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En janvier, j’ai eu une grosse prise de conscience concernant l’effondrement à venir, avec la grosse déprime qui va avec, on a fait plein de balades et de bonshommes de neige, installé un nouveau poêle… et bon, bin, du coup, pas grand chose d’autre…

Ci-dessous le texte intégral de la vidéo :

Hello, hello !

C’est parti pour une nouvelle vidéo « Quoi de neuf à la ferme en janvier » !

Ce mois-ci a été particulièrement froid, sombre et neigeux. On a pu vérifier plusieurs fois que notre 4/4 nous permet de sortir si besoin par tous les temps et en toute sécurité. Parce qu’ici la déneigeuse ne passe pas forcément tout de suite (voire pas du tout !) et qu’il ne s’agit pas de louper un virage ! 

Les paysages sont toujours aussi beaux mais cette fois-ci j’ai eu plus de mal à les apprécier du fond d’une déprime assez intense.

Il y a eu d’abord le manque de lumière, qui est habituel en cette saison mais qui était aggravé par le mauvais temps et par le fait que notre maison, avec ses gros murs en pierre de 80cm et ses petites fenêtres, est assez sombre.

Il y a eu ensuite une tendinite au poignet dont je n’arrive pas à me débarrasser, et qui m’a contrainte à une inactivité très frustrante, rapport à tous les projets que j’avais.

Enfin, il y a eu une grosse prise de conscience écologique. Comme je n’avais rien d’autre à faire, je me suis plongée dans les livres de Pablo Servigne, j’ai vu des conférences de Vincent Mignerot, j’ai écouté des interview de Philippe Bihouix, de Raphaël Stevens… Et j’ai pris une grosse claque. 

Bien sûr, jusqu’ici, j’étais consciente que la planète était dans un sale état, mais je pensais que si on faisait tous notre part, on allait pouvoir faire marche arrière et en quelque sorte, « sauver le monde ». C’était confortable et rassurant, il suffisait de manger bio, être zéro-déchet, pratiquer la permaculture, limiter ses déplacements, changer ses ampoules… et tout irait bien. Sauf que tout à coup, il m’a semblé évident que tout cela n’était qu’une illusion. D’une part parce qu’une partie des dégâts sont irréversibles et d’autre part, parce que l’être humain est ce qu’il est et qu’il a besoin de temps pour changer ses comportements (moi la première !). Trop de temps. 

Je la sentais venir depuis la canicule de cet été [juillet-août 2018], cette prise en conscience, mais c’est vraiment ce mois-ci qu’elle a aboutie. Comme souvent, apparemment, la prise de conscience de l’effondrement à venir a entraîné chez moi un effondrement personnel, m’obligeant à repenser tout ce que je tenais pour acquis jusque là, à lutter contre le pessimisme qui m’étreignait (parce que clairement, être convaincue que « tout est foutu » n’est pas une manière très joyeuse de vivre sa vie) et tout simplement à faire le deuil de mes illusions de bobo écolo.

Tout ça cumulé, on peut dire que janvier a été assez morose ! 

Alors j’ai cherché la joie dans les petites choses du quotidien, la beauté des paysages, les rires de mes enfants. Entre deux averses de neige, on est sortis se balader, faire du vélo, pique-niquer, construire des bonhommes de neige. J’ai cultivé le bonheur comme on cultive son potager : avec méthode et application, essais et erreurs.

En passant, les contraintes quotidiennes liées à la ferme m’ont été particulièrement utiles. Certes, ce n’était pas confortable d’être obligée de sortir à l’aube dans 20 cm de neige pour aller nourrir et abreuver les poules. Pourtant c’est bien ce genre d’obligation qui m’a aidé à rester ancrée dans le présent et ne pas me noyer dans l’anxiété. Et chaque jour, à pouvoir me rappeler quelle chance inouïe j’ai de pouvoir voir le soleil se lever ici. 

Bref, entre la déprime, la tendinite et la neige, les projets extérieurs n’ont pas avancé d’un poil. Enfin, juste un : celui que Sébastien a installé dans la cuisine. L’ancienne cuisinière à bois/charbon qui était vendue avec la maison était particulièrement inefficace : le foyer était tout petit et il fallait remettre de petits bouts de bois tous les quarts d’heure, ou alors chauffer avec du charbon, ce qu’on avait fini par faire l’hiver dernier. On a donc acheté un petit poêle sur Le Bon Coin, élargi un peu le boisseau de la cheminée et tadaaam, maintenant on chauffe la cuisine à 19 degrés en un rien de temps !

Voilà les news pour ce mois-ci. Je te dis à bientôt et je reviens bientôt avec une nouvelle vidéo ! Ciao !