Comme je te disais, j’ai décidé d’accueillir des chèvres un peu plus tôt que prévu et je n’étais pas vraiment prête.

Il allait nous falloir un peu de temps pour tout préparer. Mon voisin a accepté de nous réserver les animaux en les gardant chez lui encore quelques semaines, et nous nous sommes mis au travail.

Un abri

Dans tous les « manuels », je lisais que les chèvres ont besoin d’un abri pour se protéger du vent, de la pluie et du froid. Cet abri pouvait être ouvert sur un côté, sans porte, mais il leur fallait forcément un toit pour dormir et se protéger des éléments (contrairement aux moutons et aux vaches qui ne craignent ni le froid ni la pluie du moment qu’elles ne sont pas en plein vent).

Le problème c’est que je voulais utiliser la technique du pâturage tournant pour Tash et Cabriole. J’avais prévu de leur créer des parcs temporaires à l’aide de clôtures électriques mobiles, et de les déplacer régulièrement sur notre terrain.

Mais comment concilier les deux ? Il me fallait soit construire plusieurs abris en dur (non merci), soit construire un abri mobile. J’ai réfléchi un moment à comment créer un abri mobile, mais je ne voyais pas comment faire pour que ce soit en même temps assez léger pour pouvoir le transporter manuellement, et assez lourd pour ne pas s’envoler au premier coup de vent.

Finalement, on a décidé de construire un abri en dur derrière la maison et d’y rentrer les chèvres pour la nuit tous les soirs dans un premier temps.

Quatre piquets en châtaignier plantés dans le sol, une structure et un bardage en planches de pin, un toit en tôle et roule ma poule. Euh, ma chèvre !

Comme tu le vois, on ne s’est même pas embêtés à faire du terrassement. On s’est contentés de rattraper la pente avec le bardage.

Au passage, j’ai eu l’occasion de monter en compétence sur scie circulaire et appris à faire des coupes vraiment droites. Ça m’a d’ailleurs donné envie de construire plein d’autres choses !

Et le produit fini :

On n’était pas peu fiers ! J’y ai aussi construit une porte assez solide pour pouvoir contenir les chèvres la nuit, puis ajouté une belle épaisseur de paille au fond.

Les clôtures

Côté clôture, c’était plus rapide. Je me suis rendue dans mon magasin Natura Pro local et j’ai acheté :

J’avais la trouille de me prendre des coups de jus en installant tout ça, mais finalement c’était bien moins compliqué que ce que je craignais :

  • un petit piquet en bois enfoncé dans le sol pour soutenir l’électrificateur,
  • un grand piquet en métal enfoncé dans le sol pour relier l’électrificateur à la terre,
  • et une cagette en plastique retournée dessus pour le protéger de la pluie. (J’ai prévu de construire un petit toit en bois un peu plus joli plus tard, mais en attendant, ça fait le job !)

Ensuite je n’ai eu qu’à construire un parc avec un filet, et tendre du fil conducteur jusqu’au parc pour l’électrifier. (Construire un parc avec un filet mobile au milieu des bois, avec les brindilles et les ronces qui se prennent dedans, c’est toute une histoire. Je t’en reparlerai !)

Les accessoires

Enfin, j’ai ajouté quelques accessoires indispensables mais qui ne m’ont rien coûté du tout : une cagette en plastique solide que je remplis avec du foin et un seau en plastique calé dans un vieux pneu que je remplis d’eau.

Pour le foin, j’ai acheté une grosse botte ronde et l’ai stockée dans mon garage (où elle prend facile un tiers de toute la place et fait un bazar de fou, accessoirement). Je « pèle » la botte au fur et à mesure et vu qu’il n’y a pas grand grand chose à manger en ce moment dans le sous-bois, je donne un peu de foin aux chèvres matin et soir.

Pour l’eau, je me contente de leur en amener à l’aide d’un autre seau que je remplis au robinet de ma buanderie. C’est rudimentaire (disons « low tech », ça fait mieux), mais c’est fonctionnel et comme les pâturages sont en contrebas de la maison, ce n’est pas non plus trop fatiguant de descendre un seau d’eau chaque jour. Ça évite aussi de gérer la mise hors gel d’un tuyau, car la température descend parfois sous zéro la nuit et le matin les tuyaux sont gelés s’ils n’ont pas été vidangés correctement.

Bref, en quelques jours, nous étions prêts pour l’arrivée de nos deux chèvres !