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Quoi de neuf à la ferme en décembre ?

En décembre, on planté beaucoup beaucoup d’arbres fruitiers, perdu la moitié de notre cheptel de poules, démarré la construction d’un parc pour protéger les poules qui restent, trouvé un vieux captage et plein d’autres choses !

Ci-dessous le texte intégral de la vidéo :

Hello, hello !

C’est parti pour une nouvelle vidéo « Quoi de neuf à la ferme en décembre » !

Ce mois-ci, on a eu un temps de fin d’automne tout à fait attendu. Des températures assez froides mais peu de gel, pas mal de vent mais pas de neige. Et beaucoup de soleil et de jolie lumière.

Du coup, j’ai passé beaucoup de temps dehors. Tout d’abord, j’ai préparé des planches de culture pour le printemps prochain. J’ai aéré la terre avec une fourche bêche et enlevé un maximum de cailloux avant de repailler. Vraiment beaucoup beaucoup de cailloux.

J’ai aussi récolté une quantité assez impressionnante d’hélianthis sachant que j’avais mis en terre 5 misérables bouts de rhizomes au printemps dernier ! Une des meilleures réussites du potager 2018, à refaire l’année prochaine, surtout que l’hélianthi a en plus fait un super boulot d’aération de la terre.

Sinon ce mois-ci, nous avons perdu pas moins de 5 poules sur notre petit cheptel de 11 ! Elles partaient se balader toutes ensemble dans la forêt le matin, comme elles font depuis plus d’un an sans aucun problème, mais de temps en temps, il en manquait une à l’appel le soir. Puis une autre, puis une autre.

Ces 50% de pertes d’un coup ont vaincu ma résistance à parquer les poules, puisque c’est pour leur sécurité. Nous avons défini un périmètre autour de leur poulailler, à l’arrière de la maison, assez vaste pour apaiser ma conscience qui, malgré tout, rechigne toujours à l’idée d’enfermer ces animaux.

Notre objectif est de créer deux lignes grillagées le long des chemins, qu’on reliera ensuite avec des filets à poule électrifiés. L’idée est de créer un espace modulable, d’une part, et surtout un espace qu’on pourra facilement démanteler le jour où les pelleteuses reviendront pour s’occuper de reboucher le gros trou ou, encore mieux, le transformer en un étang, puisque c’est pas là qu’ils devront passer.

Sébastien a ensuite coupé les quelques arbres qui étaient sur le tracé du haut et commencé à y planter les piquets que j’avais acheté l’année dernière. De mon côté, j’ai débroussaillé le tracé du bas pour faire de la place à d’autres piquets.

Avec ma débroussailleuse, j’ai aussi créé des chemins et des espaces pour planter de nouveaux arbres, ceux que j’avais commandé en début d’automne. Et j’ai bien fait de prendre de l’avance, parce qu’à cause des blocages des gilets jaunes et des commandes de Noël plus importantes que d’habitude, mes colis d’arbres sont arrivés largement en retard sur ce qui était prévu au départ.

Au lieu de disposer d’une bonne semaine pour planter la soixantaine d’arbres que j’avais commandé, je n’ai eu finalement que 3 jours avant de devoir partir pour fêter Noël en famille ! Sébastien et moi avons travaillé d’arrache-pied pendant ces 3 jours et nous avons réussi à planter tous les arbres en racines nues ainsi qu’une bonne partie des autres. Il en reste malgré tout un peu plus d’une dizaine qui nous attend. Du boulot pour le mois prochain !

On a également construit un deuxième composteur à toilettes sèches, le premier étant déjà rempli. On a réparé la porte du poulailler qui ne fonctionnait plus très bien. Et surtout, on a créé un nouveau chemin pour accéder à la partie arrière du terrain. On a pu explorer cette zone davantage, du coup, un peu plus facilement que cet été puisque la broussaille avait été écrasée par la grosse neige de fin octobre.

Et au bout de ce chemin, on a trouvé… une vieille source ! Au fin fond de notre terrain, dans une combe, un vieux captage en béton, visiblement inutilisé depuis des années. Pas vraiment d’eau à l’intérieur, mais peut-être qu’il suffirait de creuser pour trouver de l’eau… à suivre. En tous cas, c’était une bonne surprise qui nous a rajouté une option supplémentaire dans la liste de solutions possibles à notre problème d’eau. Je t’en reparlerai de tout ça d’ici quelques mois, quand ces options se seront définitivement transformées en solutions.

Enfin, bien sûr, on a décoré la maison pour Noël, avec de jolies lumières à l’extérieur et un sapin récolté sur le terrain pour donner le ton à l’intérieur. Et avec l’arrivée des fêtes, on s’est projeté avec pas mal d’impatience dans la nouvelle année, qui s’annonce déjà bien remplie de projets en tous genres.

Voilà les news pour ce mois-ci. Je te dis à bientôt et je reviens le mois prochain pour une nouvelle vidéo !

Ciao !

Comment planter 30 arbres en 3 jours

L’année dernière, j’avais acheté à des pépiniéristes locaux les quelques arbres et arbustes que j’avais planté : pommiers, cassis, framboises, etc.

Mais cette année, la plupart des arbres que je cherchais sont du genre original et rare : asiminier, pacanier, arbre aux gousses bleues, plaqueminier, etc. Comme ces arbres originaux ne sont pas dispos localement, j’ai dû commander en ligne la très grande majorité des nouvelles additions à notre jardin-forêt.

Après avoir longuement fait le tour des différentes pépinières, j’ai fini par commander chez :

J’ai choisi ces vendeurs principalement parce que c’est quasiment les seuls qui vendent les arbres rares que je cherchais, et pour certains, j’en avais entendu du bien (ou en tous cas pas de mal) ici et là, dans la communauté permacole en ligne.

J’ai commandé chez plusieurs pépiniéristes pour ne pas (littéralement !) mettre tous mes arbres dans le même panier. Je me disais aussi que ça permettrait d’échelonner un peu les arrivages et qu’ainsi je ne me retrouverais pas à planter 88 arbres le même jour.

(Ci-dessus, le paquet d’arbre commandés chez Permafruit.)

Bien vu. Le mois dernier, j’ai reçu et planté une première vague d’arbres. J’en avais reçu une trentaine environ, tous en pot et arrivés en deux fois. Comme prévu, j’ai réussi à étaler la plantation sur presque trois semaines. (Les arbres en pot peuvent attendre un peu sans crainte qu’ils s’abîment, du moment qu’on les met à l’abri du gel et qu’on les arrose si besoin, alors que les arbres en racines nues doivent être plantés le plus rapidement possible.)

1 ou 2 arbres par jour en moyenne. Tranquillou.

Ce mois-ci, en revanche, moins bien vu : mes deux dernières commandes sont arrivées le même jour, avec entre autres 30 arbres en racines nues. En plus, à cause des blocages des gilets jaunes et des commandes de Noël plus importantes que d’habitude, les livreurs étaient débordés et mes colis d’arbres sont arrivés en retard.

Ce qui fait qu’au lieu de disposer d’une bonne semaine, je dois planter 30 arbres en 3 jours seulement. (Oui, parce que dans quelques jours… que dis-je, dans quelques heures !, un autre marathon démarre : celui de Noël !)

Au soir du 2ème jour, je te rassure : dix arbres par jour, c’est faisable. Certes, j’ai dû décréter que les vacances scolaires étaient arrivées avec quelques jours d’avance pour pouvoir y consacrer aussi mes matinées. J’ai dû accepter de fêter le réveillon de Noël avec quelques courbatures. J’ai aussi embauché de force mari et ados pour me soulager un peu et je n’hésiterai pas à soudoyer petits et grands avec des chocolats de Noël. Il faut ce qu’il faut.

Mais c’est faisable.

Heureusement que je peux faire des petites pauses entre deux arbres pour voir la lune se lever. Il n’y a rien de tel pour oublier la fatigue…

Notre école à la maison : de plus en plus inspirée par la pédagogie Charlotte Mason

L’année dernière, je te disais qu’on faisait peu d’instruction formelle et qu’on pratiquait « l’unschooling ». Ce n’est plus tout à fait vrai.

En fait, depuis le début, j’envisage mon rôle dans l’éducation de mes enfants de la même manière que celui concernant leur alimentation. Comme tout le monde, je souhaite que mes enfants apprécient toutes sortes de mets, qu’ils mangent équilibré, qu’ils sachent cuisiner au moins quelques plats de base et qu’ils puissent se tenir à table correctement.

Alors j’essaie de leur montrer l’exemple en mangeant correctement et en leur proposant une grande variété de plats. Inciter à goûter, oui, mais jamais forcer. Leur montrer à quel point j’apprécie tel ou tel aliment avec enthousiasme. Eviter le junk food à la maison pour ne pas les tenter, tout en leur proposant autre chose de délicieux à la place. Leur montrer l’exemple en cuisinant souvent et leur déléguer la préparation de quelques repas.

De même, j’aimerais que mes enfants aient une culture générale étendue, qu’ils soient curieux de toutes sortes de sujets variés, qu’ils aient au moins les connaissances de base en mathématiques et français et qu’ils sachent s’exprimer correctement et logiquement, à l’oral comme à l’écrit.

Côté école, j’envisage donc mon rôle exactement de la même façon que pour la nourriture : leur présenter plein de sujets différents, inciter à tester mais ne jamais forcer, leur communiquer mon enthousiasme pour différentes matières, limiter les temps d’écran bouffe-temps tout en leur proposant d’autres activités intéressantes, et leur montrer l’exemple d’apprentissages variés, de curiosité insatiable et de beaucoup beaucoup de lectures.

Et quand j’ai découvert la pédagogie Charlotte Mason, j’ai tout de suite été séduite. Notre rôle d’éducateur, selon elle ? « Étaler un festin abondant et délicat dans les programmes et laisser chaque petit hôte assimiler ce qui lui convient. » Exactement. Nourrir l’esprit comme on nourrit le corps. Ça, ça me parle bien !

L’année dernière, j’ai testé plusieurs idées issues de cette pédagogie et j’ai été surprise à chaque fois que mes filles soient si réceptives. Qui l’eut crû, par exemple, que deux petites filles de 4 et 8 ans adoreraient étudier l’oeuvre de Salvador DalÍ ?

Depuis la rentrée, j’ai donc infusé de plus en plus d’idées Charlotte Mason dans notre programme quotidien, qui s’est peu à peu complètement transformé. Aujourd’hui, il ressemble plutôt à ça :

Une structure à base d’habitudes et de routines

Chaque jour ressemble un peu au précédent, chez nous. Pas besoin de se poser de questions, nous avons mis en place une petite routine qui roule toute seule facilement :

  • Un « English Breakfast ». À l’heure du petit-dèj, je me transforme soudainement en « American Mom » qui, comme chacun le sait, ne sait malheureusement pas parler français (sorry !). Je dois donc faire moult mimes et langage des signes pour que les enfants me comprennent, c’est assez cocasse !
  • Une séquence « école » quotidienne (oui, on fait aussi souvent école le weekend), juste après le petit dej et souvent en pyjamas. La veille, j’écris le programme du jour dans le « cahier de la directrice », on fait, on coche. La grande majorité de notre école est faite ensemble à base de lectures à haute voix. J’y reviendrai un peu plus bas.
  • Deux moments de rangement quotidiens. Jusqu’à il y a peu, j’avais l’impression de passer ma vie à essayer de remettre en ordre le tsunami de bordel permanent déchaîné dans la maison par mes enfants. D’autant plus que le niveau de bazar a nettement empiré depuis que les filles sont à la maison tous les jours, tout le temps. Forcément. De tout ça découlait une impression d’échec domestique permanent et je m’épuisais de vivre sans arrêt dans le bordel, et en pyjamas. Désormais, on s’habille le matin et on range le bazar le soir. Révolutionnaire, non ? Oui je sais, ça paraît tout bête. Tellement tout bête que je me demande bien pourquoi j’ai attendu 20 ans pour mettre ça en place parce que ça a changé ma vie. Vraiment.
  • Une après-midi de jeu libre, avec ou sans copines.
  • Un moment dédié aux écrans en tous genres, en fin d’après-midi. (Oui, tu l’as deviné, après le rangement du soir. Une carotte pour faire les trucs les moins fun, ça aide toujours !) J’ai téléchargé quelques jeux éducatifs (mais ludiques), nous sommes abonnés à Bayam et elles peuvent envoyer des messages à leurs cousines et amies. Pas d’accès libre à Youtube ni Netflix, toutefois.

À titre personnel, je suis plutôt du genre pas-structurée-pour-un-sou-qui-a-juste-envie-de-faire-ce-qu’elle-a-envie-de-faire-quand-elle-a-envie-de-le-faire alors suivre cette routine au quotidien pour montrer l’exemple aux enfants me demande énormément d’efforts. C’est même probablement ce qu’il y a de plus difficile pour moi dans nos journées d’école. (C’est dire à quel point je suis bordélique de nature !)

Mais quand je vois à quel point c’est utile, pour moi comme pour mes enfants, j’ai envie de persévérer ! (Une maison rangée tous les jours ! Plus de demandes incessantes pour utiliser la tablette en journée ! Plus de négociations interminables pour savoir qui débarrasse la table ou quand est-ce qu’on doit sortir le compost ! C’est magique !)

Un programme à base de lectures à haute voix et de « living books »

Charlotte Mason recommandait d’utiliser des « livres vivants », c’est à dire des « ouvrages beaux et bien écrits, qui enseignent sur la vie, les valeurs morales et le dépassement de soi. » comme l’explique le blog Petits Homeschoolers (qui en passant propose une liste assez fournie de ce genre de livres). « La plupart du temps ils apportent des connaissances d’une manière engagée et amusante. Écrits par un auteur passionné par le sujet, ils ont une ‘âme’. »

Bref, de bons livres qui donnent envie de lire. (Contrairement à la plupart des manuels scolaires, il faut bien l’avouer.)

En ce moment, par exemple, nous lisons :

  • Naissance d’une cité romaine, de David Macaulay (1 à 3 pages par jour) : un livre génial qui raconte les techniques de construction et le mode de vie des anciens Romains à l’aide de dessins qui sont à la fois très simples à comprendre et extrêmement détaillés.
  • Le petit Monde de Charlotte, de E.-B. White (1 chapitre par jour) : un petit roman de débutant tout mignon qui permet de démarrer des discussions sur des thèmes comme la vie, la mort, le végétarisme, l’amitié, le courage, etc.
  • Harry Potter à l’école des sorciers, de J.K. Rowlings (une dizaine de pages par jour car les chapitres sont loooongs !) : faut-il présenter ce livre ? Ma grande n’ose pas encore lire de gros pavés comme celui-ci toute seule, alors le fait de le lire ensemble permet d’en dédramatiser la lecture et d’aborder plein de nouveau vocabulaire. Sans compter les discussions intéressantes que ça suscite, par exemple sur les mauvais traitements faits aux enfants.
  • Un ou deux albums sur des thèmes très variés, en fonction de ce que je trouve à la bibliothèque et des thèmes qu’on aborde par ailleurs. Un exemple de ce matin : La dame des livres, de Heather Henson, illustré par David Small. Un album émouvant qui raconte l’histoire des « Pack horse librarians », ces bibliothécaires itinérantes du Kentucky des années 1930. Un peu de géo, un peu d’histoire, et une belle leçon de vie, le tout avec une oeuvre de d’art sur les genoux : j’adore !
  • Les aventures de Tom Sawyer, de Mark Twain, sous forme de livre audio lorsque nous sommes en voiture, en route vers une activité.

Un curriculum très varié

Nous étudions plein de sujets, un ou deux chaque jour en plus de nos lectures. Par exemple :

  • Les mathématiques. Nous apprenons les tables de multiplications à l’aide de chansons (« Les tables de multiplications », sur Spotify), faisons des exercices dans des cahiers (elles adorent ça toutes les deux, va comprendre) et suivons aussi les cours de maths (super bien faits !) sur Khan Academy.
  • Les sciences. Nous regardons beaucoup (beaucoup !) d’épisodes de C’est pas sorcier. Nous faisons aussi des petites séquences d’étude sur un animal en particulier (une vidéo regardée ensemble puis un coloriage collé dans le cahier, par exemple, ou encore un album lu ensemble et un résumé écrit dans le cahier).
  • Le français. En plus des lectures à haute voix quotidiennes, nous faisons de rapides dictées (2 ou 3 phrases max) qui permettent d’aborder des règles d’orthographe et de grammaire.
  • L’histoire des arts. Nous faisons toujours le jeu de l’artiste, avec Gauguin cette fois.
  • La géographie. Nous faisons de très courts quizz de géographie sur carte (nommer les pays d’Europe sur une carte vierge en 3 minutes, par exemple), ou encore lisons un album ayant pour contexte un pays particulier qu’on situe ensuite sur une mappemonde.
  • La poésie. Nous lisons une poésie chaque jour, juste pour le plaisir d’écouter des jolis mots (même si on ne comprends pas toujours tout !). Et de temps en temps, nous en apprenons une par coeur ou nous la copions dans le cahier pour ensuite l’illustrer. Nous écoutons aussi les fables de La Fontaine en voiture, sous forme de livre audio.
  • Le dessin ou la peinture. Elles pratiquent de leur côté lorsqu’elles en ont envie, l’après-midi ou pendant nos lectures, mais je leur montre parfois des techniques spécifiques à l’aide d’une vidéo ou d’un livre.
  • La musique. Les filles assistent à un cours de piano une semaine sur deux et ma grande s’entraine seule de temps en temps à la maison. J’essaie aussi en ce moment de mettre en place un moment de « chorale familiale » où nous chantons tous ensemble, mais ce n’est pas encore gagné. À suivre !
  • La danse. J’ai acheté des billets pour plusieurs spectacles de danse à Valence cette année et nous avons regardé pas plus tard qu’hier le ballet Casse-noisette de Tchaïkovski sur Netflix.

Ça peut paraître énorme, comme programme (surtout que je pourrais continuer la liste et parler de mythologie, du cahier de vie, …), mais les séquences sont très courtes et toujours ludiques.

Et surtout : je ne fais que proposer. Je fais une liste des suggestions du jour dans un petit carnet (qui a été surnommé « le cahier de la directrice ») et une des filles est chargée de diriger les apprentissages et de cocher ce qu’on a fait au fur et à mesure.

Si elles n’ont pas envie de faire une activité ou d’aborder un sujet, je n’insiste pas, mais j’y reviens quelques jours, semaines ou mois plus tard, éventuellement sous une autre forme. Exactement comme je ferais, finalement, si j’essayais de faire aimer la châtaine à une enfant qui n’est pas (encore) fan.

Nous passons 2 heures par jour grand maximum à faire l’école, et toujours dans la bonne humeur. D’ailleurs, je me focalise plus sur l’ambiance qui se dégage de ces moments que sur les apprentissages eux-mêmes. Mon objectif principal est que nous passions un bon moment ensemble et seulement accessoirement, que nous apprenions des choses.

Et pour le moment, ça marche ! Pourvu que ça dure !

Bilan de la première saison au potager

Fin novembre, c’est le moment de faire le bilan de cette première saison côté récoltes. Qui clairement, n’est pas super positif. On ne peut pas dire qu’on a croulé sous les légumes.

Ah ça, non !

Les radis sont les seuls légumes qu’on a récolté par dizaines. Les autres légumes se comptent plutôt en unités, voire sur les doigts d’une seule main, comme les courges.

Ou devrais-je dire : LA courge.

Oui, parce que je n’ai récolté qu’une seule courge. Heureusement qu’elle était grosse, pour compenser !

Ah non.

Bref. Le bilan n’est pas hyper positif si on compte uniquement en terme de nombre de légumes récoltés.

Mais même si j’ai eu quelques moments de déception et de découragement cet été quand les résultats de mes semis et plantations n’étaient pas au rendez-vous, je reste optimiste et je garde le cap sur l’objectif que je m’étais fixée au départ, à savoir produire au moins la moitié des fruits et légumes qu’on consomme d’ici 3 ans. Il me reste du temps et comme je partais de strictement rien en termes de connaissances, de matériel et d’expérience, je trouve normal que ça n’arrive pas tout de suite. Je le vis bien.

D’autant plus que je me sens bien plus confiante pour aborder la nouvelle saison. Car si on inclut les apprentissages que j’ai fait cet été dans le bilan des récoltes, là ça devient nettement plus intéressant !

Leçon numéro 1 : Eloigner les poules du potager. Laisser picorer des poules omnivores constamment affamée à côté de mes pieds de tomates et mes semis de laitue ? Mauvaise idée !

Leçon numéro 2 : Planter des légumes là où il y a suffisamment de terre. Placer le potager sur le haut d’une pente où la terre est certes fertile mais profonde de 10 centimètres seulement ? Mauvaise idée !

Leçon numéro 3 : Créer des plaines artificielles en aménageant des terrasses. Planter des légumes sur le flanc d’une colline abrupte qui laisse dévaler le peu d’eau qui tombe du ciel ? Mauvaise idée !

Tout ça me parait complètement évident maintenant, bien sûr. Je me demande même comment j’ai pu penser récolter quoi que ce soit en semant mes graines sur 10 centimètres de terre, en pente et au milieu des poules. M’enfin, ça te montre bien à quel point je partais de loin !

Heureusement, seules les plantes annuelles ont souffert de mon inexpérience. Quasiment tous les arbres et arbustes vivaces que j’ai planté cette année ont survécu. Sur une vingtaine planté, j’en ai perdu 2, un pied de myrtille et un de canneberge, tous deux morts desséchés après 4 mois de canicule parce que je les avais plantés sur la berme d’une baissière, en plein soleil. (Ce qui aurait peut-être été une bonne idée dans un sol très argileux, mais dans mon sol sablonneux-limoneux très drainant et avec la sécheresse de cet été, ce n’était pas l’idée du siècle.)

Certains de mes arbustes ont même déjà produit ! Oui oui ! Et quelle production !

Récolte totale 2018 : 4 myrtilles. 😂😂😂

Publiée par De la terre à la vie sur Samedi 28 juillet 2018

Ok ok, c’est de la toute toute petite récolte. Mais il paraît que c’est normal pour une première année sur un pied de myrtille, donc je ne suis pas inquiète.

On a aussi récolté plein de mûres, de framboises, de pommes et de poires sauvages. Certes, tout ça a poussé tout seul sur notre terrain, je n’ai eu qu’à récolter. Mais on ne va pas chipoter !

Et à défaut de manger nos récoltes pour Thanksgiving, on a pu décorer la table avec des fleurs et des baies du jardin. C’est un bon début !

Anne, ancienne parisienne, nouvelle paysanne. Je te raconte comment je crée petit à petit un jardin-forêt en permaculture sur mon terrain de 7 hectares en Ardèche verte. En savoir plus…