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Comment planter 30 arbres en 3 jours

L’année dernière, j’avais acheté à des pépiniéristes locaux les quelques arbres et arbustes que j’avais planté : pommiers, cassis, framboises, etc.

Mais cette année, la plupart des arbres que je cherchais sont du genre original et rare : asiminier, pacanier, arbre aux gousses bleues, plaqueminier, etc. Comme ces arbres originaux ne sont pas dispos localement, j’ai dû commander en ligne la très grande majorité des nouvelles additions à notre jardin-forêt.

Après avoir longuement fait le tour des différentes pépinières, j’ai fini par commander chez :

J’ai choisi ces vendeurs principalement parce que c’est quasiment les seuls qui vendent les arbres rares que je cherchais, et pour certains, j’en avais entendu du bien (ou en tous cas pas de mal) ici et là, dans la communauté permacole en ligne.

J’ai commandé chez plusieurs pépiniéristes pour ne pas (littéralement !) mettre tous mes arbres dans le même panier. Je me disais aussi que ça permettrait d’échelonner un peu les arrivages et qu’ainsi je ne me retrouverais pas à planter 88 arbres le même jour.

(Ci-dessus, le paquet d’arbre commandés chez Permafruit.)

Bien vu. Le mois dernier, j’ai reçu et planté une première vague d’arbres. J’en avais reçu une trentaine environ, tous en pot et arrivés en deux fois. Comme prévu, j’ai réussi à étaler la plantation sur presque trois semaines. (Les arbres en pot peuvent attendre un peu sans crainte qu’ils s’abîment, du moment qu’on les met à l’abri du gel et qu’on les arrose si besoin, alors que les arbres en racines nues doivent être plantés le plus rapidement possible.)

1 ou 2 arbres par jour en moyenne. Tranquillou.

Ce mois-ci, en revanche, moins bien vu : mes deux dernières commandes sont arrivées le même jour, avec entre autres 30 arbres en racines nues. En plus, à cause des blocages des gilets jaunes et des commandes de Noël plus importantes que d’habitude, les livreurs étaient débordés et mes colis d’arbres sont arrivés en retard.

Ce qui fait qu’au lieu de disposer d’une bonne semaine, je dois planter 30 arbres en 3 jours seulement. (Oui, parce que dans quelques jours… que dis-je, dans quelques heures !, un autre marathon démarre : celui de Noël !)

Au soir du 2ème jour, je te rassure : dix arbres par jour, c’est faisable. Certes, j’ai dû décréter que les vacances scolaires étaient arrivées avec quelques jours d’avance pour pouvoir y consacrer aussi mes matinées. J’ai dû accepter de fêter le réveillon de Noël avec quelques courbatures. J’ai aussi embauché de force mari et ados pour me soulager un peu et je n’hésiterai pas à soudoyer petits et grands avec des chocolats de Noël. Il faut ce qu’il faut.

Mais c’est faisable.

Heureusement que je peux faire des petites pauses entre deux arbres pour voir la lune se lever. Il n’y a rien de tel pour oublier la fatigue…

Notre école à la maison : de plus en plus inspirée par la pédagogie Charlotte Mason

L’année dernière, je te disais qu’on faisait peu d’instruction formelle et qu’on pratiquait « l’unschooling ». Ce n’est plus tout à fait vrai.

En fait, depuis le début, j’envisage mon rôle dans l’éducation de mes enfants de la même manière que celui concernant leur alimentation. Comme tout le monde, je souhaite que mes enfants apprécient toutes sortes de mets, qu’ils mangent équilibré, qu’ils sachent cuisiner au moins quelques plats de base et qu’ils puissent se tenir à table correctement.

Alors j’essaie de leur montrer l’exemple en mangeant correctement et en leur proposant une grande variété de plats. Inciter à goûter, oui, mais jamais forcer. Leur montrer à quel point j’apprécie tel ou tel aliment avec enthousiasme. Eviter le junk food à la maison pour ne pas les tenter, tout en leur proposant autre chose de délicieux à la place. Leur montrer l’exemple en cuisinant souvent et leur déléguer la préparation de quelques repas.

De même, j’aimerais que mes enfants aient une culture générale étendue, qu’ils soient curieux de toutes sortes de sujets variés, qu’ils aient au moins les connaissances de base en mathématiques et français et qu’ils sachent s’exprimer correctement et logiquement, à l’oral comme à l’écrit.

Côté école, j’envisage donc mon rôle exactement de la même façon que pour la nourriture : leur présenter plein de sujets différents, inciter à tester mais ne jamais forcer, leur communiquer mon enthousiasme pour différentes matières, limiter les temps d’écran bouffe-temps tout en leur proposant d’autres activités intéressantes, et leur montrer l’exemple d’apprentissages variés, de curiosité insatiable et de beaucoup beaucoup de lectures.

Et quand j’ai découvert la pédagogie Charlotte Mason, j’ai tout de suite été séduite. Notre rôle d’éducateur, selon elle ? « Étaler un festin abondant et délicat dans les programmes et laisser chaque petit hôte assimiler ce qui lui convient. » Exactement. Nourrir l’esprit comme on nourrit le corps. Ça, ça me parle bien !

L’année dernière, j’ai testé plusieurs idées issues de cette pédagogie et j’ai été surprise à chaque fois que mes filles soient si réceptives. Qui l’eut crû, par exemple, que deux petites filles de 4 et 8 ans adoreraient étudier l’oeuvre de Salvador DalÍ ?

Depuis la rentrée, j’ai donc infusé de plus en plus d’idées Charlotte Mason dans notre programme quotidien, qui s’est peu à peu complètement transformé. Aujourd’hui, il ressemble plutôt à ça :

Une structure à base d’habitudes et de routines

Chaque jour ressemble un peu au précédent, chez nous. Pas besoin de se poser de questions, nous avons mis en place une petite routine qui roule toute seule facilement :

  • Un « English Breakfast ». À l’heure du petit-dèj, je me transforme soudainement en « American Mom » qui, comme chacun le sait, ne sait malheureusement pas parler français (sorry !). Je dois donc faire moult mimes et langage des signes pour que les enfants me comprennent, c’est assez cocasse !
  • Une séquence « école » quotidienne (oui, on fait aussi souvent école le weekend), juste après le petit dej et souvent en pyjamas. La veille, j’écris le programme du jour dans le « cahier de la directrice », on fait, on coche. La grande majorité de notre école est faite ensemble à base de lectures à haute voix. J’y reviendrai un peu plus bas.
  • Deux moments de rangement quotidiens. Jusqu’à il y a peu, j’avais l’impression de passer ma vie à essayer de remettre en ordre le tsunami de bordel permanent déchaîné dans la maison par mes enfants. D’autant plus que le niveau de bazar a nettement empiré depuis que les filles sont à la maison tous les jours, tout le temps. Forcément. De tout ça découlait une impression d’échec domestique permanent et je m’épuisais de vivre sans arrêt dans le bordel, et en pyjamas. Désormais, on s’habille le matin et on range le bazar le soir. Révolutionnaire, non ? Oui je sais, ça paraît tout bête. Tellement tout bête que je me demande bien pourquoi j’ai attendu 20 ans pour mettre ça en place parce que ça a changé ma vie. Vraiment.
  • Une après-midi de jeu libre, avec ou sans copines.
  • Un moment dédié aux écrans en tous genres, en fin d’après-midi. (Oui, tu l’as deviné, après le rangement du soir. Une carotte pour faire les trucs les moins fun, ça aide toujours !) J’ai téléchargé quelques jeux éducatifs (mais ludiques), nous sommes abonnés à Bayam et elles peuvent envoyer des messages à leurs cousines et amies. Pas d’accès libre à Youtube ni Netflix, toutefois.

À titre personnel, je suis plutôt du genre pas-structurée-pour-un-sou-qui-a-juste-envie-de-faire-ce-qu’elle-a-envie-de-faire-quand-elle-a-envie-de-le-faire alors suivre cette routine au quotidien pour montrer l’exemple aux enfants me demande énormément d’efforts. C’est même probablement ce qu’il y a de plus difficile pour moi dans nos journées d’école. (C’est dire à quel point je suis bordélique de nature !)

Mais quand je vois à quel point c’est utile, pour moi comme pour mes enfants, j’ai envie de persévérer ! (Une maison rangée tous les jours ! Plus de demandes incessantes pour utiliser la tablette en journée ! Plus de négociations interminables pour savoir qui débarrasse la table ou quand est-ce qu’on doit sortir le compost ! C’est magique !)

Un programme à base de lectures à haute voix et de « living books »

Charlotte Mason recommandait d’utiliser des « livres vivants », c’est à dire des « ouvrages beaux et bien écrits, qui enseignent sur la vie, les valeurs morales et le dépassement de soi. » comme l’explique le blog Petits Homeschoolers (qui en passant propose une liste assez fournie de ce genre de livres). « La plupart du temps ils apportent des connaissances d’une manière engagée et amusante. Écrits par un auteur passionné par le sujet, ils ont une ‘âme’. »

Bref, de bons livres qui donnent envie de lire. (Contrairement à la plupart des manuels scolaires, il faut bien l’avouer.)

En ce moment, par exemple, nous lisons :

  • Naissance d’une cité romaine, de David Macaulay (1 à 3 pages par jour) : un livre génial qui raconte les techniques de construction et le mode de vie des anciens Romains à l’aide de dessins qui sont à la fois très simples à comprendre et extrêmement détaillés.
  • Le petit Monde de Charlotte, de E.-B. White (1 chapitre par jour) : un petit roman de débutant tout mignon qui permet de démarrer des discussions sur des thèmes comme la vie, la mort, le végétarisme, l’amitié, le courage, etc.
  • Harry Potter à l’école des sorciers, de J.K. Rowlings (une dizaine de pages par jour car les chapitres sont loooongs !) : faut-il présenter ce livre ? Ma grande n’ose pas encore lire de gros pavés comme celui-ci toute seule, alors le fait de le lire ensemble permet d’en dédramatiser la lecture et d’aborder plein de nouveau vocabulaire. Sans compter les discussions intéressantes que ça suscite, par exemple sur les mauvais traitements faits aux enfants.
  • Un ou deux albums sur des thèmes très variés, en fonction de ce que je trouve à la bibliothèque et des thèmes qu’on aborde par ailleurs. Un exemple de ce matin : La dame des livres, de Heather Henson, illustré par David Small. Un album émouvant qui raconte l’histoire des « Pack horse librarians », ces bibliothécaires itinérantes du Kentucky des années 1930. Un peu de géo, un peu d’histoire, et une belle leçon de vie, le tout avec une oeuvre de d’art sur les genoux : j’adore !
  • Les aventures de Tom Sawyer, de Mark Twain, sous forme de livre audio lorsque nous sommes en voiture, en route vers une activité.

Un curriculum très varié

Nous étudions plein de sujets, un ou deux chaque jour en plus de nos lectures. Par exemple :

  • Les mathématiques. Nous apprenons les tables de multiplications à l’aide de chansons (« Les tables de multiplications », sur Spotify), faisons des exercices dans des cahiers (elles adorent ça toutes les deux, va comprendre) et suivons aussi les cours de maths (super bien faits !) sur Khan Academy.
  • Les sciences. Nous regardons beaucoup (beaucoup !) d’épisodes de C’est pas sorcier. Nous faisons aussi des petites séquences d’étude sur un animal en particulier (une vidéo regardée ensemble puis un coloriage collé dans le cahier, par exemple, ou encore un album lu ensemble et un résumé écrit dans le cahier).
  • Le français. En plus des lectures à haute voix quotidiennes, nous faisons de rapides dictées (2 ou 3 phrases max) qui permettent d’aborder des règles d’orthographe et de grammaire.
  • L’histoire des arts. Nous faisons toujours le jeu de l’artiste, avec Gauguin cette fois.
  • La géographie. Nous faisons de très courts quizz de géographie sur carte (nommer les pays d’Europe sur une carte vierge en 3 minutes, par exemple), ou encore lisons un album ayant pour contexte un pays particulier qu’on situe ensuite sur une mappemonde.
  • La poésie. Nous lisons une poésie chaque jour, juste pour le plaisir d’écouter des jolis mots (même si on ne comprends pas toujours tout !). Et de temps en temps, nous en apprenons une par coeur ou nous la copions dans le cahier pour ensuite l’illustrer. Nous écoutons aussi les fables de La Fontaine en voiture, sous forme de livre audio.
  • Le dessin ou la peinture. Elles pratiquent de leur côté lorsqu’elles en ont envie, l’après-midi ou pendant nos lectures, mais je leur montre parfois des techniques spécifiques à l’aide d’une vidéo ou d’un livre.
  • La musique. Les filles assistent à un cours de piano une semaine sur deux et ma grande s’entraine seule de temps en temps à la maison. J’essaie aussi en ce moment de mettre en place un moment de « chorale familiale » où nous chantons tous ensemble, mais ce n’est pas encore gagné. À suivre !
  • La danse. J’ai acheté des billets pour plusieurs spectacles de danse à Valence cette année et nous avons regardé pas plus tard qu’hier le ballet Casse-noisette de Tchaïkovski sur Netflix.

Ça peut paraître énorme, comme programme (surtout que je pourrais continuer la liste et parler de mythologie, du cahier de vie, …), mais les séquences sont très courtes et toujours ludiques.

Et surtout : je ne fais que proposer. Je fais une liste des suggestions du jour dans un petit carnet (qui a été surnommé « le cahier de la directrice ») et une des filles est chargée de diriger les apprentissages et de cocher ce qu’on a fait au fur et à mesure.

Si elles n’ont pas envie de faire une activité ou d’aborder un sujet, je n’insiste pas, mais j’y reviens quelques jours, semaines ou mois plus tard, éventuellement sous une autre forme. Exactement comme je ferais, finalement, si j’essayais de faire aimer la châtaine à une enfant qui n’est pas (encore) fan.

Nous passons 2 heures par jour grand maximum à faire l’école, et toujours dans la bonne humeur. D’ailleurs, je me focalise plus sur l’ambiance qui se dégage de ces moments que sur les apprentissages eux-mêmes. Mon objectif principal est que nous passions un bon moment ensemble et seulement accessoirement, que nous apprenions des choses.

Et pour le moment, ça marche ! Pourvu que ça dure !

Bilan de la première saison au potager

Fin novembre, c’est le moment de faire le bilan de cette première saison côté récoltes. Qui clairement, n’est pas super positif. On ne peut pas dire qu’on a croulé sous les légumes.

Ah ça, non !

Les radis sont les seuls légumes qu’on a récolté par dizaines. Les autres légumes se comptent plutôt en unités, voire sur les doigts d’une seule main, comme les courges.

Ou devrais-je dire : LA courge.

Oui, parce que je n’ai récolté qu’une seule courge. Heureusement qu’elle était grosse, pour compenser !

Ah non.

Bref. Le bilan n’est pas hyper positif si on compte uniquement en terme de nombre de légumes récoltés.

Mais même si j’ai eu quelques moments de déception et de découragement cet été quand les résultats de mes semis et plantations n’étaient pas au rendez-vous, je reste optimiste et je garde le cap sur l’objectif que je m’étais fixée au départ, à savoir produire au moins la moitié des fruits et légumes qu’on consomme d’ici 3 ans. Il me reste du temps et comme je partais de strictement rien en termes de connaissances, de matériel et d’expérience, je trouve normal que ça n’arrive pas tout de suite. Je le vis bien.

D’autant plus que je me sens bien plus confiante pour aborder la nouvelle saison. Car si on inclut les apprentissages que j’ai fait cet été dans le bilan des récoltes, là ça devient nettement plus intéressant !

Leçon numéro 1 : Eloigner les poules du potager. Laisser picorer des poules omnivores constamment affamée à côté de mes pieds de tomates et mes semis de laitue ? Mauvaise idée !

Leçon numéro 2 : Planter des légumes là où il y a suffisamment de terre. Placer le potager sur le haut d’une pente où la terre est certes fertile mais profonde de 10 centimètres seulement ? Mauvaise idée !

Leçon numéro 3 : Créer des plaines artificielles en aménageant des terrasses. Planter des légumes sur le flanc d’une colline abrupte qui laisse dévaler le peu d’eau qui tombe du ciel ? Mauvaise idée !

Tout ça me parait complètement évident maintenant, bien sûr. Je me demande même comment j’ai pu penser récolter quoi que ce soit en semant mes graines sur 10 centimètres de terre, en pente et au milieu des poules. M’enfin, ça te montre bien à quel point je partais de loin !

Heureusement, seules les plantes annuelles ont souffert de mon inexpérience. Quasiment tous les arbres et arbustes vivaces que j’ai planté cette année ont survécu. Sur une vingtaine planté, j’en ai perdu 2, un pied de myrtille et un de canneberge, tous deux morts desséchés après 4 mois de canicule parce que je les avais plantés sur la berme d’une baissière, en plein soleil. (Ce qui aurait peut-être été une bonne idée dans un sol très argileux, mais dans mon sol sablonneux-limoneux très drainant et avec la sécheresse de cet été, ce n’était pas l’idée du siècle.)

Certains de mes arbustes ont même déjà produit ! Oui oui ! Et quelle production !

Récolte totale 2018 : 4 myrtilles. 😂😂😂

Publiée par De la terre à la vie sur Samedi 28 juillet 2018

Ok ok, c’est de la toute toute petite récolte. Mais il paraît que c’est normal pour une première année sur un pied de myrtille, donc je ne suis pas inquiète.

On a aussi récolté plein de mûres, de framboises, de pommes et de poires sauvages. Certes, tout ça a poussé tout seul sur notre terrain, je n’ai eu qu’à récolter. Mais on ne va pas chipoter !

Et à défaut de manger nos récoltes pour Thanksgiving, on a pu décorer la table avec des fleurs et des baies du jardin. C’est un bon début !

Quoi de neuf à la ferme en novembre ?

En novembre, on a eu beaucoup de pluie et beaucoup, beaucoup de brouillard. On a aussi planté des fraisiers, ré-aménagé le salon, construit des murs en pierres sèches, planté des arbres, trouvé plein de champignons et plein d’autres choses !

 

Ci-dessous le texte intégral de la vidéo :

Hello, hello !

C’est parti pour une nouvelle vidéo « Quoi de neuf à la ferme en novembre » !

Après plusieurs mois de sécheresse, ce mois-ci on s’est bien rattrapés ! Il a plu, puis il a neigé, puis il a plu, et puis… il a plu encore. Et comme le brouillard n’est rien d’autre qu’un nuage posé au sol, eh bien nous avons eu beaucoup, beaucoup de brouillard !

Toute cette eau a fait beaucoup de bien partout. Nos réserves d’eau sont pleines, pour commencer, et ça, ça fait toujours plaisir ! L’énorme trou qu’on avait creusé à l’automne dernier pour tenter de trouver une source s’est rempli d’eau à un moment, ce qui a exacerbé nos rêves de transformer cette grosse zone de chantier en un bel étang, à l’avenir. Et le fait que toute cette eau s’infiltre et disparaisse complètement en moins d’une journée a aussi confirmé que si nous procédions avec ce rêve, nous aurions certainement besoin d’une bâche pour assurer l’étanchéité du bassin.

De son côté, la nature aussi a bien profité de toute cette eau. Quelques massifs de fleurs, que je pensais kaput pour cette année, ont repris du poil de la bête et nous ont offert une jolie dernière floraison. Et surtout, des champignons ont poussé de partout : des petits, des moyens, et parfois même des énormes, comme ces gros champignons blancs qui font 20-30 centimètres de diamètre. Partout où j’avais mis du broyat, il a poussé des dizaines et des dizaines de champignons, ce que je prends comme une preuve que les mycorhizes sont bien en santé.

Pour survivre à ces semaines de brouillard intense, nous avons ré-investi l’intérieur de la maison, que nous avions un peu délaissé depuis le printemps. Nous avons réaménagé notre salon avec quantité de tapis et coussins, attisé la cheminée, dégainé les bougies, ajouté des petits lampes un peu partout, lu pléthore de magazines et de livres et bien sûr, fait fondre moult tablettes de chocolat et infusé moult tasses de thé. Bref, de quoi profiter de bons moments de « hygge » à la danoise !

Ce qui n’a pas empêché les enfants de se défouler à l’intérieur, bien sûr ! Ni les adultes de profiter des quelques éclaircies pour travailler dans le jardin.

Sébastien a coupé les quelques arbres qui s’étaient cassés pendant la tempête de neige du mois dernier. Il a ensuite étalé les branches broyées dans les allées du potager du bas, pour nourrir encore un peu plus les champignons qui recolonisent petit à petit cette ancienne prairie. On s’en sert aussi pour remblayer les allées que j’avais creusé l’année dernière entre les planches de culture, puisque, on le sait maintenant, avoir des planches surélevées dans ce sol très drainant et hyper séchant n’était pas l’idée du siècle.

De mon côté, j’ai retravaillé les planches de cultures que j’avais créées l’année dernière pour y planter des fraisiers, et j’ai eu le plaisir de constater que sous le paillage, la qualité du sol s’est grandement améliorée, rien qu’en une année. Déjà, la fourche-bêche que j’utilise pour aérer le sol s’enfonçait beaucoup, beaucoup plus facilement que l’année dernière. Rien à voir. Et en plus, j’ai repéré beaucoup, beaucoup plus de ver de terres et bestioles en tous genres.

Après avoir aéré la terre, on a repaillé l’ensemble, en partie avec les feuilles mortes récupérées sur les chemins, en partie avec de la veille paille, puis j’ai planté plein de fraisiers. En tout, c’est presque une centaine de plants que j’ai mis en terre ce mois-ci.

J’en ai planté une moitié ici, dans le potager du bas, où le sol était déjà plat, et déjà travaillé, donc c’est allé assez vite. Mais je ne voulais pas planter tous les fraisiers ensemble pour éviter les problèmes liés aux monocultures donc j’ai dû créer de nouvelles planches de cultures un peu plus haut sur le terrain pour y implanter l’autre moitié.

Comme à cet endroit le sol est en pente, j’ai construit un petit mur en pierre sèche, puis j’ai bêché pour créer une terrasse en pente légèrement négative, comme j’avais déjà fait cet été. Chez nous le sol est assez caillouteux, ce qui est à la fois pénible quand il faut trier les cailloux, mais assez pratique quand tu peux réutiliser direct tous ces cailloux pour construire des petits murs de soutènement.

Sinon j’ai continué à planter des arbres et des arbustes un peu partout sur le terrain, presque comme je l’avais imaginé sur mon master plan (il a fallu faire quelques ajustements, mais globalement j’avais bien réfléchi les choses).

Parfois en creusant je suis tombée sur tellement de gros cailloux qu’il ne me restait pas assez de terre pour remblayer autour des racines de l’arbre, et j’ai dû ajouter du terreau de plantation du commerce que j’avais acheté en prévision de ce genre de problème.

Autour de chaque arbre, je crée systématiquement soit des petites cuvettes, soit carrément des mini-terrasses en pente légèrement négative, parfois avec un talus, parfois soutenues avec des pierres, en fonction de ce que j’ai sous la main et surtout de mon niveau d’énergie. (Je m’amuse beaucoup à fabriquer des murs en pierre sèche, j’ai l’impression de jouer au Tetris grandeur nature, mais ça reste quand même assez physique !) L’idée c’est toujours de faire en sorte que l’eau ne dévale pas la pente, histoire de lutter au mieux contre la sécheresse qui ne manquera pas de revenir l’été prochain. Sur ce point, j’ai appris ma leçon cet été !!

Comme les journées ensoleillées étaient à la fois rares et courtes, vu que le soleil se couche désormais aux environ de 16h et qu’en plus je passe souvent les matinées à faire l’école aux filles, je me suis plusieurs fois retrouvée à terminer mes plantations de nuit, à la lampe frontale, ce qui a bien fait rigoler ma famille.

Sinon j’ai trouvé un super moyen de signaler les arbres pour éviter qu’on ne marche dessus : un peu de laine rose fuschia (récoltée, fabriquée et teinte ici même en Ardèche, difficile de faire plus local !), enroulée bien serrée sur le haut d’un bâton et planté dans le sol. Super efficace, pas cher et écolo ! Reste à voir dans le temps à quel point c’est durable.

Voilà les news pour ce mois-ci. Je te dis à bientôt et je reviens le mois prochain pour une nouvelle vidéo !

Ciao !

Anne, ancienne parisienne, nouvelle paysanne. Je te raconte comment je crée petit à petit un jardin-forêt en permaculture sur mon terrain de 7 hectares en Ardèche verte. En savoir plus…