Bientôt 2 mois que les chèvres font partie du paysage chez nous, et en deux mois, nous avons eu le temps de modifier pas mal la manière dont on s’occupe d’elles.

L’abri

Comme je te le racontais la dernière fois, avant que Tash et Cabriole n’arrive, nous avions pris le temps de construire un abri en dur. C’était notre première construction bien pensée et pour le coup, elle est vraiment solide. Elle a survécu à une grosse tempête et plusieurs jours de grands vents et de grosses pluies. On est assez fiers de nous.

Son seul problème ? Elle est inutile ! (Oui, bon, rien n’est parfait…)

En effet, au bout de quelques jours, il a fallu se rendre à l’évidence : rentrer les chèvres dans leur abri tous les soirs et surtout, les ramener dans leur parc le matin était une corvée vraiment pénible. Pas que ça soit vraiment loin, ni vraiment compliqué, mais c’est surtout que les chèvres n’avait pas envie de retourner dans un parc où elles avaient déjà passé une journée, vu qu’elles l’avaient déjà vidé de leurs végétaux préférés. C’était un peu comme si elles avaient mangé toutes les frites la veille et que je leur disait qu’il fallait revenir pour finir la salade d’endives. Ça donnait des chèvres particulièrement pas coopératives, qu’il fallait tirer, pousser, soudoyer avec du grain, pendant facile 20-30 minutes par jour ! Bref, ce n’était pas une partie de plaisir.

On s’est vite dit qu’au lieu de déplacer les chèvres, on allait déplacer l’abri. On a donc construit rapidement un petit abri mobile avec des gros tasseaux et de la bâche.

Quand je crée un nouveau parc, il me suffit de le tirer pour le faire passer d’un parc à l’autre. Les chèvres sont ravies car à chaque fois qu’on les déplace, c’est pour les emmener là où, littéralement, l’herbe est plus verte (ou plutôt, les feuilles de ronces plus fraîches). Et moi je suis ravie car elles nous suivent avec bonheur.

Certes, cet abri n’est pas des plus solides, surtout que le bois qu’on a utilisé était du bois de récup un peu pourri. Pendant la dernière tempête, un coup de vent l’a d’ailleurs retourné et deux montants se sont brisés. J’ai dû faire un peu de rafistolage.

Dans un deuxième temps, on construira un nouvel abri mobile avec du bois plus solide, mais pour le moment, celui-ci fait parfaitement le job : les chèvres sont au sec et on évite la demi-heure de lutte chaque matin pour les emmener dans leur parc.

Les parcs

J’ai passé un bon mois à expérimenter comment créer des parcs pour les chèvres de la façon la plus simple et efficace possible.

Au départ, je leur créais des parcs avec une seule longueur de filet, soit un périmètre de 50 mètres.

L’inconvénient, c’est que les parcs étaient petits (environ 150 mètres carrés) et que comme ils étaient biscornus (le terrain n’étant pas plat, les résultat final n’était jamais carré comme sur le plan ci-dessus), il y avait plein de petits recoins où les chèvres ne pouvaient pas passer.

Je passais aussi beaucoup de temps à estimer où aller passer le filet, puis à le poser, le déposer et le reposer quand je me rendais compte que finalement c’était trop court. (Comme je passe le filet entre les arbres, il ne suffisait pas de simplement tirer un peu, il fallait souvent en défaire une partie pour pouvoir ensuite passer ailleurs, entre d’autres arbres.)

J’ai envisagé de faire des parcs avec 2 filets à chaque fois, mais ça me paraissait beaucoup de travail. Ça ne paraît pas forcément, comme ça, mais ces filets sont assez lourds, et c’est terriblement frustrant quand ça s’emmêle avec les mille et un bâtons qui traînent au sol dans la forêt ou que ça se coince dans les petites souches d’arbre au passage. Bref, moins j’en déplace, mieux je me porte.

Du coup, maintenant, je fais des parcs en zig-zag, avec des angles les plus droits possibles.

A chaque fois que je veux créer un nouveau parc, il me suffit de déplacer un seul filet, comme avant, et pourtant, la superficie finale du parc est bien plus importante (environ 300 à 350 mètres carrés).

Je leur crée un nouveau parc tous les 2 à 4 jours, en fonction de la végétation, mais aussi de mon niveau d’énergie et du temps dont je dispose. Une fois le filet posé, je fais passer les chèvres sous un des côtés pour rejoindre le nouveau parc (elles m’attendent en général avec impatience en bêlant tout le temps que je pose le filet !), puis je déplace leur abri, leur abreuvoir et leur bloc de sel avant de raccorder le tout à l’électrificateur et de mettre le parc sous tension.

L’ensemble de l’opération peut prendre 30 minutes quand le terrain est bien dégagé, et jusqu’à 3 heures quand il faut commencer par une bonne séance de tronçonneuse ou de débroussailleuse pour faire de la place pour le filet.