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Livraison de paille

Entre le tracteur et le stock de paille, ça commence vraiment à ressembler à une ferme, par ici…
C’est la deuxième fois que j’achète de la paille pour pouvoir mulcher le jardin (« non, non, merci, pas besoin de la mettre à l’abri puisque je vais m’en servir pour l’étendre par terre… »#elleestfollecellelà).

Cette fois, j’ai triplé la dose (30 bottes au lieu de 10) puisque j’ai eu du mal à suivre l’année dernière et que je compte en plus pailler tous les arbres que j’ai planté cet hiver.

J’espère aussi faucher de l’herbe ici sur place au printemps, en complément, on verra ce que ça donne. Ça a l’air facile dans les vidéos YouTube, mais je sais maintenant d’expérience que généralement la mise en pratique se révèle moins simple qu’en vidéo…

L’agriculteur qui m’a livré la paille revient bientôt avec une benne de fumier, ce sera encore une première. (Si si, je monte une micro-ferme mais je n’ai jamais vu de fumier de près… Faut bien un début à tout, après tout !)

J’ai un peu peur de l’odeur. À suivre ! #fermièreencarton

Les premiers bourgeons arrivent… beaucoup trop tôt !

Il fait incroyablement beau et bon depuis bientôt deux semaines. Il gèle encore la nuit parfois mais la journée ça monte régulièrement à 15-18 degrés et au soleil il fait franchement chaud ! On a ressorti les baskets d’été, on fait l’école au soleil et on déjeune dehors régulièrement. Toute cette lumière me fait beaucoup de bien au moral, j’ai même pris des (tous petits) coups de soleil ! Un vrai bonheur !

Du coup on commence à voir bourgeonner les arbres. Pour certains, c’est moins grave, comme ce forsythia qui fleurira juste en avance, mais d’autres arbres fruitiers risquent d’avoir une mauvaise surprise quand le froid va revenir…

Oui parce qu’on a beau avoir l’impression que c’est le printemps, je n’y crois pas une seule seconde. L’année dernière, il neigeait encore en mai…

En attendant, on en profite pour avancer au jardin, terminer la clôture des poules commencée en décembre, planter les derniers arbres et commencer les premiers semis de pois et de fèves.

Quoi de neuf en janvier 2019

En janvier, j’ai eu une grosse prise de conscience concernant l’effondrement à venir, avec la grosse déprime qui va avec, on a fait plein de balades et de bonshommes de neige, installé un nouveau poêle… et bon, bin, du coup, pas grand chose d’autre…

Ci-dessous le texte intégral de la vidéo :

Hello, hello !

C’est parti pour une nouvelle vidéo « Quoi de neuf à la ferme en janvier » !

Ce mois-ci a été particulièrement froid, sombre et neigeux. On a pu vérifier plusieurs fois que notre 4/4 nous permet de sortir si besoin par tous les temps et en toute sécurité. Parce qu’ici la déneigeuse ne passe pas forcément tout de suite (voire pas du tout !) et qu’il ne s’agit pas de louper un virage ! 

Les paysages sont toujours aussi beaux mais cette fois-ci j’ai eu plus de mal à les apprécier du fond d’une déprime assez intense.

Il y a eu d’abord le manque de lumière, qui est habituel en cette saison mais qui était aggravé par le mauvais temps et par le fait que notre maison, avec ses gros murs en pierre de 80cm et ses petites fenêtres, est assez sombre.

Il y a eu ensuite une tendinite au poignet dont je n’arrive pas à me débarrasser, et qui m’a contrainte à une inactivité très frustrante, rapport à tous les projets que j’avais.

Enfin, il y a eu une grosse prise de conscience écologique. Comme je n’avais rien d’autre à faire, je me suis plongée dans les livres de Pablo Servigne, j’ai vu des conférences de Vincent Mignerot, j’ai écouté des interview de Philippe Bihouix, de Raphaël Stevens… Et j’ai pris une grosse claque. 

Bien sûr, jusqu’ici, j’étais consciente que la planète était dans un sale état, mais je pensais que si on faisait tous notre part, on allait pouvoir faire marche arrière et en quelque sorte, « sauver le monde ». C’était confortable et rassurant, il suffisait de manger bio, être zéro-déchet, pratiquer la permaculture, limiter ses déplacements, changer ses ampoules… et tout irait bien. Sauf que tout à coup, il m’a semblé évident que tout cela n’était qu’une illusion. D’une part parce qu’une partie des dégâts sont irréversibles et d’autre part, parce que l’être humain est ce qu’il est et qu’il a besoin de temps pour changer ses comportements (moi la première !). Trop de temps. 

Je la sentais venir depuis la canicule de cet été [juillet-août 2018], cette prise en conscience, mais c’est vraiment ce mois-ci qu’elle a aboutie. Comme souvent, apparemment, la prise de conscience de l’effondrement à venir a entraîné chez moi un effondrement personnel, m’obligeant à repenser tout ce que je tenais pour acquis jusque là, à lutter contre le pessimisme qui m’étreignait (parce que clairement, être convaincue que « tout est foutu » n’est pas une manière très joyeuse de vivre sa vie) et tout simplement à faire le deuil de mes illusions de bobo écolo.

Tout ça cumulé, on peut dire que janvier a été assez morose ! 

Alors j’ai cherché la joie dans les petites choses du quotidien, la beauté des paysages, les rires de mes enfants. Entre deux averses de neige, on est sortis se balader, faire du vélo, pique-niquer, construire des bonhommes de neige. J’ai cultivé le bonheur comme on cultive son potager : avec méthode et application, essais et erreurs.

En passant, les contraintes quotidiennes liées à la ferme m’ont été particulièrement utiles. Certes, ce n’était pas confortable d’être obligée de sortir à l’aube dans 20 cm de neige pour aller nourrir et abreuver les poules. Pourtant c’est bien ce genre d’obligation qui m’a aidé à rester ancrée dans le présent et ne pas me noyer dans l’anxiété. Et chaque jour, à pouvoir me rappeler quelle chance inouïe j’ai de pouvoir voir le soleil se lever ici. 

Bref, entre la déprime, la tendinite et la neige, les projets extérieurs n’ont pas avancé d’un poil. Enfin, juste un : celui que Sébastien a installé dans la cuisine. L’ancienne cuisinière à bois/charbon qui était vendue avec la maison était particulièrement inefficace : le foyer était tout petit et il fallait remettre de petits bouts de bois tous les quarts d’heure, ou alors chauffer avec du charbon, ce qu’on avait fini par faire l’hiver dernier. On a donc acheté un petit poêle sur Le Bon Coin, élargi un peu le boisseau de la cheminée et tadaaam, maintenant on chauffe la cuisine à 19 degrés en un rien de temps !

Voilà les news pour ce mois-ci. Je te dis à bientôt et je reviens bientôt avec une nouvelle vidéo ! Ciao !

Quoi de neuf à la ferme en décembre ?

En décembre, on planté beaucoup beaucoup d’arbres fruitiers, perdu la moitié de notre cheptel de poules, démarré la construction d’un parc pour protéger les poules qui restent, trouvé un vieux captage et plein d’autres choses !

Ci-dessous le texte intégral de la vidéo :

Hello, hello !

C’est parti pour une nouvelle vidéo « Quoi de neuf à la ferme en décembre » !

Ce mois-ci, on a eu un temps de fin d’automne tout à fait attendu. Des températures assez froides mais peu de gel, pas mal de vent mais pas de neige. Et beaucoup de soleil et de jolie lumière.

Du coup, j’ai passé beaucoup de temps dehors. Tout d’abord, j’ai préparé des planches de culture pour le printemps prochain. J’ai aéré la terre avec une fourche bêche et enlevé un maximum de cailloux avant de repailler. Vraiment beaucoup beaucoup de cailloux.

J’ai aussi récolté une quantité assez impressionnante d’hélianthis sachant que j’avais mis en terre 5 misérables bouts de rhizomes au printemps dernier ! Une des meilleures réussites du potager 2018, à refaire l’année prochaine, surtout que l’hélianthi a en plus fait un super boulot d’aération de la terre.

Sinon ce mois-ci, nous avons perdu pas moins de 5 poules sur notre petit cheptel de 11 ! Elles partaient se balader toutes ensemble dans la forêt le matin, comme elles font depuis plus d’un an sans aucun problème, mais de temps en temps, il en manquait une à l’appel le soir. Puis une autre, puis une autre.

Ces 50% de pertes d’un coup ont vaincu ma résistance à parquer les poules, puisque c’est pour leur sécurité. Nous avons défini un périmètre autour de leur poulailler, à l’arrière de la maison, assez vaste pour apaiser ma conscience qui, malgré tout, rechigne toujours à l’idée d’enfermer ces animaux.

Notre objectif est de créer deux lignes grillagées le long des chemins, qu’on reliera ensuite avec des filets à poule électrifiés. L’idée est de créer un espace modulable, d’une part, et surtout un espace qu’on pourra facilement démanteler le jour où les pelleteuses reviendront pour s’occuper de reboucher le gros trou ou, encore mieux, le transformer en un étang, puisque c’est pas là qu’ils devront passer.

Sébastien a ensuite coupé les quelques arbres qui étaient sur le tracé du haut et commencé à y planter les piquets que j’avais acheté l’année dernière. De mon côté, j’ai débroussaillé le tracé du bas pour faire de la place à d’autres piquets.

Avec ma débroussailleuse, j’ai aussi créé des chemins et des espaces pour planter de nouveaux arbres, ceux que j’avais commandé en début d’automne. Et j’ai bien fait de prendre de l’avance, parce qu’à cause des blocages des gilets jaunes et des commandes de Noël plus importantes que d’habitude, mes colis d’arbres sont arrivés largement en retard sur ce qui était prévu au départ.

Au lieu de disposer d’une bonne semaine pour planter la soixantaine d’arbres que j’avais commandé, je n’ai eu finalement que 3 jours avant de devoir partir pour fêter Noël en famille ! Sébastien et moi avons travaillé d’arrache-pied pendant ces 3 jours et nous avons réussi à planter tous les arbres en racines nues ainsi qu’une bonne partie des autres. Il en reste malgré tout un peu plus d’une dizaine qui nous attend. Du boulot pour le mois prochain !

On a également construit un deuxième composteur à toilettes sèches, le premier étant déjà rempli. On a réparé la porte du poulailler qui ne fonctionnait plus très bien. Et surtout, on a créé un nouveau chemin pour accéder à la partie arrière du terrain. On a pu explorer cette zone davantage, du coup, un peu plus facilement que cet été puisque la broussaille avait été écrasée par la grosse neige de fin octobre.

Et au bout de ce chemin, on a trouvé… une vieille source ! Au fin fond de notre terrain, dans une combe, un vieux captage en béton, visiblement inutilisé depuis des années. Pas vraiment d’eau à l’intérieur, mais peut-être qu’il suffirait de creuser pour trouver de l’eau… à suivre. En tous cas, c’était une bonne surprise qui nous a rajouté une option supplémentaire dans la liste de solutions possibles à notre problème d’eau. Je t’en reparlerai de tout ça d’ici quelques mois, quand ces options se seront définitivement transformées en solutions.

Enfin, bien sûr, on a décoré la maison pour Noël, avec de jolies lumières à l’extérieur et un sapin récolté sur le terrain pour donner le ton à l’intérieur. Et avec l’arrivée des fêtes, on s’est projeté avec pas mal d’impatience dans la nouvelle année, qui s’annonce déjà bien remplie de projets en tous genres.

Voilà les news pour ce mois-ci. Je te dis à bientôt et je reviens le mois prochain pour une nouvelle vidéo !

Ciao !

Anne, ancienne parisienne, nouvelle paysanne. Je te raconte comment je crée petit à petit un jardin-forêt en permaculture sur mon terrain de 7 hectares en Ardèche verte. En savoir plus…