La dernière fois, je t’avais promis de te présenter la maison qui va abriter nos nouveaux projets.

Comme je te le disais l’autre jour, nous avions une liste de critères longue comme le bras. Et forcément, certains étaient plus importants que d’autres. On se disait, par exemple, que si on n’avait pas une maison très grande ou très lumineuse au départ, on pourrait faire des travaux, créer des ouvertures ou installer une véranda pour pallier au problème. En revanche, si la maison était mal exposée ou cachée au fond d’une vallée, ce serait impossible de changer ça plus tard.

Nos critères essentiels étaient donc : une maison de pierre, bien exposée, avec une belle vue et un accès internet.

J’ai donc visité des maisons à la recherche de la perle. J’ai visité des maisons, et visité des maisons. Et puis j’ai visité encore des maisons.

J’ai vu beaucoup de bâtisses magnifiques bien trop chères pour nous, encore plus de maisons pas chères mais à rénover complètement, et quasiment toutes avec trop peu de terrain. Au final, un nombre important (presque 40 je pense) de logements qui ne correspondaient pas à nos critères.

Avec le temps, je suis passée maître dans l’art de poser les bonnes questions au téléphone pour éviter de me déplacer pour rien :

  • Est-ce qu’il y a une ligne à haute tension qui passe devant la vue ? Rhédibitoire.
  • Est-ce qu’il y a des vergers à côté (rapport aux traitements insecticides et pesticides) ? Rhédibitoire.
  • Est-ce que c’est en zone blanche (rapport à internet) ? Rhédibitoire.
  • Etc.

Google Earth m’a été d’un grand secours également. Comme quand il m’a permis de déceler la carrière de pierre située à 800 mètres en contrebas d’une maison qui semblait PAR-FAITE sur le papier et dont on se demandait pourquoi elle était si peu onéreuse. Réponse : parce qu’elle est polluée par les camions qui passent sur la route juste en bas de la maison, ainsi que par les nuisances sonores liées à la carrière. Merci Google, tu m’as évité 2 heures de route.

Un jour, un peu découragés, on a décidé d’élargir un peu notre zone de recherche et je suis tombée sur notre maison. Bingo.

Comme on le voulait, c’est une maison de pierre traditionnelle, avec de jolis volets en bois blancs.

Depuis le terrain, on a une vue splendide sur le village en contrebas. En fonction du temps, la vue s’étend jusqu’à la vallée du Rhône et au delà jusqu’aux Alpes. Aujourd’hui, de nombreux arbres cachent cette vue depuis la maison, mais en jouant un peu de la tronçonneuse, on pourra potentiellement voir le lever de soleil sur le Mont-Blanc depuis la terrasse. Je vibrillonne de plaisir à l’intérieur rien qu’en l’écrivant.

Nous sommes adossés au côté sud-est d’une montagne, ce qui fait que nous avons le soleil levant, suivi d’un bon ensoleillement toute la journée, y compris l’hiver.

Nous sommes presque tout en haut de la montagne, mais néanmoins abrités des vents du nord. Tout autour, de la forêt, de la forêt, et encore de la forêt, parfois sauvage, mais pour la plupart plantée de pins Douglas. Des sangliers, des chevreuils, des lièvres, des renards, des fouines, des écureuils… cette forêt est très peuplée, juste pas par des humains !

La maison est située au bout d’un chemin de terre, au milieu de 7 hectares de terrain en pente, principalement d’anciens pâturages abandonnés et revenus à la forêt. La pente est terrassée presque partout, avec de jolis murs de soutenement en pierre, parfois en bon état, souvent en mauvais. Les arbres sont assez jeunes et d’essences variées : érables, chênes, châtaigners, bouleaus, frênes, hêtres…

Le bâtiment forme un L et est plutôt compact, donc (j’espère !) facile à chauffer avec ses 2 poêles à bois. D’autant que ce n’est pas le bois qui manque sur le terrain ! Je suis en particulier impatiente de tester la cuisinière à bois qui chauffera la cuisine. À mon avis, ça ne rivalisera pas avec mon four électrique pour faire cuire des tartes, mais ça peut être pratique pour faire chauffer l’eau pour le thé…

Au rez-de-chaussée : une cuisine, un séjour, un bureau, des toilettes et une salle d’eau. Au premier étage : un petit palier et 2 chambres. Au sous-sol : une cave et une buanderie. Et comme le terrain est en pente, chaque niveau dispose d’au moins une sortie vers l’extérieur, ce qui est très agréable.

Devant la maison, abritée au creux du L, une petite terrasse, et au bout, un petit garage (avec le tracteur que nous a vendu l’ancien propriétaire avec la maison !).

L’ensemble est en bon état et habitable de suite. L’accès à internet se fait e 4G ou en ADSL 15Mo (soit mieux que ce qu’on avait en région parisienne !).

Bref, c’est la maison parfaite !

Enfin, bien sûr, aucune maison n’est parfaitement parfaite, surtout quand le budget n’est pas illimité. Alors nous avons dû faire des compromis sur certains points.

Nous voulions une orientation sud-ouest. Nous nous retrouvons orientés sud-est, ce qui fait qu’il faut se rendre de l’autre côté du col (à 2km) pour voir le coucher du soleil. (Oui, je sais, c’est dur, la vie…) Plus sérieusement, je suis curieuse de voir comment mes cultures vont réagir au fait que le soleil se couche un peu plus tôt qu’ailleurs (puisqu’il va se cacher derrière la montagne une heure ou deux avant de se coucher).

Nous voulions rester en-dessous de 700 mètres d’altitude. Nous sommes à 860 mètres, ce qui sera un challenge supplémentaire pour les cultures. Le 15 septembre, il ne faisait que 4 degrés (QUATRE !!) au petit matin et on sent que les premières gelées ne sont pas bien loin. La saison sera forcément plus courte ici qu’ailleurs et l’hiver plus rude. Nous avons d’ailleurs acheté un 4×4 pour pouvoir rentrer chez nous en toutes saisons et en toute sécurité.

Nous voulions une vue totalement dégagée. Nous avons une vue splendide… avec un poteau et une ligne électrique en plein milieu. Je rêve de faire enterrer ces fils, mais je ne sais pas si ce sera un jour raisonnable, étant donné le budget que cela représenterait, ni même si ce sera possible, rapport à la nature du terrain (de la roche).

Nous voulions 3 chambres et un bureau. Nous n’avons que 2 chambres et un bureau. Nous avons donc installé nos filles dans une petite « alcôve », c’est à dire sur le palier en haut des escaliers. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, elles sont ravies (pas de chambre, ça veut dire pas de bazar à ranger !), mais je ne sais pas combien de temps ça va durer. Ma grande a huit ans déjà, et j’imagine que l’adolescente qu’elle va devenir sera moins ravie de partager un espace de 3 mètres carrés avec sa petite soeur. Nous avons déjà imaginés des solutions (transformer le bureau en chambre, agrandir la maison, etc.), mais on va attendre de voir comment ça évolue.

Nous voulions être à moins de 30 minutes à pied d’un village « toutes commodités ». Nous sommes plutôt à une heure de marche du premier village, où l’on trouve seulement un restaurant, un petit bureau de poste et une boulangerie qui n’est ouverte que 3 jours par semaine. Le marché le plus proche est à 15 minutes de voiture et le supermarché le plus proche est à 25 minutes de route. Je m’organise donc pour grouper mes déplacements et m’éviter trop de trajets en voiture.

Nous voulions plusieurs sources et de l’eau en abondance. Nous n’avons qu’une source (la maison n’est pas raccordée au réseau d’eau de la ville) et cette année, à cause de la sécheresse, elle ne coule pas ! Je me retrouve donc à faire la lessive au lavomatic (non non, pas au lavoir, quand même !) et à charrier de l’eau, ambiance Jean de Florette version moderne (plutôt qu’un âne et des jarres en terre cuite, je transporte l’eau avec une voiture et des jerricans en plastique. Ça change tout…).

De ces quelques compromis que nous avons fait en connaissance de cause en achetant la maison, seule l’eau nous pose un vrai problème. Je t’en reparlerai bientôt, ainsi que des solutions que nous mettons en place (oui, car faire les lessives au lavomatic, c’est bien, mais surtout quand c’est une solution temporaire !).

À part ça, cette petite maison de pierre est juste idéale pour notre mode de vie et les projets que nous avons. Et surtout, c’est joli joli joli. Que ce soit l’intérieur ou l’extérieur, je suis enchantée d’être entourée d’autant de beauté en permanence.

Rejoindre la conversation

7 commentaires

  1. Une merveille. Je dirai même que je suis envieuse de cette maison et de cette description. Un rêve pour vous, devenu réalite malgré les concessions, qui ressemble au mien. J’espère qu’au cours des lectures des prochains articles je ressentirai toujours cette même joie, surtout quand le temps des cultures se fera. A très bientôt sur ce blog. Belle journée

  2. Oh, ça me rappelle mon enfance. Effectivement la cuisinière a bois c’est pas top pour cuisiner mais pour mijoter ou réchauffer un plat c’est vraiment très bien. Pour la soupe c’est parfait!
    Et puis tes filles dans une petite alcôve en haut de l’escalier. Moi aussi j’étais sur le palier (bon toute seule) une partie de mon adolescence (le temps que mes parents fasse les travaux de la maison et qu’on ait chacun notre chambre) et franchement c’était très bien comme ça 🙂

  3. Coucou Anne ! Quel beau projet, je me régale de lire cette belle aventure ! Non, rassures-toi, une saison courte ne veut pas forcément dire des soucis pour la culture. Je vis à 1200m d’altitude, et je fais mon potager sans soucis. Tu vas devoir trouvé ton rythme, c’est juste plus regroupé sur 4/5 mois. J’ai ici déja des gelées nocturnes et à part les courges que j’ai dû rentrer et les tomates qui ont donc fini, le reste le vit bien. Expérimentes, c’est le meilleur des conseils ! Typiquement, j’ai commencer mes semis de carotte en mars dernier alors que tout le monde me traitait de folle ! En couvrant mes semis d’un voile d’hivernage, j’ai pris de l’avance et mangé mes premières carottes y’a 1 mois, alors que tout le monde commence tout juste à les récolter, et Na ! La chose à savoir sur laquelle je me suis faite avoir, c’est le retard : même en étant consciente de ça, j’ai quand même été déçue de n’avoir que des radis à manger en juin. Courage, le mois d’aout est ultra abondant (vive les bocaux!!).
    Pour la cuisinière à bois, je trouve ça génial ! Je cuisine sur un vieux poêle quand on va dans la maison de la grand-mère, et une fois que tu as pris le coup, je trouve ça extraordinaire ! L’odeur du bois, l’impression de refaire les mêmes gestes qui ont marqué des générations avant nous… J’envisage d’acheter une cuisinière à bois plus tard, quand nous serons propriétaires et de cuisiner exclusivement dessus. Et d’avoir une petit plaque électrique pour le dépannage et quand il fait trop chaud.
    Hâte de continuer à te lire !
    Tu compte parler un peu jardin du coup ? L’automne c’est le moment idéal pour préparer sa terre avant qu’elle ne s’endorme pour l’hiver 😉 Bises !

  4. Merci pour ce commentaire et ces conseils, Clémentine, je prends note ! 🙂

    Oui, je vais parler jardin de temps en temps. J’aimerais cultiver sans retourner la terre (pour préserver les micro-organismes de celle-ci), à la mode permaculture. On m’a conseillé de simplement bâcher le champ que je souhaite transformer en potager, une fois qu’il sera bien trempé par la pluie, pour que l’herbe soit facile à enlever et remplacer au printemps. Ensuite je prévois de semer en godets tout ce qu’il est possible de semer en godets, puis de repiquer dans le champ et pailler.

    Je vais faire une formation permaculture où j’en saurai plus. Ça commence mi-octobre, j’ai hâte ! 🙂

  5. Une formation en permaculture, super !!!!! J’applique moi-même les principes de la permaculture, du moins l’expérimentation, puisqu’il s’agit vraiment de cela ! La bâche est une technique que je n’ai pas utilisé mais qui a priori fonctionne trés bien. J’ai investi dans une grelinette, qui est un outil extra pour décompacter le sol sans le retourner.
    Excellente formation à toi et hâte de lire tes essais jardins 😀 !

  6. Super ce grand saut!! je pense que nous avons du tous faire des compromise sur notre longue liste de criteres!! le tout est de sy’y sentir bien et de voir l’avenir dans le lieu ou on vit!! après de cette liste beaucoup de choses n’apparaissent pas comme le tissue social!! et c’est ausi important .. bonne continuite

  7. Oui tu as bien raison, le tissu social c’est super important ! On ne l’avait pas mis sur la liste, mais on aurait dû ! Heureusement, on est tombé dans un super coin. Les voisins sont loin mais chaleureux et toujours disponibles pour nous aider. On a eu beaucoup de chance ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.