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La signature de l’acte de vente de notre nouvelle maison approche à grand pas (la banque nous a dit ouiiiiii !!) et la perspective de faire le plus gros virement que j’ai jamais fait de ma vie d’ici quelques jours me fait regarder d’un autre oeil nos finances, en ce moment. Et le léger stress (et par « léger », je veux dire « presque suffocant ») qui me monte à la gorge à l’idée de m’endetter pour la première fois sur une période aussi longue me donne une furieuse envie de faire des économies.

Économiser quelques centimes sur mon budget bouffe ne représentera certes pas grand chose face aux milliers d’euros de dette que je m’apprête à contracter, mais ça me donne au moins l’impression de reprendre le contrôle sur cet aspect de ma vie qui m’échappe un peu. Et ça, ça vaut de l’or !

Étant donné que j’achète exclusivement des produits frais, bios, de qualité et éthiques pour ma famille de 6 (dont 2 ados qui mangent comme 12), j’ai globalement un budget alimentation assez conséquent. Le fait que je cuisine tout moi-même et que j’achète le plus souvent possible direct au producteur permet de réduire un peu la facture, mais cela reste forcément un cran (ou 2, ou 10) plus cher que de se nourrir de conserves de raviolis achetées chez Lidl.

Comme c’est moi qui ai la main sur le budget alimentation (c’est mon « boulot » au sein de la famille de gérer la nourriture), je me suis dit que nos assiettes étaient un bon endroit pour démarrer l’effort de réduction budgétaire.

Le changement de saison est toujours propice à ce genre de changement d’habitudes alors depuis quelques semaines, je me suis mise en tête de :

  • réduire le nombre de fois où se retrouve à commander une pizza par flemme ou mauvaise organisation (ça nous arrive plus souvent que j’aimerais),
  • réduire la quantité de viande que l’on consomme (je n’ai pas pour objectif de devenir végétarienne, mais j’aimerais que la viande soit un accompagnement aux légumes plutôt que l’inverse),
  • réduire au maximum le gaspillage en utilisant tout (tout TOUT) ce qu’il y a dans mon frigo (les fanes, les restes, etc.),
  • consommer plus de produits issus de cueillette sauvage (qui sont bio, locaux ET gratuits).

En tête de peloton des légumes sauvages : l’ortie, une des rares plantes sauvages que je reconnais sans peine. En plus d’être (douloureusement) facile à reconnaître, elle est également facile à préparer, délicieuse, locale et gratuite. Que demande le peuple ? (Des gants pour la cueillir, peut-être ? Ah oui, ça doit être ça.)

Le goût est assez proche de celui de l’épinard, et elles peuvent s’utiliser de la même façon. Ici, j’en ai fait une quiche verte en l’associant avec des restes de fromage un peu rabougris trouvés au fond du frigo. Délicieux !

Ingrédients pour une quiche (4 à 6 personnes) :

Pour la pâte brisée :

  • 150 g de farine d’épeautre
  • 75 g de beurre froid
  • 1 petit verre d’eau

Pour l’appareil :

  • environ 300 g de feuilles d’orties
  • 4 oeufs fermiers
  • 150 g de yaourt de brebis crémeux
  • 100 g environ de fromages divers coupés en tous petits dés
  • 1 petit verre d’eau (en option, voir remarques)
  • sel, poivre

Préparation

Préchauffer le four à 185° C.

Rincer les feuilles d’orties et les placer dans le fond d’une grand casserole avec un peu d’eau. Faire fondre à feu moyen, laisser refroidir puis hacher très grossièrement au couteau.

Dans un cul de poule, malaxer du bout des doigts la farine et le beurre coupé en morceaux jusqu’à former une préparation ressemblant à du sable grossier. Ajouter un peu d’eau et mélanger jusqu’à former une pâte souple et non collante.

Fariner le plan de travail, étaler la pâte au rouleau et foncer un grand moule à tarte.

Dans un saladier, battre les oeufs avec le yaourt et l’eau. Saler et poivrer. Y ajouter les orties cuites hachées et le fromage en dés. Verser dans le moule à tarte et enfourner pendant environ 50 minutes.

La quiche est cuite quand l’appareil est gonflé et bien doré.

Remarques

Maintenant que la saison est déjà bien avancée et que les orties sont bien hautes dans le jardin, je cueille uniquement le petit bouquet de 4 ou 5 feuilles en haut (oui, avec des gants). Plus tôt dans la saison, on peut consommer toutes les feuilles car elles sont encore tendres.

(Attention à ne pas cueillir tes orties au bord d’une route ni à côté d’un pâturage d’ovins ou de bovins pour éviter les risques liés à la pollution automobile et aux parasites.)

J’ai utilisé un mélange de fromages de chèvre (principalement du Picodon) et de vache (du Bleu d’Auvergne) qui me restaient d’un plateau de fromage, mais si j’avais acheté du fromage spécialement pour cette quiche, j’aurais opté pour le bleu, qui s’associe parfaitement avec les orties.

La crème fraiche et le lait de vache ne sont pas faciles à trouver localement, et encore moins dans des contenants en verre. Du coup, je les remplace en général par du yaourt de brebis, qu’accessoirement je digère mieux vu que les gentilles bactéries du yaourt ont fait une bonne partie du travail à ma place.

J’ajoute de l’eau à mon appareil car ce yaourt est très (très !) crémeux et épais. A toi de voir si tu en as besoin en fonction de la consistance de ton yaourt. L’idée c’est que le mélange yaourt + eau ait la consistance d’un lait un peu épais et que l’appareil reste crémeux. N’hésite pas à augmenter un peu la quantité de yaourt si besoin.