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Bientôt trois mois qu’elles sont là, nos petites poulettes. Timing parfait pour faire un petit bilan !

« Commencez par des poules, c’est facile » !

Tout le monde nous disait que la poule est l’animal de basse-cour le plus simple pour commencer et ça s’est avéré totalement vrai.

Effectivement, la poule semblait la moins intimidante de tous les animaux que nous envisageons d’élever. Une poule, ça n’est pas bien gros, ça ne mord pas, ça ne pique pas, ça ne donne pas de coups de pied, ça ne fait pas beaucoup de bruit et ça demande peu d’entretien. C’est parfait !

J’ai donc commandé un poulailler sur internet, acheté 4 poules de race « Sussex » au marché pour 11 euros pièce, et c’était parti !

Nos enfants ont adoré : au début, mes filles passaient des heures à les regarder. Avec le froid et l’habitude, ça s’est un peu tassé. Récemment, ma grande a même souhaité échanger de « boulot » avec moi : elle n’a plus envie d’aller leur donner à manger et préfère mettre la table à la place. Depuis qu’il fait -5° dehors, c’est donc moi qui m’y colle.

Un poulailler, oui, mais pas celui-là

On nous avait dit qu’il fallait un poulailler bien construit pour protéger les poules des renards et autres fouines (« qui peuvent passer dans un trou de la taille d’une pièce de 2 euros »). Pensant à leur bien-être, j’ai opté pour un poulailler tout fait, en kit à monter, me disant que ça serait certainement mieux conçu et plus solide que quelque chose que je bricolerais moi-même.

Sauf que… ce n’était pas ce poulailler-là qu’il nous fallait. Certes il est tout joli et tout mignon. Mais il ne convient pas, pour plusieurs raisons.

D’abord parce qu’il est trop petit. Il est vendu pour « 6 à 8 poules », mais je trouve que mes 4 poules y sont déjà très à l’étroit. Je n’oserai jamais y mettre 8 poules, et encore moins si je devais les laisser dedans toute la journée ! Ensuite parce qu’il n’est pas isolé. Depuis que les températures ont chuté, j’ai peur que les poules aient trop froid dans cette petite boîte en bois. Et enfin parce que sur notre terrain en pente, rempli de bosses et de trous, il est impossible de le déplacer comme j’aurais voulu. Sur le jardin de banlieue parisienne tout plat qu’on avait avant, il aurait convenu très bien pour 2 poules. Pour 8, ici, ça ne va pas du tout.

Les cocottes ne se plaignent pas, hein ! Elles se baladent dans la neige comme si de rien n’était et elles se sont même mises à pondre (cf plus bas), donc c’est que ça ne doit pas aller si mal que ça, mais si c’était à refaire, j’opterais pour un modèle 3 à 4 fois plus grand (assez haut pour qu’un humain puisse y rentrer pour le nettoyer), isolé du froid et muni de grosses roues, genre VTT. Je ne souhaite pas chauffer l’intérieur avec une lampe comme le font les industriels, mais je suis un peu curieuse (inquiète, même) de voir comment elles vont supporter les -15° de cet hiver. A suivre, donc.

L’alimentation et l’entretien

J’ai pour projet d’élever nos animaux avec le plus de liberté possible. Les poules sont donc libres d’aller et venir comme elles le souhaitent. Si besoin, à l’avenir, je protégerai les endroits où je ne souhaitent pas qu’elles aillent, comme mon potager, plutôt que d’enfermer les poules. On m’a dit que c’était un peu utopique, mais j’ai bon espoir et ça ne coûte pas grand chose de tenter ! À suivre, donc. En attendant, on leur ouvre la porte le matin, et on leur ferme la porte le soir, une fois qu’elles sont rentrées d’elles-mêmes. Le reste de la journée, elles font ce qu’elles veulent.

J’avoue que nous avions franchement peur de les voir s’éloigner du poulailler, au début. Peur qu’elles ne trouvent pas le chemin du retour, peur qu’elles se fassent bouffer par un renard dans le sous-bois, peur aussi, plus prosaïquement, qu’elles viennent chier sur la terrasse ! J’ai même tenté de bricoler une barrière pour les orienter plutôt vers un côté du jardin que vers l’autre (le fameux sous-bois).

Mais au bout d’un moment, constatant qu’elles avaient trouvé comment contourner la barrière, on a fini par lâcher prise. Petit à petit, les poules ont pris leurs aises dans notre propriété et aujourd’hui, on peut les trouver les pattes dans la neige, sous les genêts ou au milieu des ronces (ronces qui n’ont pas l’air de les gêner du tout, au passage…), en train de picorer les rares bestioles qu’elles dénichent dans les feuilles mortes. Un ancien du coin, juste après s’être gentiment moqué de mon poulailler de parisien, m’a dit que ce n’était qu’une question de temps avant qu’un renard les mange. Il a probablement raison, mais j’aimerais bien qu’il ait tort. On verra.

Je renouvelle leur eau chaque jour (avec de l’eau de pluie) et parce que c’est l’hiver, je leur mets à disposition un aliment « spécial poule pondeuse » bio. Ça me prend à tout casser 10 minutes par jour (plus 5 pour leur fermer la porte le soir).

On m’avait beaucoup raconté que « les poules mangent tout », mais force est de constater que celles-là, non ! À part quelques croutes de fromage ou 2-3 pelures de pommes par-ci, par-là, elles ne mangeaient quasiment rien des restes que je leur donnais. Du coup, je ne leur en donne presque plus. En revanche, elles passent la journée à picorer la terre, et j’ai l’impression qu’elles y trouvent de quoi se sustenter. À terme, j’aimerais qu’elles puissent se nourrir exclusivement de ce qu’elles auront trouvé toutes seules sur notre terrain et de nos restes, mais nous verrons comment ça évolue.

Une fois par semaine, mon fils de 13 ans sort la paille sale du poulailler à l’aide d’une spatule de plâtrier, l’ajoute au compost et la remplace par un seau de paille propre. Ça lui prend en tout environ 15 minutes. (Ou plutôt, quand c’est moi qui le fait, ça me prend moins d’un quart d’heure. Mais quand on a 13 ans et qu’on répond à 43 textos à la minute, tout prend un peu plus longtemps…)

Dix minutes le matin, 5 minutes le soir, 15 minutes le samedi. En tout, c’est 2 heures par semaine qui sont consacrées aux poules, avec plaisir la plupart du temps : moins quand il fait -5° et qu’il pleut, plus quand il fait soleil et que la vue est splendide.

En additionnant les chiffres, ça me donne envie d’avoir davantage de poules (et un coq !). Je me dis qu’entretenir 10 poules ne prendra pas beaucoup plus de temps qu’en entretenir 4.

Les oeufs

Ils se sont fait attendre !

Le vendeur m’avait dit que les poules pondraient au bout de 2 à 4 semaines. D’autres personnes me disaient qu’il fallait attendre une semaine seulement, et d’autres encore disaient que ça prenait parfois jusqu’à 2 mois. Tout le monde avait tort : ça a pris presque 3 mois !

Je me suis beaucoup posé de questions : est-ce à cause du froid et de l’hiver qui arrive ? Est-ce qu’il leur faut un coq ? Est-ce qu’elles ne sont pas trop jeunes ? Est-ce qu’elles ont peur du chien ? Est-ce qu’elles pondent quelque part dans le sous-bois qu’on ne voit pas ?

Puis à un moment j’ai lâché prise, là aussi. Je me suis dit qu’il faudrait sans doute attendre le printemps, j’ai acheté 2 douzaines d’oeufs au marché et j’ai arrêté d’attendre.

Quelques jours plus tard, nous trouvions notre premier oeuf ! Et depuis, chaque soir, 1 ou 2 oeufs nous attendent au milieu des fientes. (Encore un truc qu’on ne te raconte pas sur la boîte d’oeufs du supermarché : les oeufs, en vrai, c’est souvent assez crade quand ça sort du poulailler…)

Et leur goût ? Sensiblement le même que les oeufs fermier bio qu’on achetait avant, mais la coquille est plus fine et fragile.

Le plaisir et la fierté de manger les oeufs pondu chez nous est incomparable, par contre. J’adore !