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Comme je te le disais récemment, le problème principal de notre nouvelle maison, c’est son approvisionnement en eau. Elle n’est pas raccordée au réseau d’eau de ville et est alimentée par une source. Sauf que cette année, à cause de la sécheresse, la source ne coule pas.

Lors de notre emménagement, la cuve de stockage de l’eau située à la cave était quasi-pleine. Nous avions donc seulement 4500 litres d’eau en réserve et aucune visibilité sur la date à laquelle celle-ci allait se remplir. Peut-être en septembre, peut-être en octobre… peut-être jamais. En effet, qui nous dit que la source n’est pas tarie pour toujours ? Bref, on ne pouvait pas compter sur le fait qu’elle se remplisse rapidement.

Nous avons donc mis en place plusieurs stratégies.

Solution à long terme : trouver une nouvelle source

Tout le monde nous dit : « si vous trouvez une source par ce temps, c’est qu’elle est bonne ! » Il paraît qu’un temps de sécheresse, c’est le bon moment pour chercher une source. Forcément, si l’eau coule en ce moment, c’est qu’elle coulera tout le temps.

Nous avons donc fait venir un premier sourcier qui nous assuré qu’il y avait de l’eau à profusion sur notre terrain, et ce, à plusieurs endroits. De plus, ces sources seraient situées en amont de la maison, ce qui nous permettraient d’utiliser la gravité pour la faire descendre jusqu’à nous et d’éviter les problèmes liés à une pompe (consommation d’électricité, pannes, etc.). Bonne nouvelle !

Mais je t’avoue, voir un monsieur se balader dans l’herbe en tenant un pendule au bout d’une chaînette, puis s’exclamer tout à coup : « Oh là y en a ! Ouuuh, elle est bonne !! Ouh oui ! Elle est super bonne, ça fait carrément mal au bras ! » alors que le pendule frétille puis tourbillonne au bout de sa main (qui elle, bien sûr, remue aussi), c’est un peu trop ésotérique pour mon côté cartésien et/ou méfiant. Comment savoir que c’est le pendule qui fait bouger sa main et pas le contraire ?

Bref, j’ai accueilli ça comme une nouvelle, ni bonne ni mauvaise, et je suis partie faire ma lessive au lavomatic pour économiser de l’eau.

Sauf que quand l’entreprise de terrassement que nous avons trouvée est venue voir le terrain avec son propre sourcier et que ce dernier a trouvé de l’eau aux mêmes endroits et aux mêmes profondeurs, j’ai été obligée de commencer à y croire !

Il paraît que nous avons donc trois sources, dont deux à 10 mètres de profondeur, et une à 6 mètres. Nous avons pour mission de tomber tous les arbres dans un rayon de 10 mètres autour de cette dernière, pour que l’entrepreneur puisse revenir avec sa pelleteuse et creuser à la recherche de l’eau.

À suivre, donc. Peut-être que bientôt nous aurons assez d’eau pour creuser un étang sur la propriété… (On peut toujours rêver, non ?)

Solution à moyen terme : remplir les réserves d’eau

En attendant, il nous fallait pouvoir rajouter de l’eau dans la cuve de stockage de la maison, dont le niveau, au fil des jours, s’est mis à baisser dangereusement.

L’ancien propriétaire nous avait assuré qu’il avait mis en place un système de récupération de l’eau de pluie. Les tuyaux étaient effectivement tous là, mais au premier orage, force était de constater que cela ne fonctionnait pas.

Nous avons donc passé plusieurs jours à tester le système existant, puis à bidouiller quelque chose avec des tuyaux, une pompe et des cuves de récupération. Certes, il y a des tuyaux partout dans le jardin mais cela nous a permis de rajouter environ 1000 litres d’eau dans notre cuve de stockage depuis le début, et dès les premières grosses pluie, on devrait pouvoir remplir complètement la cuve. (Il faudrait juste qu’il pleuve…)

Cette eau est ensuite filtrée 3 fois et sort normalement en « qualité boisson ». Néanmoins, dans le doute (le système de filtre a lui aussi été mis en place par l’ancien proprio et j’ai un peu du mal à lui faire confiance), je ne l’utilise ni pour la boisson ni le brossage de dents ni le lavage des fruits et légumes qu’on mange crus. L’eau de cette cuve sert donc uniquement pour le nettoyage et les douches (et c’est déjà beaucoup !).

Pour nos besoins d’eau potable, je me rends à la fontaine d’eau potable du village voisin.

Entre mes jerricans en plastique très pratiques, mon grand coffre et le fait que la fontaine est située pile devant l’école de mes filles, cette corvée n’est pas si terrible que ça. Certes, c’est un peu lourd à transporter, mais ça permet aussi de démarrer des conversations avec les gens du coin (qui sont nombreux à partager le même sort que nous, d’ailleurs, surtout dans les fermes isolées).

Une fois arrivée à la maison, je filtre cette eau avec un système Berkey, pour m’assurer qu’elle n’a pas été contaminée pendant le transport, que ça soit par de la saleté ou par le plastique du jerrican (lors des premières utilisations, l’eau sentait très très fort le plastique à la sortie !).

Un jerrican de 10 litres suffit en général pour nos besoin en eau potable d’une journée, et j’en ai 4, donc il y en a toujours un qui est plein. On ne va pas mourir de soif demain.

Solution à court terme : économiser l’eau

Je n’ai jamais autant économiser l’eau !

Je t’avoue qu’avant, quand j’entendais que pour des raisons écologiques, il fallait économiser de l’eau, ça rentrait par une oreille avant de ressortir de l’autre pendant mes longues longues douches bien chaudes.

Je ne voyais pas trop le rapport entre l’environnement et ma douche. La Seine coulait pas loin, remplie d’eau. Il suffisait d’y puiser de l’eau et de la filtrer, non ?

Et puis, quand j’ouvrais le robinet, il y avait toujours de l’eau. Même en cas de sécheresse, il y a toujours eu de l’eau. Tout au plus, on me demandait d’arrêter d’arroser mon gazon (que je n’arrosais déjà pas, de toutes façons), mais mon eau de boisson, de douche, de tirage de chasse d’eau, de nettoyage des légumes à grande eau… cette eau-là n’a jamais été menacée. Difficile de se sentir vraiment concernée.

Là, c’est différent.

Là, je vois le niveau de la cuve baisser de jour en jour. Je porte l’eau de mes propres petites mains. Je suis péniblement consciente du poids qu’elle pèse, de sa rareté, de son caractère extrêmement précieux.

Dans ces conditions, économiser l’eau devient évident. Seconde nature, même. Il paraît qu’en France, un adulte consomme environ 160 litres d’eau par jour. Ici, nous consommons moins de 130 litres par jour… pour cinq humains, un chien et 4 poules.

Comment faisons-nous ? Je te raconterai ça la prochaine fois.