Notre nouvelle maison

La dernière fois, je t’avais promis de te présenter la maison qui va abriter nos nouveaux projets.

Comme je te le disais l’autre jour, nous avions une liste de critères longue comme le bras. Et forcément, certains étaient plus importants que d’autres. On se disait, par exemple, que si on n’avait pas une maison très grande ou très lumineuse au départ, on pourrait faire des travaux, créer des ouvertures ou installer une véranda pour pallier au problème. En revanche, si la maison était mal exposée ou cachée au fond d’une vallée, ce serait impossible de changer ça plus tard.

Nos critères essentiels étaient donc : une maison de pierre, bien exposée, avec une belle vue et un accès internet.

J’ai donc visité des maisons à la recherche de la perle. J’ai visité des maisons, et visité des maisons. Et puis j’ai visité encore des maisons.

J’ai vu beaucoup de bâtisses magnifiques bien trop chères pour nous, encore plus de maisons pas chères mais à rénover complètement, et quasiment toutes avec trop peu de terrain. Au final, un nombre important (presque 40 je pense) de logements qui ne correspondaient pas à nos critères.

Avec le temps, je suis passée maître dans l’art de poser les bonnes questions au téléphone pour éviter de me déplacer pour rien :

  • Est-ce qu’il y a une ligne à haute tension qui passe devant la vue ? Rhédibitoire.
  • Est-ce qu’il y a des vergers à côté (rapport aux traitements insecticides et pesticides) ? Rhédibitoire.
  • Est-ce que c’est en zone blanche (rapport à internet) ? Rhédibitoire.
  • Etc.

Google Earth m’a été d’un grand secours également. Comme quand il m’a permis de déceler la carrière de pierre située à 800 mètres en contrebas d’une maison qui semblait PAR-FAITE sur le papier et dont on se demandait pourquoi elle était si peu onéreuse. Réponse : parce qu’elle est polluée par les camions qui passent sur la route juste en bas de la maison, ainsi que par les nuisances sonores liées à la carrière. Merci Google, tu m’as évité 2 heures de route.

Un jour, un peu découragés, on a décidé d’élargir un peu notre zone de recherche et je suis tombée sur notre maison. Bingo.

Comme on le voulait, c’est une maison de pierre traditionnelle, avec de jolis volets en bois blancs.

Depuis le terrain, on a une vue splendide sur le village en contrebas. En fonction du temps, la vue s’étend jusqu’à la vallée du Rhône et au delà jusqu’aux Alpes. Aujourd’hui, de nombreux arbres cachent cette vue depuis la maison, mais en jouant un peu de la tronçonneuse, on pourra potentiellement voir le lever de soleil sur le Mont-Blanc depuis la terrasse. Je vibrillonne de plaisir à l’intérieur rien qu’en l’écrivant.

Nous sommes adossés au côté sud-est d’une montagne, ce qui fait que nous avons le soleil levant, suivi d’un bon ensoleillement toute la journée, y compris l’hiver.

Nous sommes presque tout en haut de la montagne, mais néanmoins abrités des vents du nord. Tout autour, de la forêt, de la forêt, et encore de la forêt, parfois sauvage, mais pour la plupart plantée de pins Douglas. Des sangliers, des chevreuils, des lièvres, des renards, des fouines, des écureuils… cette forêt est très peuplée, juste pas par des humains !

La maison est située au bout d’un chemin de terre, au milieu de 7 hectares de terrain en pente, principalement d’anciens pâturages abandonnés et revenus à la forêt. La pente est terrassée presque partout, avec de jolis murs de soutenement en pierre, parfois en bon état, souvent en mauvais. Les arbres sont assez jeunes et d’essences variées : érables, chênes, châtaigners, bouleaus, frênes, hêtres…

Le bâtiment forme un L et est plutôt compact, donc (j’espère !) facile à chauffer avec ses 2 poêles à bois. D’autant que ce n’est pas le bois qui manque sur le terrain ! Je suis en particulier impatiente de tester la cuisinière à bois qui chauffera la cuisine. À mon avis, ça ne rivalisera pas avec mon four électrique pour faire cuire des tartes, mais ça peut être pratique pour faire chauffer l’eau pour le thé…

Au rez-de-chaussée : une cuisine, un séjour, un bureau, des toilettes et une salle d’eau. Au premier étage : un petit palier et 2 chambres. Au sous-sol : une cave et une buanderie. Et comme le terrain est en pente, chaque niveau dispose d’au moins une sortie vers l’extérieur, ce qui est très agréable.

Devant la maison, abritée au creux du L, une petite terrasse, et au bout, un petit garage (avec le tracteur que nous a vendu l’ancien propriétaire avec la maison !).

L’ensemble est en bon état et habitable de suite. L’accès à internet se fait e 4G ou en ADSL 15Mo (soit mieux que ce qu’on avait en région parisienne !).

Bref, c’est la maison parfaite !

Enfin, bien sûr, aucune maison n’est parfaitement parfaite, surtout quand le budget n’est pas illimité. Alors nous avons dû faire des compromis sur certains points.

Nous voulions une orientation sud-ouest. Nous nous retrouvons orientés sud-est, ce qui fait qu’il faut se rendre de l’autre côté du col (à 2km) pour voir le coucher du soleil. (Oui, je sais, c’est dur, la vie…) Plus sérieusement, je suis curieuse de voir comment mes cultures vont réagir au fait que le soleil se couche un peu plus tôt qu’ailleurs (puisqu’il va se cacher derrière la montagne une heure ou deux avant de se coucher).

Nous voulions rester en-dessous de 700 mètres d’altitude. Nous sommes à 860 mètres, ce qui sera un challenge supplémentaire pour les cultures. Le 15 septembre, il ne faisait que 4 degrés (QUATRE !!) au petit matin et on sent que les premières gelées ne sont pas bien loin. La saison sera forcément plus courte ici qu’ailleurs et l’hiver plus rude. Nous avons d’ailleurs acheté un 4×4 pour pouvoir rentrer chez nous en toutes saisons et en toute sécurité.

Nous voulions une vue totalement dégagée. Nous avons une vue splendide… avec un poteau et une ligne électrique en plein milieu. Je rêve de faire enterrer ces fils, mais je ne sais pas si ce sera un jour raisonnable, étant donné le budget que cela représenterait, ni même si ce sera possible, rapport à la nature du terrain (de la roche).

Nous voulions 3 chambres et un bureau. Nous n’avons que 2 chambres et un bureau. Nous avons donc installé nos filles dans une petite « alcôve », c’est à dire sur le palier en haut des escaliers. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, elles sont ravies (pas de chambre, ça veut dire pas de bazar à ranger !), mais je ne sais pas combien de temps ça va durer. Ma grande a huit ans déjà, et j’imagine que l’adolescente qu’elle va devenir sera moins ravie de partager un espace de 3 mètres carrés avec sa petite soeur. Nous avons déjà imaginés des solutions (transformer le bureau en chambre, agrandir la maison, etc.), mais on va attendre de voir comment ça évolue.

Nous voulions être à moins de 30 minutes à pied d’un village « toutes commodités ». Nous sommes plutôt à une heure de marche du premier village, où l’on trouve seulement un restaurant, un petit bureau de poste et une boulangerie qui n’est ouverte que 3 jours par semaine. Le marché le plus proche est à 15 minutes de voiture et le supermarché le plus proche est à 25 minutes de route. Je m’organise donc pour grouper mes déplacements et m’éviter trop de trajets en voiture.

Nous voulions plusieurs sources et de l’eau en abondance. Nous n’avons qu’une source (la maison n’est pas raccordée au réseau d’eau de la ville) et cette année, à cause de la sécheresse, elle ne coule pas ! Je me retrouve donc à faire la lessive au lavomatic (non non, pas au lavoir, quand même !) et à charrier de l’eau, ambiance Jean de Florette version moderne (plutôt qu’un âne et des jarres en terre cuite, je transporte l’eau avec une voiture et des jerricans en plastique. Ça change tout…).

De ces quelques compromis que nous avons fait en connaissance de cause en achetant la maison, seule l’eau nous pose un vrai problème. Je t’en reparlerai bientôt, ainsi que des solutions que nous mettons en place (oui, car faire les lessives au lavomatic, c’est bien, mais surtout quand c’est une solution temporaire !).

À part ça, cette petite maison de pierre est juste idéale pour notre mode de vie et les projets que nous avons. Et surtout, c’est joli joli joli. Que ce soit l’intérieur ou l’extérieur, je suis enchantée d’être entourée d’autant de beauté en permanence.

Notre projet de retour à la terre

En déménageant en Ardèche, nous avions le projet énoncé de se rapprocher de la nature. Mais nous avions aussi, derrière ce projet, un rêve.

Un rêve pas tout à fait avoué, ni même tout à fait conscient.

Nous rêvions d’un retour à la terre. Un retour à la paysannerie, même, où il ne s’agirait pas de simplement vivre plus près de la nature, mais d’interagir avec et d’en tirer notre subsistance. Un rêve issu d’influences variées telles que La petite maison dans la prairie, Une hirondelle a fait le printemps, Jean de Florette (en moins tragique, espérons-le !) et le mouvement des nouveaux “homesteaders” américains. Un rêve qui, je crois, me suis depuis mon enfance, quand à 11 ans, je me suis passionnée pour la vie de Laura Ingalls.

Au cours de cette dernière année, ce rêve s’est peu à peu précisé, aidé de mes nombreuses lectures (bien plus concrètes cette fois : The Resilient Farm and Homestead, de Ben Falk, ou encore The Nourishing Homestead, de Ben Hewitt, tous les deux ultra-inspirants) et des rencontres faites sur place (des néo-ruraux partageant le même rêve et des locaux qui le vivent depuis des années sans toutefois le nommer ainsi).

Et petit à petit, notre rêve est devenu projet. Dans les grandes lignes, nous souhaitons :

  • aller plus loin encore que le “local” et tirer la majorité de nos calories de notre terre,
  • savoir d’où vient notre nourriture, comment elle a été élevée,
  • utiliser notre propre corps pour extraire notre subsistance du paysage (j’en ai assez d’être assise à un bureau toute la journée pour gagner de quoi acheter ce que je mange pendant que mon corps souffre de ne pas bouger),
  • favoriser les échanges avec la communauté locale (il ne s’agit pas de vivre en autarcie),
  • utiliser des manières de production qui n’abîme pas, voire qui régénère la nature (comme le fait Ben Falk dans sa ferme du Vermont) et des méthodes d’élevage et d’abattage des animaux les plus respectueuses possibles,
  • faire participer nos enfants, à leur niveau, qu’ils puissent savoir d’où vient la nourriture qui leur permet de vivre.

Concrètement, à quoi cela pourrait ressembler ? Nous imaginons pour commencer :

  • un très grand potager, pour les légumes ;
  • de nombreux arbres fruitiers : pommiers, poiriers et cerisiers, bien sûr, mais aussi groseilliers, myrtilliers, cassissiers, framboisiers, châtaigniers, noyers, noisetiers, etc. ;
  • une demi-douzaine de poules et un coq, pour l’engrais, les oeufs et la viande de poulet ;
  • une demi-douzaine de brebis, pour l’engrais, le débroussaillage et la viande d’agneau ;
  • quelques ruches, pour la pollinisation et le miel.

Puis par la suite, pourquoi pas un ou plusieurs cochons pour le saucisson, des champignons, une chèvre pour le fromage, des canards, des oies…

Si tu me connais, à ce stade, tu es peut-être en train de rire. Moi qui ne suis pas capable d’assurer la survie d’une plante verte à la maison, je compte me lancer dans la culture maraîchère ? Moi qui ne supporte pas de conduire autre chose qu’une voiture à la direction très assistée, je vais ajouter un tracteur dans mon quotidien ? Moi qui, il y a peu de temps encore, savait à peine distinguer une brebis d’une chèvre, je vais me lancer dans l’élevage ? C’est une blague, non ?

D’un côté, ce n’est pas faux ! (Mais ce n’est pas une blague !) Mon mari et moi avons des lacunes de compétences qu’il va falloir combler. Et je l’avoue, ça me fait un peu peur.

Mais d’un autre côté, j’adore apprendre. J’ai déjà lu des dizaines de livres sur le sujet, je connais désormais des gens sur place qui seront d’accord (ravis, même !) de me conseiller au fur et à mesure, et je sais que quand je suis motivée, j’apprends très vite. Après tout, il y a quelques années, mes compétences en cuisine se bornaient à ouvrir une barquette Picard et je ne savais pas distinguer une courgette d’un concombre. Aujourd’hui, non seulement je reconnais tous les légumes, même les plus bizarres, mais je sais exécuter de mémoire des centaines de recettes pour les cuisiner.

Je ne dis pas que je n’ai pas le trac devant la montagne de choses à apprendre et que les questions ne se bousculent pas dans ma tête (comment sait-on qu’une brebis a assez mangé, par exemple ? Qu’une abeille est malade ou pas ? Qu’un oeuf est fécondé ou pas ?), mais je me dis qu’il faut bien commencer quelque part. Qui ne tente rien n’a rien, comme dirait l’autre.

L’hiver dernier, ayant un projet plus précis en tête, nous sommes donc passés à la phase recherche. L’idée, c’était de trouver une maison qui puisse nous accueillir tels que nous sommes maintenant, mais avec le potentiel nécessaire pour que l’on puisse développer notre projet (et nos compétences) ensuite.

Nous recherchions donc notre maison idéale avec les critères suivants en tête.

  • Une maison ancienne en pierre qui soit habitable de suite, car notre savoir-faire en bricolage n’est pas considérable (encore un domaine où on a prévu de « monter en compétence »), et n’inclut en tous cas ni la maçonnerie ni la toiture.
  • Un terrain d’au moins 4 hectares, pour avoir suffisamment de place pour tous nos projets.
  • Une position dominante et une vue panoramique sur les montagnes.
  • Une exposition sud ou sud-ouest, avec une maison adossée au côté sud d’une montagne (très important ici si tu veux voir le soleil en hiver !).
  • Un petit budget (comparé à ce qu’on trouve en région parisienne, du moins), pour ne pas s’enliser dans 25 ans de crédit immobilier, ce qui nous freinerait par la suite (notamment en nous clouant à nos bureaux pour gagner de quoi rembourser les traites).
  • Un accès internet haut-débit, pour pouvoir continuer à travailler de chez nous pour gagner de quoi rembourser ledit crédit.
  • Pas trop loin (15 mn max en voiture) d’une ville de taille moyenne, le genre où on trouve au moins un médecin, un boucher et un ciné.
  • Une situation isolée, assez loin des routes passantes, et de préférence entourée de forêt pour éviter les cultures céréalières et les éventuels épandages de produits chimiques qui les accompagnent.

Et après avoir passé 3 mois à visiter plus de 30 maisons, nous avons trouvé la maison de nos rêves !

Je te la présenterai la prochaine fois…

Poêlée de petits pois aux fanes de radis ou quand « manger bouger » prend tout son sens

Pour être en bonne santé : « manger bouger », qu’ils disent.

Sauf que pendant longtemps,  j’ai trouvé ça hyper compliqué de manger 5 fruits et légumes par jour. Quand tu démarres ta journée par un bol de céréales, que tu continues avec un sandwich le midi, des gâteaux au goûter et que tu termines avec un steak haché-coquillettes le soir, c’est franchement un challenge d’y ajouter assez de fruits et légumes pour que le PNNS soit content. Si j’arrivais à caser 3 portions dans ma journée (un fruit à 10 heures, une feuille de salade dans le sandwich – si si, ça compte ! – et une salade de tomates mangée sans faim après la plâtrée de pâtes), j’étais contente.

De même, difficile de caser suffisamment de sport dans mes journées d’entrepreneur mère de 4 enfants sédentaire. Je passais tous mes repas assise, de nombreuses heures assise devant mon ordinateur, au moins une heure assise dans ma voiture ou dans le métro, le tout suivi d’une soirée assise devant la télé (ou à nouveau devant mon ordinateur, les soirs de gros rush). Les semaines où j’arrivais à caser 20 minutes de marche le matin au réveil et une séance de yoga à laquelle j’arrivais en retard et où je peinais à me détendre avant les 4 dernières minutes, j’étais contente.

Jusqu’à ce que petit à petit, grâce à des gens innovants et inspirants comme Katy Bowman (si tu lis l’Anglais, je te conseille son livre révolutionnaire Move Your DNA), je change ma façon de voir les choses. Puisque je n’arrivais pas à ajouter les choses « santé » à mon mode de vie, peut-être fallait-il revoir les bases mêmes de ce mode de vie ?

Si pour être en bonne santé, il fallait manger des légumes en quantité, alors ce sont eux qui deviendraient la base de mon alimentation. (Il paraît d’ailleurs qu’au départ, les autorités de santé voulaient viser 10 fruits et légumes par jour mais qu’ils ont revu leur copie à la baisse quand ils se sont rendus compte que 2 ou 3 allaient déjà être compliqués à atteindre.)

Et si pour être en bonne santé, il fallait bouger plus souvent, alors le mouvement allait devenir la base de mon quotidien. (Il paraît d’ailleurs que le corps humain s’use quand on ne l’utilise pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, et qu’il est bâti pour marcher facilement entre 3 et 20 kilomètres par jour. Autant dire que j’avais de la marge.)

Aussitôt dit, aussitôt fait. (Enfin presque, puisque ça doit faire 3 ou 4 ans que je suis en transition…)

Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand je réfléchis aux menus, je mets le paquet sur les fruits et légumes. Et dès que je peux rajouter de la verdure ou du végétal dans un plat, je ne me gêne pas !

  • Je fais des salades, des légumes à croquer ou des soupes à chaque repas.
  • Je propose des fruits cuits ou crus pour le dessert… ou pas de dessert du tout. (Au bout d’un moment, les enfants se sont habitués à demander « il a un dessert ? » plutôt que « il y a quoi au dessert ? »)
  • Les gros plats de pâtes ou de riz, comme les pizzas, se font rares. Et ils sont du coup devenus des événements très appréciés des enfants. (« Maman est malade, trop bien ! On va manger des pâtes !!! »)
  • Le goûter est systématiquement composé de fruits (ou de légumes, cf plus bas) sauf les jours de fête où je prends plaisir à faire des gâteaux. (C’est fou comme les enfants prennent vite l’habitude manger des fruits quand il n’y a que ça !)
  • On privilégie les radis, les bâtonnets de carotte ou les olives à l’apéro plutôt que les chips ou les petits gâteaux d’apéritifs (qui accessoirement, sont vendus suremballés dans plusieurs épaisseurs de plastique-alu qui finissent à la poubelle). #zérodéchet
  • Je n’hésite pas à proposer des légumes à mes enfants au petit-dèj (un reste du plat plébiscité de la veille à réchauffer, par exemple ?) comme au goûter, quitte à bousculer les codes tartine-confiture-chocolat.
  • Et la viande, les produits laitiers et surtout, les céréales, ne sont là qu’en complément.

Résultat, c’est sans effort pour moi d’ingurgiter bien plus des 5 portions recommandées.

Côté mouvement, c’est pareil : dès que je peux cumuler une activité « obligatoire » avec du mouvement, je prends !

  • Je regarde la télé par terre dans le salon en faisant des étirements. Depuis le dernier déménagement, nous nous sommes séparés de nos canapés (c’est fou comme on est moins souvent assis quand on a pas de fauteuil dans lequel s’affaler), et nous nous asseyons sur des poufs, des coussins bas ou à même le sol. Résultat : chaque épisode de série est doublé d’une séance de stretching !

  • Je travaille sur ordinateur à genoux sur une table basse, assise par terre, allongée ou debout. Surtout, je varie le plus souvent possible ma position.
  • Je marche à pied et je fais du vélo dès que je peux (dans la mesure de mes possibilités suite à mon accident de ski, qui m’a obligé à revoir mes ambitions à la baisse temporairement), et j’enjoins (ok ok, j’oblige) mes enfants à faire de même. (Ma réponse type à la question « peux-tu venir me chercher ? » est désormais « peux-tu rentrer à pied ? ». Et ça marche !)
  • J’évite de m’asseoir dans les salles d’attente et j’utilise les files d’attente pour faire des exercices de périnée et d’équilibre discrets.
  • Je porte mes courses dans mes bras pour utiliser mes muscles plutôt que ceux du caddie (sauf pour les très gros pleins, hein, faut pas pousser mémé quand même). C’est souvent un excellent exercice d’équilibre, en plus.
  • Je m’accroupis pour cueillir des légumes sauvages (comme les orties) lors de mes randos et je m’étire pour cueillir des fruits sur les arbres ou buissons quand je peux. Ou j’envoie carrément les enfants manger leur goûter à même l’arbre. Deux pierres d’un coup.

  • Je marche pieds nus dès que je peux (parce que oui, il y a plein de muscles délaissés dans nos pieds aussi).
  • Je fais mon ménage en musique. La SHV, Serpillière à Haute Vitesse, est une activité cardio excellente (suffisamment proche du curling pour qu’on puisse créer une nouvelle discipline olympique, à mon avis) et faire les vitres muscle magnifiquement les épaules et les bras. #fautvoirlecôtépositif
  • Et j’essaie d’éviter au maximum la position assise (sachant qu’il y a tellement de chaises partout dans notre société pour que je me retrouve assise assez souvent malgré tout…).

Bref, dès que je peux bouger, je bouge.

Tout ça est un processus, bien sûr. Je change nos habitudes petit à petit, y compris parce que ça serait compliqué d’imposer brusquement ce genre de changement à mes enfants. Mais petit à petit, ça devient juste normal de vivre de cette manière.

Cette poêlée de petits pois est un parfait exemple de cette évolution. Au lieu d’ouvrir une boîte de petits pois ou de faire un plâtrée de spaghettis, j’achète des petits pois frais au marché, que j’arpente à pied en portant mes courses. Et comme c’est long à écosser, j’en profite pour faire autre chose en même temps : je m’asseois par terre et je fais des étirements, pendant que je regarde une série ou j’écoute un podcast. Si elles sont là, mes plus jeunes s’y mettent aussi avec plaisir (c’est tellement marrant d’écosser des petits pois quand on a 4 ans et c’est une activité de motricité fine qui n’a rien à envier à celles qu’elle fait à l’école !) et on passe un petit moment à discuter.

Si je peux caser une autre dose de verdure avec les petits pois, je n’hésite pas ! Cette fois, comme je me retrouvais avec les fanes d’une botte de radis suite à un pique-nique, je me suis dit que j’allais les utiliser aussi dans ma poêlée. Et quand j’ai trouvé au fond du frigo 4 petits radis fripés abandonnés à leur triste de sort depuis un peu trop longtemps pour être appétissants crus, j’ai décidé de les ajouter aussi à la poêlée.

Résultat, une poêlée de verdure fraiche et facile à faire (à défaut d’être rapide) qui m’a permis de nourrir nos corps de plein de façons différentes.

Ingrédients

  • 1 cc de saindoux (ou de graisse de canard ou de beurre clarifié)
  • 800g de petits pois à écosser
  • 2 petits oignons nouveaux, hachés
  • 3 radis (fripés ou pas), coupés en rondelles
  • les fanes d’une botte de radis, lavées, essorées et hachées grossièrement

Préparation

Écosser les petits pois, puis les faire cuire à la vapeur.

Faire fondre le saindoux dans une grande poêle. Ajouter les oignons hachés et faire revenir à feu doux pendant 10 minutes. Ajouter les petits pois cuits et les fanes de radis hachées et faire revenir le tout pendant 2 à 3 minutes.

Saler, poivrer, servir aussitôt.

Remarques

Quand je peux, j’aime profiter de la cuisson d’autres plats quand je fais cuire des légumes à la vapeur. Je place mon panier vapeur au dessus d’une casserole de bouillon ou de soupe pour profiter de la vapeur qui s’en dégage. Cela permet de réduire les couts d’énergie et cela donne également un bon petit goût aux légumes.

La dernière étape de ce plat étant rapide (10-15 minutes), c’est le genre de plat que je prépare en plusieurs étapes en fonction de mon emploi du temps et de mes disponibilités (et de mon énergie). J’écosse les petits pois un soir de semaine avec les filles, par exemple, puis je les cuis le lendemain soir (les petits pois, pas les filles, hein) alors que je prépare le repas, et j’assemble le plat complet le surlendemain. (On peut aussi faire tout d’un coup, bien sûr.)

Quiche de printemps aux orties, chèvre et bleu

La signature de l’acte de vente de notre nouvelle maison approche à grand pas (la banque nous a dit ouiiiiii !!) et la perspective de faire le plus gros virement que j’ai jamais fait de ma vie d’ici quelques jours me fait regarder d’un autre oeil nos finances, en ce moment. Et le léger stress (et par « léger », je veux dire « presque suffocant ») qui me monte à la gorge à l’idée de m’endetter pour la première fois sur une période aussi longue me donne une furieuse envie de faire des économies.

Économiser quelques centimes sur mon budget bouffe ne représentera certes pas grand chose face aux milliers d’euros de dette que je m’apprête à contracter, mais ça me donne au moins l’impression de reprendre le contrôle sur cet aspect de ma vie qui m’échappe un peu. Et ça, ça vaut de l’or !

Étant donné que j’achète exclusivement des produits frais, bios, de qualité et éthiques pour ma famille de 6 (dont 2 ados qui mangent comme 12), j’ai globalement un budget alimentation assez conséquent. Le fait que je cuisine tout moi-même et que j’achète le plus souvent possible direct au producteur permet de réduire un peu la facture, mais cela reste forcément un cran (ou 2, ou 10) plus cher que de se nourrir de conserves de raviolis achetées chez Lidl.

Comme c’est moi qui ai la main sur le budget alimentation (c’est mon « boulot » au sein de la famille de gérer la nourriture), je me suis dit que nos assiettes étaient un bon endroit pour démarrer l’effort de réduction budgétaire.

Le changement de saison est toujours propice à ce genre de changement d’habitudes alors depuis quelques semaines, je me suis mise en tête de :

  • réduire le nombre de fois où se retrouve à commander une pizza par flemme ou mauvaise organisation (ça nous arrive plus souvent que j’aimerais),
  • réduire la quantité de viande que l’on consomme (je n’ai pas pour objectif de devenir végétarienne, mais j’aimerais que la viande soit un accompagnement aux légumes plutôt que l’inverse),
  • réduire au maximum le gaspillage en utilisant tout (tout TOUT) ce qu’il y a dans mon frigo (les fanes, les restes, etc.),
  • consommer plus de produits issus de cueillette sauvage (qui sont bio, locaux ET gratuits).

En tête de peloton des légumes sauvages : l’ortie, une des rares plantes sauvages que je reconnais sans peine. En plus d’être (douloureusement) facile à reconnaître, elle est également facile à préparer, délicieuse, locale et gratuite. Que demande le peuple ? (Des gants pour la cueillir, peut-être ? Ah oui, ça doit être ça.)

Le goût est assez proche de celui de l’épinard, et elles peuvent s’utiliser de la même façon. Ici, j’en ai fait une quiche verte en l’associant avec des restes de fromage un peu rabougris trouvés au fond du frigo. Délicieux !

Ingrédients pour une quiche (4 à 6 personnes) :

Pour la pâte brisée :

  • 150 g de farine d’épeautre
  • 75 g de beurre froid
  • 1 petit verre d’eau

Pour l’appareil :

  • environ 300 g de feuilles d’orties
  • 4 oeufs fermiers
  • 150 g de yaourt de brebis crémeux
  • 100 g environ de fromages divers coupés en tous petits dés
  • 1 petit verre d’eau (en option, voir remarques)
  • sel, poivre

Préparation

Préchauffer le four à 185° C.

Rincer les feuilles d’orties et les placer dans le fond d’une grand casserole avec un peu d’eau. Faire fondre à feu moyen, laisser refroidir puis hacher très grossièrement au couteau.

Dans un cul de poule, malaxer du bout des doigts la farine et le beurre coupé en morceaux jusqu’à former une préparation ressemblant à du sable grossier. Ajouter un peu d’eau et mélanger jusqu’à former une pâte souple et non collante.

Fariner le plan de travail, étaler la pâte au rouleau et foncer un grand moule à tarte.

Dans un saladier, battre les oeufs avec le yaourt et l’eau. Saler et poivrer. Y ajouter les orties cuites hachées et le fromage en dés. Verser dans le moule à tarte et enfourner pendant environ 50 minutes.

La quiche est cuite quand l’appareil est gonflé et bien doré.

Remarques

Maintenant que la saison est déjà bien avancée et que les orties sont bien hautes dans le jardin, je cueille uniquement le petit bouquet de 4 ou 5 feuilles en haut (oui, avec des gants). Plus tôt dans la saison, on peut consommer toutes les feuilles car elles sont encore tendres.

(Attention à ne pas cueillir tes orties au bord d’une route ni à côté d’un pâturage d’ovins ou de bovins pour éviter les risques liés à la pollution automobile et aux parasites.)

J’ai utilisé un mélange de fromages de chèvre (principalement du Picodon) et de vache (du Bleu d’Auvergne) qui me restaient d’un plateau de fromage, mais si j’avais acheté du fromage spécialement pour cette quiche, j’aurais opté pour le bleu, qui s’associe parfaitement avec les orties.

La crème fraiche et le lait de vache ne sont pas faciles à trouver localement, et encore moins dans des contenants en verre. Du coup, je les remplace en général par du yaourt de brebis, qu’accessoirement je digère mieux vu que les gentilles bactéries du yaourt ont fait une bonne partie du travail à ma place.

J’ajoute de l’eau à mon appareil car ce yaourt est très (très !) crémeux et épais. A toi de voir si tu en as besoin en fonction de la consistance de ton yaourt. L’idée c’est que le mélange yaourt + eau ait la consistance d’un lait un peu épais et que l’appareil reste crémeux. N’hésite pas à augmenter un peu la quantité de yaourt si besoin.

 

Objectif zéro-déchet : petit bilan

Après avoir lu le livre de Susan Strasser sur l’histoire du ménage dont je te parlais l’autre jour, j’ai été intriguée par le titre d’un de ses autres livres, concernant l’histoire des déchets : Waste and Want: A Social History of Trash.

(Oui, je suis le genre à lire des livres d’histoire sur des sujets obscurs juste pour le plaisir.)

Le sujet m’a tellement passionnée que dans la foulée, j’ai dévoré Garbology: Our Dirty Love Affair with Trash, de Edward Humes, et Zéro Déchet, de Bea Johnson.

Une révélation.

Tu l’as peut-être deviné à la lecture de ce blog, je suis ce qu’on définit généralement comme une « écolo ». Je mange bio, je consomme local, je recycle, je profite des circuits courts, j’utilise des produits de ménage écolo… Mais à la lecture de ces livres, je me suis rendue compte qu’un pan entier de mon mode de vie était complètement resté hors de ma conscience : le contenu (trop important !!) de ma poubelle.

En lisant, j’ai enfin ouvert les yeux sur la quantité incroyable d’objets qui rentre chez moi pour en ressortir aussitôt via le camion poubelle. Et sur le fait que la très grande majorité de ces produits ne m’apporte aucune satisfaction.

Alors pourquoi ne pas m’en passer ? Prenant exemple sur Bea Johnson, je suis partie en guerre contre les déchets inutiles avec son modèle en 5 étapes : refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter.

Refuser

Cette étape est la plus difficile, je trouve, car elle va à l’encontre de plusieurs principes de base de notre société, notamment la politesse (refuser un cadeau) et la propreté (« Ah bon ? Vous ne voulez pas de papier autour de votre baguette ? Ok, mais ce n’est pas très hygiénique quand même… »).

Rien que refuser un sac en plastique à la caisse est parfois source de micro-conflit (« j’ai commandé plein de sacs en papier, vous savez, je respecte la loi, mais il faut bien que je termine ceux-ci, quand même !! »). Alors refuser le petit parasol en papier offert aux enfants par un gentil restaurateur, ou la carte de visite du prestataire très sympathique que cela pourrait vexer, ou encore les jouets en plastique arrivés dans les bras d’invités attentionnés, c’est bien plus délicat. Hier encore, une invitée est arrivée avec une barquette en plastique remplie de fraises. Je n’allais pas lui rendre sa barquette sous prétexte que « désolée, je réduis mes déchets » !!

Bref, j’essaie de ne pas en faire un sujet de militantisme. Mon objectif est de changer mon mode de vie, pas de froisser inutilement les gens de mon entourage. J’y vais petit à petit en essayant d’être la plus bienveillante et respectueuse possible. Pas toujours évident, donc.

Réduire

Bien plus amusante et facile que la première étape, celle-ci ! Moi qui ai toujours aimé nettoyer par le vide, je prends beaucoup de plaisir à réduire la quantité de vêtements qui encombrent mon dressing, le nombre de produits de beauté qui surchargent ma salle de bain, le nombre d’outils de cuisine pas vraiment utiles qui m’empêchent de localiser celui dont j’ai besoin sur le moment, etc.

Et les bénéfices sont multiples : moins de ménage, moins de lessive, moins de temps passé à chercher un produit caché au fond d’un placard surchargé d’objets inutiles… Et plus d’argent disponible, aussi !

Par exemple, nous avons choisi d’acheter une petite maison (relativement petite, du moins, car nous sommes quand même 6 + un chien). L’alternative était de payer 2 fois plus cher simplement pour pouvoir stocker tous les objets que nous possédons aujourd’hui, une grande partie desquels nous ne nous servons jamais ou presque.

C’est une contrainte maintenant, certes, à l’heure où il faut que je me sépare de la moitié de nos possessions pour que tout rentre dans notre nouveau chez-nous. Mais c’est une contrainte positive, qui me permet de faire le tri entre l’essentiel et le superflu. Et qui accessoirement, nous empêchera aussi d’acheter de nouvelles choses inutiles qui finiront à la poubelle à l’avenir. Tout bénèf.

Réutiliser

J’étais déjà adepte des couches lavables et autres lingettes pour bébé réutilisables, mais là, je suis passée à l’étape supérieure. Nous utilisons désormais :

  • du sopalin lavable (dans l’ancien temps, on appelait ça des « chiffons »… mais c’est soooo 1935),
  • des serviettes en tissu (avec des ronds de serviette pour limiter la quantité de lessive),
  • des mouchoirs en tissu (non, ce n’est pas plus dégueu que ceux en papier, on les lave aussi souvent qu’on jetait les anciens, et bonus, ça fait moins mal au nez !),
  • des sacs de course en filet (les mêmes que ma grand-mère, ils sont ultra-pratiques !),
  • des sachets pour légumes en tissu (en photo ci-dessous),
  • des gourdes en inox,
  • des « tupperware » en verre.

Je fais également mes courses dans le rayon « vrac » des magasins bio pour éviter le plus d’emballages possibles (car quand on y pense, les emballages sont aussi des produits à usage unique, qui ne servent que pour le transport d’un seul aliment du lieu de production vers chez toi) et j’achète les yaourts dans des pots en verre consignés.

Pour le moment, j’ai trouvé des solutions « sans emballage » pour la plupart de mes produits quotidiens. Un des seuls produits pour lequel je n’ai pas encore trouvé de solution, c’est la viande. La plupart des petits producteurs que j’aime bien (ceux qui élèvent leurs animaux correctement, les seuls à qui j’ai envie d’acheter de la viande) vendent leurs produits emballés sous-vide. A suivre, donc.

Recycler

Cette étape faisait déjà partie de notre quotidien avant, mais désormais, je fais attention à ce que je recycle. J’ai été choquée d’apprendre que le plastique ne se recycle qu’une ou deux fois, au contraire du verre qui se recycle à l’infini.

Je choisis donc de préférence des contenants en verre, et de préférence consignés (la réutilisation directe étant préférable au recyclage, bien plus gourmand en énergie). Et j’évite comme la peste les aliments emballés dans du plastique.

(J’avoue qu’à ce stade, c’est devenu presque douloureux d’aller faire des courses dans un hypermarché. La montagne de produits suremballés dans du plastique — pour la plupart non recylable, d’ailleurs — qui peuple les rayons me donne carrément le tournis…)

Composter

J’ai installé un bac à compost dans le jardin (construit avec mon mari à partir de bois de récup) et piqué le grand contenant de ce que nous appelions avant « la poubelle normale » pour y entreposer les déchets compostables. L’intention étant de composter plus que de jeter, il fallait un contenant plus grand pour le compost que pour le reste.

Dans la foulée, j’ai également libellé le nouveau bac à poubelle avec le mot « décharge » (car il n’y a rien de « normale » dans cette poubelle, finalement), ce qui a permis une discussion intéressante avec mes enfants sur la destination finale de nos déchets non recyclables ni compostables. Discussion très utile pour les rallier au projet, au passage !

Aujourd’hui, je pense que la moitié de nos déchets partent directement dans le bac à compost, y compris les déchets d’origine animale. Dans la nouvelle maison, j’ai pour projet de donner les déchets de nourriture à nos poules et me mettre à composter d’autres déchets (mouchoirs en papier, papiers kraft, crottes de chien, brosses à dents en bois, etc.) dans un tas séparé de fumier, non utilisé pour faire pousser mes légumes, rapport aux bactéries toussa toussa.

Bénéfice secondaire : comme tout ce qui est humide est composté, je n’ai plus besoin d’utiliser de sacs poubelle dans la poubelle « décharge ». Deux pierre d’un coup.

Globalement, ces gestes ne me demandent pas plus d’énergie que ce que je faisais auparavant. En revanche, cela me demande d’être plus organisée et prévoyante. Par exemple, il me faut toujours avoir une gourde sur moi pour éviter que la grosse soif soudaine de la petite dernière ne se transforme en l’achat d’une bouteille d’eau en plastique. Ou toujours prévoir un sachet en tissu dans mon sac pour que je puisse acheter un croissant sur le pouce sans me retrouver avec un sachet en papier (qui ne servira que 3 minutes, le temps que je sorte de la boulangerie et que j’engloutisse le tout !!).

J’avais peur que les gens me regardent un peu bizarrement, mais finalement, je rencontre bien moins d’étonnement que ce que craignais. Les temps changent, peut-être… ?

« Faire soi-même » : un remède à la surconsommation ?

Je crois que ça a commencé avec la Petite Maison dans la Prairie. (En France, on connait surtout la série télévisée, mais la série de romans, qui raconte avec beaucoup de détail le quotidien des pionniers américains à la fin du 19ème siècle, est autrement plus intéressante.)

Petite, j’étais fascinée par l’idée qu’on puisse fabriquer soi-même tout ce dont on aurait besoin pour vivre. Enfant de CSP+ dans les années 80, j’avais accès à tous les biens matériels que je voulais, mais il me manquait pourtant toujours quelque chose : une plus jolie trousse, un nouveau sac de billes… L’idée de pouvoir créer tout ce que je voulais me semblait hautement pratique, tout en étant terriblement romantique.

Adulte, j’ai toujours trouvé plus de satisfaction dans des activités où je « faisais moi-même ». Faire mes yaourts. Allaiter au sein. Tricoter ma layette. Pétrir mon pain. Créer mon propre site internet. Inventer des jeux pour enfants. Cuisiner des repas à partir de produits frais.

Et pendant longtemps, j’ai trouvé ça un peu bizarre. J’en avais même un peu honte, j’avoue, comme si cette envie n’était que la manifestation d’un égo sur-dimensionné qui aurait à tout prix besoin de se mettre en avant en disant « c’est moi qui l’ai fait ! »

Quelle idée de m’embêter à faire quelque chose moi-même quand il suffit d’aller chez Carrefour pour que chacun de mes besoins soient satisfaits ? Et pourquoi étions-nous si nombreux à passer notre temps à « faire nous-même » alors que c’était désormais totalement inutile ? (Cuisine, loisirs créatifs, bricolage, la tendance est la même partout.)

Aujourd’hui, je suis convaincue que créer et produire du concret fait partie de mes besoins fondamentaux.

Dernièrement, en lisant Never Done: A History of American Housework, un livre sur l’histoire des tâches ménagères aux USA (qui, d’ailleurs, cite à plusieurs reprises Laura Ingalls Wilder, l’auteur de la Petite Maison dans la Prairie), cela m’a paru évident. La femme au foyer d’antant n’était pas une simple ménagère consommatrice. Elle était une actrice essentielle du foyer qui exerçait une activité de création artisanale de tous instants : tissage et couture de vêtements et linge de maison ; élevage d’animaux de la basse-cour ; fabrication de tapis, poteries, savons et bougies ; cuisine ; mise en conserves ; création de remèdes médicinaux ; culture du potager…

Aujourd’hui, tous ces rôles sont remplis par des personnes tierces dont c’est le métier. Et notre rôle principal (du moins, tel qu’il nous est donné à voir par la publicité, les magazines, les blogs…), c’est de savoir bien « shopper » : naviguer l’océan de marketing pour dénicher les produits indispensables (ou pas) à notre survie, que d’autres ont créé pour nous. Sauf que la seule consommation ne permet pas de combler notre besoin de création. Et comme nombre d’entre nous exerçons des activités professionnelles soit trop abstraites soit trop spécialisées qui ne nous permettent pas de créer un produit fini et d’en tirer pleine satisfaction, il nous reste les innombrables loisirs créatifs pour combler ce besoin.

Loin de moi l’idée de prendre une époque révolue comme modèle exclusif. Je n’ai aucunement envie de revenir à la bougie, ni d’abandonner Internet, ni de faire la lessive à la main juste pour pouvoir dire « je l’ai fait moi-même » ! Je parle de femme au foyer parce que c’était l’objet de ce livre, mais je pense que ça s’applique à la plupart des humains modernes qu’ils soient hommes ou femmes. Il ne s’agit pas de revenir à un partage des tâches rigides et prédéterminé entre hommes et femmes ni de devenir Amish.

Mais je suis convaincue qu’il y a une insatisfaction intrinsèque dans le modèle de la consommation à outrance dans lequel nous vivons : il y a toujours quelque chose de plus beau, de plus neuf, de plus trendy à acheter. Lorsque le plaisir découle d’un achat, il ne peut être qu’éphémère, surtout à l’époque de la fast fashion et de l’obsolescence programmée. Il faut toujours plus de choses, toujours plus d’argent.

Et quand je constate l’insatisfaction chronique de ma vie de consommatrice et que je la compare avec le plaisir simple et la satisfaction immense de m’essuyer les mains sur un torchon fait-maison avant de déguster une quiche faite maison avec les légumes du jardin, je me dis que peut-être, peut-être, la mode du faire soi-même pourrait être un des remèdes à la surconsommation qui pose tant de problèmes éthiques et écologiques.

Consommer moins, créer plus. C’est mon objectif, en tous cas.

DIY : Teindre des oeufs avec des teintures végétales faites maison

Chaque année pour Pâques, la tradition familiale veut que nous organisions une chasse aux oeufs dans le jardin avec les enfants. Cette année, après bientôt un an à essayer de réduire notre empreinte écologique en mangeant local et en minimisant les emballages, l’idée d’acheter des oeufs en mauvais chocolat, emballés dans de multiples couches de plastique et d’alu non recyclables, le tout fabriqué Dieu sait où dans Dieu sait quelles conditions par Dieu sait qui, le tout juste pour pouvoir les cacher un quart d’heure dans le jardin avant qu’ils ne soient dévorés en 3 minutes top chrono par des gloutons en culottes courtes certes mignons mais dont les mains collantes laisseront derrière eux une trainée d’emballages qui se retrouveront à moisir tristement dans une décharge pendant les 300 prochaines années… bref, cette idée ne m’emballait pas (c’est le cas de le dire).

Trouver du chocolat local, impossible, forcément (même avec le réchauffement climatique, ce n’est pas demain la veille que des cacaoyers pousseront en Ardèche), mais je pouvais au moins limiter la quantité d’emballage et faire travailler les artisans locaux.

Je suis donc allée acheter des oeufs en chocolat chez l’artisan-chocolatier du coin. Inutile de dire que j’en ai acheté moins que d’habitude parce que forcément, le prix de ces excellents petits oeufs n’est pas le même que ceux de chez Lidl. Mais je sais que ça les vaut parce que bien sûr j’ai goûté avant… Oui, il faut savoir se dévouer. Pour les enfants, hein, bien sûr… Cela va sans dire.

Je lui ai gentiment demandé d’aller me chercher des oeufs pas emballés à l’arrière et de me les emballer dans un sac en papier, histoire d’éviter les kilomètres de plastique transparent qui étouffent les chocolats d’habitude. (Oui, la cliente souriante mais chiante qui a des demandes bizarres mais qu’on supporte parce qu’elle achète beaucoup de chocolat pour ses multiples enfants, c’est moi.)

Sauf que l’emballage, parfois, c’est bien pratique. C’est notamment ultra utile pour la phase « cachette dans le jardin » quand on n’est pas forcément fan du chocolat aromatisé à l’herbe, à la terre et aux éventuelles crottes de lapin.

Je me demandais donc comment faire pour protéger mes oeufs plaqués or en chocolat artisanal pendant ce moment délicat quand je me suis souvenue d’une chasse aux oeufs organisée dans un parc parisien où les organisateurs avaient caché des oeufs en plastique qu’on pouvait ensuite échanger contre leur version chocolatée, restée, elle, bien à l’abri à côté des organisateurs.

Et pour éviter d’acheter des oeufs en plastique juste pour les cacher 10 minutes dans le jardin, je me suis rabattue sur des vrais oeufs. Car le gros avantage de l’oeuf de poule, c’est que l’emballage étanche et biodégradable est une option de série. Pratique !

Il ne me restait qu’à « pâquifier » quelques oeufs (« quelques » étant relatif parce que comme je disais, j’ai de multiples enfants et j’aurai même quelques invités ce weekend), tout en nous laissant la possibilité de les manger après la fête (parce qu’il ne s’agit pas de gaspiller 6 douzaines d’oeufs non plus, faut pas pousser mémé dans les bras du chocolatier…)…

Aussitôt dit, aussitôt fait, c’était parti pour une activité de teinture végétale DIY pour oeuf de Pâques bio.

Ingrédients :

4 douzaines d’oeufs, cuits durs
1 demi petit chou rouge, coupé en lanières (pour du bleu ou vert-de-gris)
2 betteraves moyennes crues, épluchées et coupées en dés (pour du rose ou du rouge ou bordeaux)
4 cs de curcuma frais ou en poudre (pour du jaune d’or ou jaune moutarde)
les peaux de 4 oignons rouges (pour du rose foncé ou du chocolat)
4 cs de vinaigre blanc
4 cs de gros sel
un peu d’huile végétale

Préparation :

Placer le chou en lanières avec 600 ml d’eau dans une casserole. Porter à ébullition puis laisser mijoter 10 minutes. Laisser refroidir, filtrer et verser le liquide dans un grand bocal avec couvercle. Ajouter 1 cs de vinaigre, 1 cs de gros sel et mélanger.

Ajouter délicatement les oeufs cuits durs dans le bocal à l’aide d’une cuillère, fermer le couvercle et mettre au frigo de 30 minutes à 4 heures, en fonction de la couleur désirée. Sortir les oeufs délicatement à l’aide d’une cuillère, puis sécher en tapotant très doucement avec un chiffon.

Une fois l’oeuf complètement sec, déposer une goutte d’huile au creux de sa main et étaler une très fine couche d’huile à l’extérieur de chaque oeuf pour le faire briller.

Recommencer le processus avec les betteraves, puis avec le curcuma, puis avec les peaux d’oignon.

Remarques :

Surtout saute pas l’étape du refroidissement du bain de teinture ! Ne plonge pas les oeufs dans un mélange chaud qui contient du vinaigre car ce dernier va ronger la coquille en même temps de la teindre et le résultat sera raté ! (J’ai testé pour toi… #troppressée)

Tu peux bien sûr réutiliser chaque bain plusieurs fois. Personnellement, ça fait deux jours que je sors 2-3 oeufs colorés de chacun de mes bocaux toutes les 3 heures pour les remplacer par de nouveaux.

En fonction de la couleur d’origine des oeufs, le rendu final ne sera pas forcément le même. Le chou fait du bleu sur des oeufs blancs et du vert-de-gris sur des oeufs brun clair, par exemple. De même, la durée de trempage des oeufs dans la teinture fait varier l’intensité de la teinte finale. N’hésite pas à faire des essais !

Bien sûr, tu peux tout à fait manger les betteraves et le chou ensuite. Pas de gaspillage ! De même, les oeufs durs se gardent au moins une semaine, donc si la chasse aux oeufs ne dure pas plus de 2 ou 3 heures et que tu ne caches pas les oeufs en plein soleil, tu peux tout à fait en faire l’élément central d’un pique-nique après la chasse aux oeufs, ainsi qu’une salade (avec les betteraves par exemple !) le lendemain midi. Tu peux aussi t’en servir comme centre de table pour le repas de Pâques.

Si tu veux garder les coquilles d’oeufs plus longtemps (pour les utiliser en déco, par exemple), tu peux teindre des oeufs crus, percer un petit trou à chaque extrémité de l’oeuf, souffler dans un des trous pour faire sortir le contenu de l’oeuf par l’autre, rincer délicatement l’intérieur et laisser sécher complètement. La coquille vide sera plus fragile mais se conservera indéfiniment. (Et tu peux faire des omelettes avec le contenu des oeufs, of course.)

Dernier conseil : attention, ça tache !! Porte un tablier et n’utilise que des torchons ou chiffons dont tu te fiches s’ils sont teints irrémédiablement !

Salade tiède d’endives braisées aux pruneaux

Il y a des légumes qui ne plaisent pas à tout le monde, chez nous. L’endive, notamment, est assez mal aimée. Il n’y a guère que mon mari et moi qui les apprécions et je me garde bien d’en faire quand les enfants sont là pour éviter les « c’est pôôô bon » et autres « y a autre chose à manger ? » incessants.

J’ai plutôt tendance à réserver les chicons pour nos repas du midi, quand notre marmaille est à l’école et qu’on est juste tous les deux en amoureux. (Aaaah l’endive. Le repas des amoureux par excellence. Non ?)

En général, on les déguste plutôt en salade, mais cette fois, j’avais envie de changer un peu et de les manger cuites. Le problème, c’est que j’ai de très (très très) mauvais souvenirs des infâmes endives au jambon de la cantine. (Tu sais, celles que d’affreuses rombières sans coeur t’obligeaient à ingurgiter pour avoir le droit à ton dessert ?)

Du coup, j’ai préféré y aller doucement. Ok pour des endives cuites, mais mangeons-les plutôt tièdes. En salade, par exemple. Et halte à la béchamel et au mauvais jambon. J’ai préféré opter pour une sauce à la fois piquante, grâce à la moutarde de Dijon, et un peu sucrée, grâce à quelques pruneaux.

Avec des endives caramélisées au four, le résultat était top. À essayer d’urgence si tu es fan de chicon (ou si, comme moi, tu as envie d’oublier tes cauchemars de cantine).

Ingrédients pour 3 personnes :

  • 3 endives
  • 3 cs d’huile d’olive
  • fleur de sel

Pour la sauce :

  • 5 pruneaux dénoyautés (environ 50g)
  • 2 cs de vinaigre de cidre
  • 1 cs de moutarde forte de Dijon
  • 4 cs d’huile d’olive
  • 3 cs d’eau
  • sel, poivre
  • persil frisé (facultatif)

Préparation :

Préchauffer le four à 200°C. Couper les endives en deux dans le sens de la longueur. Enlever le coeur et couper l’extrémité (dans cet ordre-là, c’est plus simple à faire). Badigeonner d’huile et placer face coupée vers le bas sur une plaque allant au four, éventuellement sur du papier sulfurisé. Parsemer de fleur de sel et enfourner pour 30 minutes environ, ou jusqu’à ce que les extrémités des endives soient bien colorées.

Dans un bocal (genre bocal à confiture), placer les pruneaux, la moutarde et le vinaigre de cidre. Mixer avec un mixeur plongeant en ajoutant l’huile petit à petit, puis l’eau. Saler, poivrer, goûter, recommencer. À la fin, incorporer le persil haché à la sauce avec une cuillère.

Placer les endives tièdes sur un plat et napper de sauce. Servir immédiatement ou à température ambiante.

Remarques :

Si l’amertume des endives te dérange, tu peux les transpercer à plusieurs reprises avec un pic à brochette et les plonger 2 ou 3 minutes dans de l’eau bouillante (sans le pic à brochette, qui ne sert qu’à faire des trous). Cela aura pour effet de les adoucir. Puis égoutte-les et laisse-les refroidir avant de les couper en deux et de les faire caraméliser au four comme précisé plus haut.

Si tu n’as pas de mixeur plongeant, tu peux aussi faire la sauce dans un mixeur normal. Si tu n’as pas de mixeur normal non plus, tu peux demander un mixeur au Papa Noël monter la sauce avec un fouet, sans les pruneaux, puis hacher les pruneaux avec un couteau et les incorporer à la fin.

Pork and beans, le cassoulet américain

En ce moment, je suis en manque de lumière, fin fond de l’hiver oblige. J’essaie donc de passer un maximum de temps dehors dans le jardin. Un peu d’activité physique et un peu de luminothérapie naturelle dans un joli package qui me permet accessoirement de tailler mes rosiers et framboisiers. Ça me permet de préparer la nouvelle saison tout me faisant un peu de bien au moral. Tout bénèf.

Côté cuisine, je mise sur des plats qui sont à la fois facile à faire à l’avance pour que je puisse profiter au maximum de mon temps dehors sans me soucier de l’heure du repas, mais aussi bien consistants pour me réchauffer en rentrant (en général une fois que le soleil est déjà parti, que je ne vois plus mon sécateur et que je crains pour l’intégrité de mes doigts).

Et ce « cassoulet américain » est parfait. Il est très long à cuire, mais c’est le genre de plat qu’on peut faire le matin en quelques minutes et laisser mijoter toute l’après-midi. Fondant et réchauffant comme un cassoulet français mais plus léger car un peu acidulé, comme beaucoup de plats américains. Personnellement, je le préfère.

Pour le « localiser », j’ai utilisé un gros morceau de lard salé produit localement et une saucisse de couenne, une spécialité du coin (que ma voisine appelle « andouille » mais qui n’a rien à voir avec l’andouillette).

C’est vraiment le plat parfait pour se réchauffer jusqu’au fond du bidon en se félicitant d’un travail bien fait au potager.

Et ne te laisse pas intimider par la quantité d’ingrédients. En fait, c’est tout simple : fais cuire les haricots, fais revenir les oignons et les carottes, ajoute tout le reste et mijote.

Ingrédients pour 6 personnes :

  • 500g de haricots cocos blancs secs (soit environ 1,5 kg cuit)
  • 1 cs de bicarbonate de soude
  • 30g de graisse de canard
  • 1 gros oignon, coupé en petits dés
  • 2 carottes, coupées en petits dés
  • 1 morceau de poitrine de porc salée d’environ 400g
  • 1 saucisse de couenne d’environ 180g
  • 170g de purée de tomate
  • 100ml de vinaigre de cidre
  • 1 feuille de laurier
  • 1 cs de miel de lavande
  • 1 cc de marjolaine séchée
  • 1 pincée de piment de cayenne
  • 5 baies de poivre noir
  • 500ml d’eau

Préparation :

La veille, faire tremper les haricots secs dans 3 fois leur volume d’eau avec le bicarbonate.

Le matin, rincer les haricots et les faire cuire dans une grande casserole avec 2 fois leur volume d’eau pendant 60 à 70 minutes, jusqu’à ce qu’ils soient tendres mais encore bien formés.

Dans une cocotte à fond épais, faire fondre la graisse de canard sur feu moyen. Faire revenir l’oignon pendant 5 minutes, sans le faire colorer. Ajouter les carottes et faire revenir encore 5 minutes.

Ajouter la poitrine de porc, la saucisse, les haricots cuits et le reste des ingrédients. Le liquide doit largement couvrir tous les autres ingrédients.

Porter à ébullition puis laisser mijoter à feu très doux pendant 3 à 5 heures. L’idée c’est de mettre le feu assez bas pour que ça n’accroche pas et de le toucher le moins possible pour éviter d’écraser les haricots.

Servir avec de grandes tranches de pain de campagne ou des croutons de pain sec maison.

Remarques :

J’ai utilisé du lard et une saucisse de couenne, mais tu pourrais tout aussi bien remplacer par d’autres morceaux de porc et d’autres saucisses à cuire du style saucisse de Toulouse. Comme la poitrine était déjà salée, je n’ai pas ajouté de sel. N’oublie pas d’ajuster si besoin.

Je préfère faire cuire mes haricots secs moi-même parce que ceux qu’on trouve déjà cuits dans le commerce sont souvent déjà très fondants et se délitent trop facilement pour cette recette. Mais si tu n’as que ça sous la main, ça fonctionnera probablement quand même (mais ça sera peut-être un peu moins joli à la fin).

N’hésite pas à ajouter plus ou moins de piment en fonction des goûts de ta famille. La mienne n’est pas très fan des mets épicés alors j’ai tendance à avoir la main légère, mais tu peux augmenter un peu la quantité pour encore plus de chaleur.

Je préfère toujours faire mijoter dans une casserole (ma plaque de cuisson dispose d’une minuterie super pratique), mais si tu préfères, après une première heure de cuisson, tu peux aussi placer ta cocotte au four pour 2 à 4 heures à 150°C (ou transvaser le tout dans un plat allant au four si ta casserole a des poignées en plastique ou autre). Et bien sûr, tu peux faire réchauffer les restes au four de cette manière.

Je n’ai pas eu le temps de tester parce que ma famille n’en a pas laissé une goutte, mais je suis certaine qu’un reste de cette sauce ferait une soupe merveilleuse en y ajoutant 2 ou 3 carottes en dés, 1 pomme de terre en morceaux, 300ml d’eau, 30 mn de cuisson et en mixant le tout.

Coleslaw, la salade de chou croquante et multicolore

Dernièrement, le temps est passé du blanc neigeux au brouillard cotonneux.

Sur le marché, il ne reste guère que des légumes racines (carottes, betteraves, radis d’hiver…) et du chou. Alors comme mes envies de salade persistent, je me suis tournée vers un vieux souvenir chou-esque : le coleslaw.

Je me souviens de cette salade qui accompagnait mon poulet frit quand, enfant aux Etats-Unis, nous allions chez KFC. Et j’adorais ça. Autant que le poulet frit, c’est dire !

Plus tard, j’avais essayé de reproduire la recette, mais sans grand succès. Probablement parce que le secret du coleslaw industriel est d’ajouter plein d’additifs louches, de pasteuriser l’ensemble et d’attendre trop longtemps avant de servir le tout. Ma version croquante et multicolore du coleslaw n’avait rien à voir avec le mélange sucré, monochrome et vaguement végétal de KFC. Un peu comme les carottes râpées industrielles mollassonnes et orange fluo qui n’ont plus vraiment rien à voir avec des carottes fraichement râpées.

Au final, j’avais donc abandonné l’idée et laissé le coleslaw sur le bord de la route avec le reste de la nourriture industrielle.

Mais l’autre jour, dans ma quête de recettes d’hiver « fraîcheur », j’ai décidé de retenter l’aventure. (Peut-on vraiment appeler une salade de chou « aventure » ? J’ai un doute.)

J’y ai ajouté de la pomme et du vinaigre de miel pour le côté sucré-salé, du radis parce que… bin, j’avais du radis dans mon frigo dont je ne savais que faire, et de l’oignon pour faire plaisir à mon mari qui adore l’oignon cru. Et il faut croire que mes goûts ont changé parce que cette fois, je me suis régalée du côté craquant de cette salade !

Au final, une belle redécouverte !

Ingrédients pour 6 personnes :

  • 1/4 de chou blanc
  • 1 grosse carotte ou 2 petites
  • 2 pommes granny
  • 1 oignon (facultatif)
  • 1 radis blanc moyen (facultatif)
  • 3 cs d’huile d’olive
  • 1 cs de vinaigre de miel
  • sel, poivre

Préparation :

À l’aide d’un robot, couper le chou en fine lamelles. Râper la pomme avec l’accessoire râpe à gros trous, et les carottes, l’oignon et le radis avec l’accessoire à petits trous.

Dans un petit bol, mélanger l’huile et le vinaigre avec le sel et le poivre.

Mélanger les légumes et la sauce dans un grand saladier, couvrir d’une assiette et laisser reposer au frigo au moins une heure.

Remarque :

Cette salade est encore meilleure le lendemain donc n’hésite pas à la laisser reposer au frigo pendant plusieurs heures, voir toute une nuit.