fromage en dés. Verser dans le moule à tarte et enfourner pendant environ 50 minutes.

La quiche est cuite quand l’appareil est gonflé et bien doré.

Remarques

Maintenant que la saison est déjà bien avancée et que les orties sont bien hautes dans le jardin, je cueille uniquement le petit bouquet de 4 ou 5 feuilles en haut (oui, avec des gants). Plus tôt dans la saison, on peut consommer toutes les feuilles car elles sont encore tendres.

(Attention à ne pas cueillir tes orties au bord d’une route ni à côté d’un pâturage d’ovins ou de bovins pour éviter les risques liés à la pollution automobile et aux parasites.)

J’ai utilisé un mélange de fromages de chèvre (principalement du Picodon) et de brebis (du Bleu d’Auvergne) qui me restaient d’un plateau de fromage, mais si j’avais acheté du fromage spécialement pour cette quiche, j’aurais opté pour le bleu, qui s’associe parfaitement avec les orties.

La crème fraiche et le lait de vache ne sont pas faciles à trouver localement, et encore moins dans des contenants en verre. Du coup, je les remplace en général par du yaourt de brebis, qu’accessoirement je digère mieux vu que les gentilles bactéries du yaourt ont fait une bonne partie du travail à ma place.

J’ajoute de l’eau à mon appareil car ce yaourt est très (très !) crémeux et épais. A toi de voir si tu en as besoin en fonction de la consistance de ton yaourt. L’idée c’est que le mélange yaourt + eau ait la consistance d’un lait un peu épais et que l’appareil reste crémeux. N’hésite pas à augmenter un peu la quantité de yaourt si besoin.

 

Objectif zéro-déchet : petit bilan

Après avoir lu le livre de Susan Strasser sur l’histoire du ménage dont je te parlais l’autre jour, j’ai été intriguée par le titre d’un de ses autres livres, concernant l’histoire des déchets : Waste and Want: A Social History of Trash.

(Oui, je suis le genre à lire des livres d’histoire sur des sujets obscurs juste pour le plaisir.)

Le sujet m’a tellement passionnée que dans la foulée, j’ai dévoré Garbology: Our Dirty Love Affair with Trash, de Edward Humes, et Zéro Déchet, de Bea Johnson.

Une révélation.

Tu l’as peut-être deviné à la lecture de ce blog, je suis ce qu’on définit généralement comme une « écolo ». Je mange bio, je consomme local, je recycle, je profite des circuits courts, j’utilise des produits de ménage écolo… Mais à la lecture de ces livres, je me suis rendue compte qu’un pan entier de mon mode de vie était complètement resté hors de ma conscience : le contenu (trop important !!) de ma poubelle.

En lisant, j’ai enfin ouvert les yeux sur la quantité incroyable d’objets qui rentre chez moi pour en ressortir aussitôt via le camion poubelle. Et sur le fait que la très grande majorité de ces produits ne m’apporte aucune satisfaction.

Alors pourquoi ne pas m’en passer ? Prenant exemple sur Bea Johnson, je suis partie en guerre contre les déchets inutiles avec son modèle en 5 étapes : refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter.

Refuser

Cette étape est la plus difficile, je trouve, car elle va à l’encontre de plusieurs principes de base de notre société, notamment la politesse (refuser un cadeau) et la propreté (« Ah bon ? Vous ne voulez pas de papier autour de votre baguette ? Ok, mais ce n’est pas très hygiénique quand même… »).

Rien que refuser un sac en plastique à la caisse est parfois source de micro-conflit (« j’ai commandé plein de sacs en papier, vous savez, je respecte la loi, mais il faut bien que je termine ceux-ci, quand même !! »). Alors refuser le petit parasol en papier offert aux enfants par un gentil restaurateur, ou la carte de visite du prestataire très sympathique que cela pourrait vexer, ou encore les jouets en plastique arrivés dans les bras d’invités attentionnés, c’est bien plus délicat. Hier encore, une invitée est arrivée avec une barquette en plastique remplie de fraises. Je n’allais pas lui rendre sa barquette sous prétexte que « désolée, je réduis mes déchets » !!

Bref, j’essaie de ne pas en faire un sujet de militantisme. Mon objectif est de changer mon mode de vie, pas de froisser inutilement les gens de mon entourage. J’y vais petit à petit en essayant d’être la plus bienveillante et respectueuse possible. Pas toujours évident, donc.

Réduire

Bien plus amusante et facile que la première étape, celle-ci ! Moi qui ai toujours aimé nettoyer par le vide, je prends beaucoup de plaisir à réduire la quantité de vêtements qui encombrent mon dressing, le nombre de produits de beauté qui surchargent ma salle de bain, le nombre d’outils de cuisine pas vraiment utiles qui m’empêchent de localiser celui dont j’ai besoin sur le moment, etc.

Et les bénéfices sont multiples : moins de ménage, moins de lessive, moins de temps passé à chercher un produit caché au fond d’un placard surchargé d’objets inutiles… Et plus d’argent disponible, aussi !

Par exemple, nous avons choisi d’acheter une petite maison (relativement petite, du moins, car nous sommes quand même 6 + un chien). L’alternative était de payer 2 fois plus cher simplement pour pouvoir stocker tous les objets que nous possédons aujourd’hui, une grande partie desquels nous ne nous servons jamais ou presque.

C’est une contrainte maintenant, certes, à l’heure où il faut que je me sépare de la moitié de nos possessions pour que tout rentre dans notre nouveau chez-nous. Mais c’est une contrainte positive, qui me permet de faire le tri entre l’essentiel et le superflu. Et qui accessoirement, nous empêchera aussi d’acheter de nouvelles choses inutiles qui finiront à la poubelle à l’avenir. Tout bénèf.

Réutiliser

J’étais déjà adepte des couches lavables et autres lingettes pour bébé réutilisables, mais là, je suis passée à l’étape supérieure. Nous utilisons désormais :

  • du sopalin lavable (dans l’ancien temps, on appelait ça des « chiffons »… mais c’est soooo 1935),
  • des serviettes en tissu (avec des ronds de serviette pour limiter la quantité de lessive),
  • des mouchoirs en tissu (non, ce n’est pas plus dégueu que ceux en papier, on les lave aussi souvent qu’on jetait les anciens, et bonus, ça fait moins mal au nez !),
  • des sacs de course en filet (les mêmes que ma grand-mère, ils sont ultra-pratiques !),
  • des sachets pour légumes en tissu (en photo ci-dessous),
  • des gourdes en inox,
  • des « tupperware » en verre.

Je fais également mes courses dans le rayon « vrac » des magasins bio pour éviter le plus d’emballages possibles (car quand on y pense, les emballages sont aussi des produits à usage unique, qui ne servent que pour le transport d’un seul aliment du lieu de production vers chez toi) et j’achète les yaourts dans des pots en verre consignés.

Pour le moment, j’ai trouvé des solutions « sans emballage » pour la plupart de mes produits quotidiens. Un des seuls produits pour lequel je n’ai pas encore trouvé de solution, c’est la viande. La plupart des petits producteurs que j’aime bien (ceux qui élèvent leurs animaux correctement, les seuls à qui j’ai envie d’acheter de la viande) vendent leurs produits emballés sous-vide. A suivre, donc.

Recycler

Cette étape faisait déjà partie de notre quotidien avant, mais désormais, je fais attention à ce que je recycle. J’ai été choquée d’apprendre que le plastique ne se recycle qu’une ou deux fois, au contraire du verre qui se recycle à l’infini.

Je choisis donc de préférence des contenants en verre, et de préférence consignés (la réutilisation directe étant préférable au recyclage, bien plus gourmand en énergie). Et j’évite comme la peste les aliments emballés dans du plastique.

(J’avoue qu’à ce stade, c’est devenu presque douloureux d’aller faire des courses dans un hypermarché. La montagne de produits suremballés dans du plastique — pour la plupart non recylable, d’ailleurs — qui peuple les rayons me donne carrément le tournis…)

Composter

J’ai installé un bac à compost dans le jardin (construit avec mon mari à partir de bois de récup) et piqué le grand contenant de ce que nous appelions avant « la poubelle normale » pour y entreposer les déchets compostables. L’intention étant de composter plus que de jeter, il fallait un contenant plus grand pour le compost que pour le reste.

Dans la foulée, j’ai également libellé le nouveau bac à poubelle avec le mot « décharge » (car il n’y a rien de « normale » dans cette poubelle, finalement), ce qui a permis une discussion intéressante avec mes enfants sur la destination finale de nos déchets non recyclables ni compostables. Discussion très utile pour les rallier au projet, au passage !

Aujourd’hui, je pense que la moitié de nos déchets partent directement dans le bac à compost, y compris les déchets d’origine animale. Dans la nouvelle maison, j’ai pour projet de donner les déchets de nourriture à nos poules et me mettre à composter d’autres déchets (mouchoirs en papier, papiers kraft, crottes de chien, brosses à dents en bois, etc.) dans un tas séparé de fumier, non utilisé pour faire pousser mes légumes, rapport aux bactéries toussa toussa.

Bénéfice secondaire : comme tout ce qui est humide est composté, je n’ai plus besoin d’utiliser de sacs poubelle dans la poubelle « décharge ». Deux pierre d’un coup.

Globalement, ces gestes ne me demandent pas plus d’énergie que ce que je faisais auparavant. En revanche, cela me demande d’être plus organisée et prévoyante. Par exemple, il me faut toujours avoir une gourde sur moi pour éviter que la grosse soif soudaine de la petite dernière ne se transforme en l’achat d’une bouteille d’eau en plastique. Ou toujours prévoir un sachet en tissu dans mon sac pour que je puisse acheter un croissant sur le pouce sans me retrouver avec un sachet en papier (qui ne servira que 3 minutes, le temps que je sorte de la boulangerie et que j’engloutisse le tout !!).

J’avais peur que les gens me regardent un peu bizarrement, mais finalement, je rencontre bien moins d’étonnement que ce que craignais. Les temps changent, peut-être… ?

« Faire soi-même » : un remède à la surconsommation ?

Je crois que ça a commencé avec la Petite Maison dans la Prairie. (En France, on connait surtout la série télévisée, mais la série de romans, qui raconte avec beaucoup de détail le quotidien des pionniers américains à la fin du 19ème siècle, est autrement plus intéressante.)

Petite, j’étais fascinée par l’idée qu’on puisse fabriquer soi-même tout ce dont on aurait besoin pour vivre. Enfant de CSP+ dans les années 80, j’avais accès à tous les biens matériels que je voulais, mais il me manquait pourtant toujours quelque chose : une plus jolie trousse, un nouveau sac de billes… L’idée de pouvoir créer tout ce que je voulais me semblait hautement pratique, tout en étant terriblement romantique.

Adulte, j’ai toujours trouvé plus de satisfaction dans des activités où je « faisais moi-même ». Faire mes yaourts. Allaiter au sein. Tricoter ma layette. Pétrir mon pain. Créer mon propre site internet. Inventer des jeux pour enfants. Cuisiner des repas à partir de produits frais.

Et pendant longtemps, j’ai trouvé ça un peu bizarre. J’en avais même un peu honte, j’avoue, comme si cette envie n’était que la manifestation d’un égo sur-dimensionné qui aurait à tout prix besoin de se mettre en avant en disant « c’est moi qui l’ai fait ! »

Quelle idée de m’embêter à faire quelque chose moi-même quand il suffit d’aller chez Carrefour pour que chacun de mes besoins soient satisfaits ? Et pourquoi étions-nous si nombreux à passer notre temps à « faire nous-même » alors que c’était désormais totalement inutile ? (Cuisine, loisirs créatifs, bricolage, la tendance est la même partout.)

Aujourd’hui, je suis convaincue que créer et produire du concret fait partie de mes besoins fondamentaux.

Dernièrement, en lisant Never Done: A History of American Housework, un livre sur l’histoire des tâches ménagères aux USA (qui, d’ailleurs, cite à plusieurs reprises Laura Ingalls Wilder, l’auteur de la Petite Maison dans la Prairie), cela m’a paru évident. La femme au foyer d’antant n’était pas une simple ménagère consommatrice. Elle était une actrice essentielle du foyer qui exerçait une activité de création artisanale de tous instants : tissage et couture de vêtements et linge de maison ; élevage d’animaux de la basse-cour ; fabrication de tapis, poteries, savons et bougies ; cuisine ; mise en conserves ; création de remèdes médicinaux ; culture du potager…

Aujourd’hui, tous ces rôles sont remplis par des personnes tierces dont c’est le métier. Et notre rôle principal (du moins, tel qu’il nous est donné à voir par la publicité, les magazines, les blogs…), c’est de savoir bien « shopper » : naviguer l’océan de marketing pour dénicher les produits indispensables (ou pas) à notre survie, que d’autres ont créé pour nous. Sauf que la seule consommation ne permet pas de combler notre besoin de création. Et comme nombre d’entre nous exerçons des activités professionnelles soit trop abstraites soit trop spécialisées qui ne nous permettent pas de créer un produit fini et d’en tirer pleine satisfaction, il nous reste les innombrables loisirs créatifs pour combler ce besoin.

Loin de moi l’idée de prendre une époque révolue comme modèle exclusif. Je n’ai aucunement envie de revenir à la bougie, ni d’abandonner Internet, ni de faire la lessive à la main juste pour pouvoir dire « je l’ai fait moi-même » ! Je parle de femme au foyer parce que c’était l’objet de ce livre, mais je pense que ça s’applique à la plupart des humains modernes qu’ils soient hommes ou femmes. Il ne s’agit pas de revenir à un partage des tâches rigides et prédéterminé entre hommes et femmes ni de devenir Amish.

Mais je suis convaincue qu’il y a une insatisfaction intrinsèque dans le modèle de la consommation à outrance dans lequel nous vivons : il y a toujours quelque chose de plus beau, de plus neuf, de plus trendy à acheter. Lorsque le plaisir découle d’un achat, il ne peut être qu’éphémère, surtout à l’époque de la fast fashion et de l’obsolescence programmée. Il faut toujours plus de choses, toujours plus d’argent.

Et quand je constate l’insatisfaction chronique de ma vie de consommatrice et que je la compare avec le plaisir simple et la satisfaction immense de m’essuyer les mains sur un torchon fait-maison avant de déguster une quiche faite maison avec les légumes du jardin, je me dis que peut-être, peut-être, la mode du faire soi-même pourrait être un des remèdes à la surconsommation qui pose tant de problèmes éthiques et écologiques.

Consommer moins, créer plus. C’est mon objectif, en tous cas.

Anne, 4 enfants, je partage ici mes aventures ardéchoises. Au programme : cuisine locale et de saison, projets DIY, réflexions sur l’écologie… En savoir plus…

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