Sélectionner une page

Pour être en bonne santé : « manger bouger », qu’ils disent.

Sauf que pendant longtemps,  j’ai trouvé ça hyper compliqué de manger 5 fruits et légumes par jour. Quand tu démarres ta journée par un bol de céréales, que tu continues avec un sandwich le midi, des gâteaux au goûter et que tu termines avec un steak haché-coquillettes le soir, c’est franchement un challenge d’y ajouter assez de fruits et légumes pour que le PNNS soit content. Si j’arrivais à caser 3 portions dans ma journée (un fruit à 10 heures, une feuille de salade dans le sandwich – si si, ça compte ! – et une salade de tomates mangée sans faim après la plâtrée de pâtes), j’étais contente.

De même, difficile de caser suffisamment de sport dans mes journées d’entrepreneur mère de 4 enfants sédentaire. Je passais tous mes repas assise, de nombreuses heures assise devant mon ordinateur, au moins une heure assise dans ma voiture ou dans le métro, le tout suivi d’une soirée assise devant la télé (ou à nouveau devant mon ordinateur, les soirs de gros rush). Les semaines où j’arrivais à caser 20 minutes de marche le matin au réveil et une séance de yoga à laquelle j’arrivais en retard et où je peinais à me détendre avant les 4 dernières minutes, j’étais contente.

Jusqu’à ce que petit à petit, grâce à des gens innovants et inspirants comme Katy Bowman (si tu lis l’Anglais, je te conseille son livre révolutionnaire Move Your DNA), je change ma façon de voir les choses. Puisque je n’arrivais pas à ajouter les choses « santé » à mon mode de vie, peut-être fallait-il revoir les bases mêmes de ce mode de vie ?

Si pour être en bonne santé, il fallait manger des légumes en quantité, alors ce sont eux qui deviendraient la base de mon alimentation. (Il paraît d’ailleurs qu’au départ, les autorités de santé voulaient viser 10 fruits et légumes par jour mais qu’ils ont revu leur copie à la baisse quand ils se sont rendus compte que 2 ou 3 allaient déjà être compliqués à atteindre.)

Et si pour être en bonne santé, il fallait bouger plus souvent, alors le mouvement allait devenir la base de mon quotidien. (Il paraît d’ailleurs que le corps humain s’use quand on ne l’utilise pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, et qu’il est bâti pour marcher facilement entre 3 et 20 kilomètres par jour. Autant dire que j’avais de la marge.)

Aussitôt dit, aussitôt fait. (Enfin presque, puisque ça doit faire 3 ou 4 ans que je suis en transition…)

Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand je réfléchis aux menus, je mets le paquet sur les fruits et légumes. Et dès que je peux rajouter de la verdure ou du végétal dans un plat, je ne me gêne pas !

  • Je fais des salades, des légumes à croquer ou des soupes à chaque repas.
  • Je propose des fruits cuits ou crus pour le dessert… ou pas de dessert du tout. (Au bout d’un moment, les enfants se sont habitués à demander « il a un dessert ? » plutôt que « il y a quoi au dessert ? »)
  • Les gros plats de pâtes ou de riz, comme les pizzas, se font rares. Et ils sont du coup devenus des événements très appréciés des enfants. (« Maman est malade, trop bien ! On va manger des pâtes !!! »)
  • Le goûter est systématiquement composé de fruits (ou de légumes, cf plus bas) sauf les jours de fête où je prends plaisir à faire des gâteaux. (C’est fou comme les enfants prennent vite l’habitude manger des fruits quand il n’y a que ça !)
  • On privilégie les radis, les bâtonnets de carotte ou les olives à l’apéro plutôt que les chips ou les petits gâteaux d’apéritifs (qui accessoirement, sont vendus suremballés dans plusieurs épaisseurs de plastique-alu qui finissent à la poubelle). #zérodéchet
  • Je n’hésite pas à proposer des légumes à mes enfants au petit-dèj (un reste du plat plébiscité de la veille à réchauffer, par exemple ?) comme au goûter, quitte à bousculer les codes tartine-confiture-chocolat.
  • Et la viande, les produits laitiers et surtout, les céréales, ne sont là qu’en complément.

Résultat, c’est sans effort pour moi d’ingurgiter bien plus des 5 portions recommandées.

Côté mouvement, c’est pareil : dès que je peux cumuler une activité « obligatoire » avec du mouvement, je prends !

  • Je regarde la télé par terre dans le salon en faisant des étirements. Depuis le dernier déménagement, nous nous sommes séparés de nos canapés (c’est fou comme on est moins souvent assis quand on a pas de fauteuil dans lequel s’affaler), et nous nous asseyons sur des poufs, des coussins bas ou à même le sol. Résultat : chaque épisode de série est doublé d’une séance de stretching !

  • Je travaille sur ordinateur à genoux sur une table basse, assise par terre, allongée ou debout. Surtout, je varie le plus souvent possible ma position.
  • Je marche à pied et je fais du vélo dès que je peux (dans la mesure de mes possibilités suite à mon accident de ski, qui m’a obligé à revoir mes ambitions à la baisse temporairement), et j’enjoins (ok ok, j’oblige) mes enfants à faire de même. (Ma réponse type à la question « peux-tu venir me chercher ? » est désormais « peux-tu rentrer à pied ? ». Et ça marche !)
  • J’évite de m’asseoir dans les salles d’attente et j’utilise les files d’attente pour faire des exercices de périnée et d’équilibre discrets.
  • Je porte mes courses dans mes bras pour utiliser mes muscles plutôt que ceux du caddie (sauf pour les très gros pleins, hein, faut pas pousser mémé quand même). C’est souvent un excellent exercice d’équilibre, en plus.
  • Je m’accroupis pour cueillir des légumes sauvages (comme les orties) lors de mes randos et je m’étire pour cueillir des fruits sur les arbres ou buissons quand je peux. Ou j’envoie carrément les enfants manger leur goûter à même l’arbre. Deux pierres d’un coup.

  • Je marche pieds nus dès que je peux (parce que oui, il y a plein de muscles délaissés dans nos pieds aussi).
  • Je fais mon ménage en musique. La SHV, Serpillière à Haute Vitesse, est une activité cardio excellente (suffisamment proche du curling pour qu’on puisse créer une nouvelle discipline olympique, à mon avis) et faire les vitres muscle magnifiquement les épaules et les bras. #fautvoirlecôtépositif
  • Et j’essaie d’éviter au maximum la position assise (sachant qu’il y a tellement de chaises partout dans notre société pour que je me retrouve assise assez souvent malgré tout…).

Bref, dès que je peux bouger, je bouge.

Tout ça est un processus, bien sûr. Je change nos habitudes petit à petit, y compris parce que ça serait compliqué d’imposer brusquement ce genre de changement à mes enfants. Mais petit à petit, ça devient juste normal de vivre de cette manière.

Cette poêlée de petits pois est un parfait exemple de cette évolution. Au lieu d’ouvrir une boîte de petits pois ou de faire un plâtrée de spaghettis, j’achète des petits pois frais au marché, que j’arpente à pied en portant mes courses. Et comme c’est long à écosser, j’en profite pour faire autre chose en même temps : je m’asseois par terre et je fais des étirements, pendant que je regarde une série ou j’écoute un podcast. Si elles sont là, mes plus jeunes s’y mettent aussi avec plaisir (c’est tellement marrant d’écosser des petits pois quand on a 4 ans et c’est une activité de motricité fine qui n’a rien à envier à celles qu’elle fait à l’école !) et on passe un petit moment à discuter.

Si je peux caser une autre dose de verdure avec les petits pois, je n’hésite pas ! Cette fois, comme je me retrouvais avec les fanes d’une botte de radis suite à un pique-nique, je me suis dit que j’allais les utiliser aussi dans ma poêlée. Et quand j’ai trouvé au fond du frigo 4 petits radis fripés abandonnés à leur triste de sort depuis un peu trop longtemps pour être appétissants crus, j’ai décidé de les ajouter aussi à la poêlée.

Résultat, une poêlée de verdure fraiche et facile à faire (à défaut d’être rapide) qui m’a permis de nourrir nos corps de plein de façons différentes.

Ingrédients

  • 1 cc de saindoux (ou de graisse de canard ou de beurre clarifié)
  • 800g de petits pois à écosser
  • 2 petits oignons nouveaux, hachés
  • 3 radis (fripés ou pas), coupés en rondelles
  • les fanes d’une botte de radis, lavées, essorées et hachées grossièrement

Préparation

Écosser les petits pois, puis les faire cuire à la vapeur.

Faire fondre le saindoux dans une grande poêle. Ajouter les oignons hachés et faire revenir à feu doux pendant 10 minutes. Ajouter les petits pois cuits et les fanes de radis hachées et faire revenir le tout pendant 2 à 3 minutes.

Saler, poivrer, servir aussitôt.

Remarques

Quand je peux, j’aime profiter de la cuisson d’autres plats quand je fais cuire des légumes à la vapeur. Je place mon panier vapeur au dessus d’une casserole de bouillon ou de soupe pour profiter de la vapeur qui s’en dégage. Cela permet de réduire les couts d’énergie et cela donne également un bon petit goût aux légumes.

La dernière étape de ce plat étant rapide (10-15 minutes), c’est le genre de plat que je prépare en plusieurs étapes en fonction de mon emploi du temps et de mes disponibilités (et de mon énergie). J’écosse les petits pois un soir de semaine avec les filles, par exemple, puis je les cuis le lendemain soir (les petits pois, pas les filles, hein) alors que je prépare le repas, et j’assemble le plat complet le surlendemain. (On peut aussi faire tout d’un coup, bien sûr.)